‹ M. Serigna; ou, La fleur des apothicaires, parade en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles. Par les auteurs de Cri-cri et M.T.***Chapitre 15 sur 15 · ANODIN · texte numérisé non relu

ANODIN

Deux neveux I eh! messieurs!...

Air : Il faut quitter ce que j'adore. Les voir tous deux dans mu famille, Seroit un plaisir ravissant ; Mais hëlas ! je n'ai qu'une fille Le choix est fort embarassant.

Gélestine.

Eh! quel embarras est le votre \ Pour ne point faire un malheureuT, Je les épouse l'u» et l'autre.

St.-FirmiN, jetant sa casaque.

Et vous les voyez tous les deux.

Seringa.

Le peintre !

Anodin.

C'est Saint-Firmin.

S T. - F I R M I N ^ montrant Brossart. Et voici celui dont j'avois pris la place.

Et comment te trouves-tu là ?

Vous saurez tous.

( =8 î Requiem, à Brossart:

Quoi ! vous u'ctes pas medecia ?

Brossart.

En voilà un, c'est bi..u assez. .... v

Seringa. ,.

Ali i M Auodiu , comme ou vous a joue.

Anodin.

C'est vrai , l'on m'a joue , et je devrois...

Mais ce u'est pas vous iju'on a joue , c'est Serluga.

Anodin.

Mais, oui , dans le fait -, je ne m'en dédirai pas. S T. - F I R M 1 N.

Bravo !

Seringa, An çà , du moins, je veu\ savoir qu'est-ce qui m'adonne..*

St. -FiRMiN, Brossart., Requiem.

C'est moi.

Anodin.

Il n'y a pins que moi qui reste ton ^débiteur \ je m'ac» «quitterai quaad tu voudras.

Seringa.

Laissez-moi; j'ai de l'humeur. |

Brossart.

Eh ! bien , mon ami , ou te purgera,

Air : Tenez moi ^je suis un bon homme (d'Ida).

Prends ma fille , ie te la cède, Et si tu perds un jour son cœur.

Je puis te donner un remède , L'esprit fait aussi le bonheur.

D'esprit je te "nrde une dose, Esprii de soiiftre, esprit de vin.

Esprit d'oseille , esprit de rose , J'ai de l'esprit en magasin.

Brossart.

Votre état ne sauroit me plaire »

Et je vous donne if i ma foi , Que jamais un apothicaire ÎNe fera fortune avec moi ; Je n'use fjuèrc de rhuharhe.

Mais si vous vendiez de bon vin.

Aujourd'hui mt'ini- , à voire bacb«/ J'vpuiticrpii) \ti macrasia.

St. - F 1 R M I n;

Datnis a fait plus d'un ouvrage , Sans a\ oir une idée à lui ; Chaque jour, il met en usage Et l'esprit et les vers d'autrui ; Piron lui prête un hémisticlic , A Favart il prend ses refrains ; Damis est l'auteur le plus riche f 11 a partout des m;t£:;asins.

Requiem.

A Paris souvent on rencontre La laideur près de la beauté, La richesse altière se montre Auprès de l'humble pauvreté; Les Lays auprès des novices, L'honnête homme avec l'aigrefin ^ Enfin des vertus et des vices, Paris est le srand magasin.

CAlestine*

Que de papier , d'enrrc et de plumes On lise à f;iirc des romans, TJn jour m produit vingt volumes, Qu'ils sont affreux ! qu'ils sont charuians '. On frémit à toutes les pages, Tout le monde meurt à la fin; Ah! ce smt d'excellents ouvrages, Pour rester dans le magasin.

Seringa, CM Public,

Ne pouvant pas , dans ma boutique ,

Au public vendre la santé ,

Pour vous attirer , je m'applique

A vous vendre de la gaité ;

Dagnez , messieurs , me mettre en vogue ,

Sonj^ez qu'il faudroit dès demain ,

Si l'on ne voulois plus de drogue ,

(Fer nier plu» d'un grand magasin.

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