‹ M. Serigna; ou, La fleur des apothicaires, parade en un acte et en prose, mêlée de vaudevilles. Par les auteurs de Cri-cri et M.T.***Chapitre 2 sur 15 · SCÈNE PREMIER E · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIER E

SERINGA seul. ( En perruque et en tablier ; il est assis à la porte j occupé à piler des drogues j3^M-3e^^wrtier coui>ert d'un parchemin "). / v

Allons , mon ami Seriuga^ courage, débite des drogues et ta fortune est faite. / -

A I R : J'ons un curé patriote^ Oui , ta fortune est certaine, -h Si tu sais bien calculer. 'j ' '

I Avec des simples , sans peina k CD

L'h'nnine adroit peut se doullerT^ Dans peu , ton heureux mor Coûtera cher au quartier, % ^^^

Pileencor, (bis) \\^*C^ Pile, pile , c'est de l'or ; v\ ^

Oui pile , pile , c'est de l'or.

D'honneur , ton pouvoir égale Celui du plus puissant Roi ; La pierre philosophale N'est plus un secret pour toi.

Un brin d'herbe sous ta main En or se chnnge soudain.

Pile encore , ( bis ) Pile , pile , fais de l'or ; Oui , pile , pile , fais de l'or.

Quand je songe à la facilité que les Apothicaires ont de s'enrichir, je suis surpris.... mais vraiment surpris , que • tout le monde ue se fasse pas Apothicaire. Pourtant, ce n'est pas la seule envie de m'enrichir , qui m'a poussé dans la pharmacie du père Anodin. Belle Célestine, c'est mon amour pour vous qui m'a fait jeter à corps perdu dans les alambics et les serpentins.

Air; Bouton de rose.

L'amour fait faire Mille sottises , chaque jour : Rien ne dtplait , quand on veut plaire, £t je nie suis fait , par amour ,

Apothicaire.

Comme la passion développe un jenne homme î On m'a toujours dit(jue je n'ctois (|u'une bêle , et Monsieur Anodin trouve que j'ai le laleut rcfjuis daus mon état. 11 est vrai ({ue ce métier-là donne moins de peines (;ue de profits. Air: Décacheter sur ma porte.

Piler , brnyer sur ma porte , Les herbes que l'on m'npporte,

Mclcr ch.Kjue liqueur , D'aprùs l'f rdoiinanre d un dorteur , A déjeuner çà rapporte. ( Ter ).

CliP7. un voisin , si je porte ,

Phiolc. pillule , ou n'importe ,

Faire , en f^arron discret , P.iyer le reuiède ei le secret, A diner çà me rapporte. ( Ter ),

Chez un autre , si je porte ,

IVIannc en l;irnie , niannc en sorte ; De casse ou de sén<5 ,

Quand un troisit'nie a bien déjeuné ,

A goûter , çà me rapporte. (.Ter).

Et comme on ne soupe plus à Paris , je suis au courant. Si Mlle. Cclestiue descendoit , je lui manifesterois moa amour^ à présent que je suis seul. Mais, non, son père la fait rester toute la journée dans sa chambre , et je ne pourrai lui parler qu'à la croisée.

SERINGA , ANODIN , ( £« robe de chambre et bonnet de nuit ).

A N O D IN, en entrant.

Ah ! çà, voyons où en est la décoration de ma nouvelle boutique.... Bien ! bien!

Seringa.

Elle vous coûtera bon , papa , la décoration.

Anodin.

Je sème pour recueillir, mon cher Seringa.

Seringa.

Il est vrai que déjà les praticjucs viennent en foule , et j'ai joué en vous attendant , le rôle de médecin et d'apothicaire tout-à-la-fois.

Anodin.

Tu auras fait quelque sottise.

Seringa.

Oli ! que netmi. Il est venu un auteur qui s'est plaint de la chaleur de son imaijinaiion. Je lui ai donné des quatre semences froides.

A ïï o D I Tr.

Il Va nous faire des draines.

Seringa.

Qu'est-ce que ça me fait, je ne vais plus à la comédie. Et puis , il est venu un jeune amoureux que les rigueurs de sa maîtresse rendent malade , et que l'avarice d'un vieil oncle , oblige de prendre tout à crédit Je lui ai conseille de la racine de patience.

Anodin.

Qu'il n'a pas payée.

Non, parce que je m'en doutois , et je lui ai dit d'en aller chercher ailleurs.

Bien , très-bien.

Seringa.

Et puis il est venu ce jeuue militaire qui souffre encore de sa blessure , demander sa potion.

Anodin.

Tû ne lui auras pas donné ce qu'il falloit.

Air : Troiwerez-vous un Parlement !

De vaincre , toujours empressé , Qu'un Français hazarde sa vie , Un coup l'atteint... Il est blessé ; Son sang rougit l'herbe flétrie.

Pour sauver ce vaillant guerrier , Il n'est qu'une recette sûre :

Au soldat français , le laurier Suffit pour fermer sa blessure.

Seringa.

A la bonne heure.

Anodin. (// met ses lunettes , regarde^ et fait voir

à Seringa ).

Mais vois donc , mon ami , comme c'est frais , comme c'est bien imité 1 L'alambic , les bocaux, les jarres, le serpent autour du palmier.

Seringa.

Je vois bien le serpent , je vois bien l'arbre; mais pourquoi n'a-t-il pas mis Adam et Eve au pied , et des pommes dessus?

Anodin.

Des pommes sur un palmier.

Seringa, Ecoutez donc , je sais l'histoire.

11 s'agit bien d'Iiistoir.- ; tDut ce que tu vols-là est îe sv--«:« bole dca trois rctrties de la iiniure.

Seringa,

Les trois règnes de la ::;•.! uro l

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