SCENE PREMIERE
PARFAIT, JAVOTTE, a table.
PARFAIT
A ta santé, raa femme !
JAVOTTE
A votre santé, monsieur Parfait I
, PARFAIT
Elle a Tair de bonne humeur aujourd’hui, raa femme !
JAVOTTE
Comme mon mari est aimable ce matin !
- PARFAIT, à part.
Si je profitais de l'occasion pour lui parler de (.andry ?
Voüà le vrai moment de parler de l'aflaire de Suzanne.
PARFAIT
Ma femme I
JAVOTTE
Mon mari !
PARFAIT
J’ai quelque chose à te dire... mais tu ne vas pas te fâcher ?
M’SIEÜ LANDRY
JAVOTTE
J’ai une confidence à vous faire, mais vous n’allez pas vous mettre eu colère ?
PARFAIT
Voyons celte confidence...
JAVOTTE
De quoi s’agit-il ?
PARFATT.
Parle d’abord.
JAVOTTE
Non, parlez, vous.
PARFAIT
Je ne commencerai pas.
JAVOTTE
Ni moi.
PARFAIT
Eh bien donc, il s’agit de Landry.
JAVOTTE
De notre voisin Landry? C’est justement de lui que je voulais vous parler.
PARFAIT
Et que voulais-tu me dire de Landry ?
JAVOTTE
Oh! presque rien : je voulais que vous me contiez... tout en mangeant votre soupe , ce que vous pensez de lui.
PARFAIT
C’est facile... Je pense que Landry est un nigaud qui se croit plus beau que le soleil, un fainéant qui ne travaille pas un jour par semaine, un mauvais sujet qui fait la cour à toutes les femmes, en un mot, un garnement que j’aimerais mieux savoir à quatre lieues d’ici que derrière ma haie, et sur le dos de qui je casserai ma fourche un de ces jours.