CHOEUR DES DAMES
Qu'il est aimable !
C'est adorable...
Un trait semblable
Sera cité ; Et sa présenco
Nous rend d'avance, Et l'espérance Et la santé.
ROSELYN , à Mad, de Cernay.
Combien j'admire Ce doux sourire,
(à Mad. Vermont.)
Que votre empire , A de douceur !
{à Mad. Raymond.)
Vermeille rose , A peine éclose , A , je suppose ,
Moins de fraîcheur.
TOUTES LES DAMES
Qu'il est aimable , etc , etc.
KOSELYIV.
Honjonr, bonjour... j'ai cru que je n'arriverais jamais... je ne [)e!!X pas suffire.... et j30ur échapper à deux ou trois belles clientes, j'ai été obligé Je partir incognito... ainsi ne me trahissez pas.
Mad. RAYMOND.
Incognito... un médecin incognito... c'est délicieux.
ROSELYIV.
Oui... ça a quelque chose de mystérieux... on se croirait en bonne fortune... si on n'y était pas toujours, mesdames, quand on vient pour vous voir. {^àj\lad. K ermont) Mais je vous fais compliment... vous avez ici une situation charmante... d'abord c'est très-sain^ c'est beaucoup... quelle différence avec votre hôtel de la rue de Provence, où Tair est clknrgé d'azote.
Mad. DE CERKAY.
Qu^il est savant!
ROSELYJV.
Moi! du tout,., au contraire.
Air de la Senlinelle.
Il le fallait jadis, mais maintenant Nous avons fait bien des métamorphoses... Il faut, sous peine ici d'être pédant, Cacher toujours le savoir sous les roses.
Sur les livres pourquoi pâlir ?
Le seul instinct et me guide, et m'éclaire.
Et sans chercher à l'acquérir ,
Moi j'ai trouvé l'art de guérir,
Comme vous trouvez l'art de plaire.
M. VERMOWT^ sortant du cabinet une lettre a la main.
Ce qiîï me rassure du moins, c'est qu'ici à la campagne, nous serons à l'abri du docteur.
ROSELYN.
Pardon... je n'avais pas vu le maître de la maison, cet excellent M. Vermont.
M. VERMONT, étOWlé.
Parbleu! celui-là est trop fort!.. pas de congé, même le dimanche \ (il s'assied auprès de la table) votre serviteur, monsieur.
ROSELYW.
Votre irritation d'estomac n'a pas eu de suites.
M. VERMONT
Non^ monsieur.
ROSELYN.
Ces banquiers sont intraitables.
M. VERMOjJT.
Qu'est-ce que c'est^ monsieur?
ROSELYÎf.
Je dis qu'on ne peut pas vous traiter.... que vous avez une santé de fer. ( // tourne le dos à M, V^ermont, et va causer bas avec Mad. Rajjnond. )
Mad. VERMOJVT^ allant à son mari.
Faites-lui donc politesse.
M. VERMOWT.
Apprenez que je ne flatte personne... je suis indépendant... je suis chez moi... ^îl se levé) et vous allez voir... ROSELYN , à Mad. Raymond.
Je vous remercie... elle va beaucoup mietix.
Mad. DE CERNÂT.
Qui donc ?
ROSELYN.
Une de mes clientes... la femme du grand banquier... celui qui est chargé de l'emprunt.
M. VERMONT^ vwemcnt
De l'emprunt... il y en aura donc un ?.. pourrait-on j entrer?., à quelle époque?., à quelles conditions?... savezvous tout cela?
ROSELYN.
Certainement.... est-ce qu'on a rien de caché pour son médecin?
M, VERMONT
Comme ça se rencontre !.. moi qui voulais en prendre... docteur^ une partie de billard.
ROSELYN.
Je vous remercie... après dé jeûner.
Mad. VERMONT.
Comment, est-ce que vous n'avez pas déjeûné?
ROSELYN.
Non vraiment... est-ce que j'ai le temps?
Mad. DE CERNAY.
Il serait possible!., mais voilà qui est affreux î
Mad. RAYMOND.
C/est horrible à imaginer.
Mad. VERMONT.
Ce pauvre docteur !
LOLOXTE.
Il n'a pas déjeûné.
Mad. VERMOIfT.
Amanda... Dcibois,.. Lafleur.... {a M, Ver mont) maïs voyez donc, monsieur, appelez vos gens.
M. VERM02VT.
Eh! parbleu... j'y vais moi-même,., nous avons là celle hure de sanglier...
ROSELTN.
Y pensez- vous !.. il y aurait de quoi me donner une gastrique...je sucerai une aile de poulet... une cuisse de faisan... ce qu'il y aura ; mais ici dans le salon^ pour ne pas quitter ces dames.
M. VERMOWT.
Je vais vous envoyer ce quil faut... et puis je vous attendrai au billard.
(// sort par le fond,)