SCENE XVII
VîLLEF/LANCHR seul.
{Il s assied sur le fauteuil (jui est auprès de la psyché.)
Il y aurait on moyen... un moyen victorieux^ qui s'est d'abord présen(é à mon idée... ce serait de dire à Mad. de Marcilly que j'étais là... que j'ai tout entendu... certainement, la crainte du ridicule la ferait consentir au mariage de Saint-Félix ; ( il se lèi^e ) mais cela ruinerait le mien, et ça ne serait pas juste... car enfin ^ ce jeune homme a plus que moi le temps d'attendre... restent donc les conseils de la sagesse et de Famitié... on ne les écoutera pas... il y a là un autre confident en qui l'on a plus de confiance qu'en moi... car je ne parlerais qu'à la raison, et lui s'adresse à l'amour-propre... eh ! mais... si les avis que je n'ose donner venaient de hn? peut-être seraient-ils mieux accueillis... ma foi qu'est-ce que je risque ? ( il se met à la table et écrit) Essayons toujours... un peu d'audace et du courage... je veux^- par exemple , déguiser mon écriture; car il faut prendre des précautions^ surtout pour donner des avis utiles.
Air : Restez , restez , troupe jolie.
Oui , la raison est une amie
Que l'on doit craindre d'employer;
Car je sais que dans cette vie ,
Toute espèce de conseiller,
Glace , nïiroir, ou gens en plact
Dont l'avis est solicité ,
Tombent , parfois , dans la disgrâce ,
Quand ils disent la vérité,
(5e lestant et prenant la Ze«r<?. ) C'est cela... c'est bien... encore un mot... {il se rassied et écrit) un peu de flatterie , afin qu'elle me lise jusqu'à la fin. Maintenant mettons cette lettre à la psyché... j'ai dit à Saint-Félix de venir dans une demi-heure... est-ce assez?... oh! oui... IViad. de Marcilly ne rest('ra pas une demi-heure sans regarder à la glace... la voici.