SCÈNE I
JA'VOTTE.
Oui-da! voilà ce que vous pensez de Landry?... Eh bien ! moi, monsieur mon mari, sans vous déplaire, je pense que Landry est un joli garçon , pas- si sot qu'on voudrait le faire croire.
PARFAIT
Et c’est à moi que tu oses dire cela ?
JAVOTTE
Pourquoi pas ? vous trouvez que oui, je trouve que non; ce n’est pas une raison pour laisser refroidir votre soupe. ’
PARFAIT
Écoute, Javotle... je suis calme, je ne rqe mets pas en colère, mais je te prie, quand tu rencontreras Landry dans les champs, de faire un détour pour l'éviter. S’il te . demande jamais pour danser, tu auras soin d’avoir mal aux pieds... et même, quand il te parlera, tu feras bien de ne pas lui répondre... sinon...
JAVOTTE
Eh bien ! j’en suis fâchée ; mais quand je rencontrerai Landry dans les champs, je n’irai pas faire une lieue pour l’éviter ; quand il m’invitera à danser, je ne ferai pas la boiteuse pour que tout le pays se moque de moi, et s’il me parle, je suis trop honnête pour ne pas lui répondre.
Javotte, Landry est toujours à tournailler autour de vous : il vous fait la cour et vous le laissez faire... Prenez garde ! j’y vois clair.
JAVOTTE
Je ne sais pas si vous y voyez clair, mais je sais bien, monsieur Parfait, que vous êtes le plus méchant des hommes, que j’ai eu grand tort de vous épouser et que je suis la femme la plus malheureuse de la terre.
M’SIRU LANDRY
Bao.
JAVOTTE
Après six mois de mariage,
Faut-il, hélas! dans son ménage En être là !
Quel triste sort est mon partage , C'est tous les jours comme çela.
PARFAIT
Après six mois de mariage,
Peut-on déjà, dans son ménage.
En être là!
Je maudis mop sort et j’enrage, C’est tous les jours comme cela.
JAVOTTE
C’est votre faute et non la mienne.
PARFAIT
C’est toi !
JAVOTTE
C’est vous !
PARFAIT
Toi!
JAVOTTE
Vous !
PARFAIT
- JAVOTTE
Oui!
Non!
PARFAIT
Madame est tout à la maison.
JAVOTTE. '
. Monsieur gronde quoi qu’il advienne.