‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 11 sur 233 · DIDIER, FÉLICITÉ · texte numérisé non relu

DIDIER, FÉLICITÉ

FÉLICITÉ

Gomment, mon frère, ce que Madeline vient de m'apprendre serait-il vrai ?

DIDIER

Eh Oîii, sans doute... Je crois qu'enfin nous tenons un établissement.

! FÉLICITÉ

Vous voyez donc bien ce que je vous disais... Rien n'était plus facile; et si vous aviez voulu vous en occuper... il y a long-temps que ce serait fait.

DIDIER

Est-elle aimable! voilà pourtant comme elle me remercie... Enfin, ma sœur, c'est un coup du ciel ; je p'espérais pas pour toi un aussi beau mariage... dix mille livres d/e rente, et un homrne qui est encore fort bien.

FÉLICITÉ

Il me semble que, de son côté, il n'a point fait... non plus une mauvaise affaire^ et qu'il pouvait plus mal choisir.

Air : De Voltaire chez Ninon.

Voyez cet embonpoint flatteur 1 Voyez quelle tournure aisée !

DiDiEB , à part. Quel beau rouge ! quelle fraîcheur !

Dieu ! comme elle est bien déguisée \ Tâchons avec même bonheur, Pour rendre la chose plus sûre, Qu^elle fasse pour son huoieur, Ge qu'elle a fait pour sa figure.

{Haut.) Vois-tu, ma sœur ^ à cause de Tardif... il faudrait peut-être aujourd'hui... t' observer un peu.

FÉLICITÉ

Est-ce que vous ne me trouvez pas bien ?

DIDIER

Si fait... mais il y a des futurs exigeans, qui tiennent aa caractère... Voilà pourquoi je t'avertis de prendre garde.,, ^uand on se marie... il faut cela.

FÉLICITÉ

Vous voulez me faire entendre par là que mon humeur ne lui convient pas.

DIDIER

Je n'ai pas dit cela... mais tâclie de l'en f are un qui lui convienne; car il est impossible de voir un esprit plus k rebours,

FÉLICITÉ^ {^wement.

Mais c'est qri'j] est inipo:siLle d êlre plus conlraiiaiil ; et il faut toujours que ce soit moi qui cède.

DiDiEPi^ s ècliauffanl.

Témoin , ce matin , où nous nous sommes disputés tout le temps de la route, au point que Cocoîîe en a pris le lîiOis aux dents.

FÉLICITÉ

J'avais peut-être tort... oser soutenir que j'ai quaranteneuf ans.

DIDIER

Parbleu ! je le soutiens, parce que tu les as.

FÉLICITÉ

Je ne les ai pas.

DIDIER

Tu les as.

FÉLICITÉ

Je ne les ai pas...

DIDIER

Et moi ^ je le le prouverai bien.

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