ANODIN
Deux neveux I eh! messieurs!...
Air : Il faut quitter ce que j'adore. Les voir tous deux dans mu famille, Seroit un plaisir ravissant ; Mais hëlas ! je n'ai qu'une fille Le choix est fort embarassant.
Gélestine.
Eh! quel embarras est le votre \ Pour ne point faire un malheureuT, Je les épouse l'u» et l'autre.
St.-FirmiN, jetant sa casaque.
Et vous les voyez tous les deux.
Seringa.
Le peintre !
Anodin.
C'est Saint-Firmin.
S T. - F I R M I N ^ montrant Brossart. Et voici celui dont j'avois pris la place.
Et comment te trouves-tu là ?
Vous saurez tous.
( =8 î Requiem, à Brossart:
Quoi ! vous u'ctes pas medecia ?
Brossart.
En voilà un, c'est bi..u assez. .... v
Seringa. ,.
Ali i M Auodiu , comme ou vous a joue.
Anodin.
C'est vrai , l'on m'a joue , et je devrois...
Mais ce u'est pas vous iju'on a joue , c'est Serluga.
Anodin.
Mais, oui , dans le fait -, je ne m'en dédirai pas. S T. - F I R M 1 N.
Bravo !
Seringa, An çà , du moins, je veu\ savoir qu'est-ce qui m'adonne..*
St. -FiRMiN, Brossart., Requiem.
C'est moi.
Anodin.
Il n'y a pins que moi qui reste ton ^débiteur \ je m'ac» «quitterai quaad tu voudras.
Seringa.
Laissez-moi; j'ai de l'humeur. |
Brossart.
Eh ! bien , mon ami , ou te purgera,
Air : Tenez moi ^je suis un bon homme (d'Ida).
Prends ma fille , ie te la cède, Et si tu perds un jour son cœur.
Je puis te donner un remède , L'esprit fait aussi le bonheur.
D'esprit je te "nrde une dose, Esprii de soiiftre, esprit de vin.
Esprit d'oseille , esprit de rose , J'ai de l'esprit en magasin.
Brossart.
Votre état ne sauroit me plaire »
Et je vous donne if i ma foi , Que jamais un apothicaire ÎNe fera fortune avec moi ; Je n'use fjuèrc de rhuharhe.
Mais si vous vendiez de bon vin.
Aujourd'hui mt'ini- , à voire bacb«/ J'vpuiticrpii) \ti macrasia.
St. - F 1 R M I n;
Datnis a fait plus d'un ouvrage , Sans a\ oir une idée à lui ; Chaque jour, il met en usage Et l'esprit et les vers d'autrui ; Piron lui prête un hémisticlic , A Favart il prend ses refrains ; Damis est l'auteur le plus riche f 11 a partout des m;t£:;asins.
Requiem.
A Paris souvent on rencontre La laideur près de la beauté, La richesse altière se montre Auprès de l'humble pauvreté; Les Lays auprès des novices, L'honnête homme avec l'aigrefin ^ Enfin des vertus et des vices, Paris est le srand magasin.
CAlestine*
Que de papier , d'enrrc et de plumes On lise à f;iirc des romans, TJn jour m produit vingt volumes, Qu'ils sont affreux ! qu'ils sont charuians '. On frémit à toutes les pages, Tout le monde meurt à la fin; Ah! ce smt d'excellents ouvrages, Pour rester dans le magasin.
Seringa, CM Public,
Ne pouvant pas , dans ma boutique ,
Au public vendre la santé ,
Pour vous attirer , je m'applique
A vous vendre de la gaité ;
Dagnez , messieurs , me mettre en vogue ,
Sonj^ez qu'il faudroit dès demain ,
Si l'on ne voulois plus de drogue ,
(Fer nier plu» d'un grand magasin.