‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 150 sur 233 · SCÈNE lïe · texte numérisé non relu

SCÈNE lïe

Les Mêmes , DUCOUDRAL DU COUDRAI, en bottes et la cra^^ache à la main. Air : Vivent les amours,

A travers les cliamps et les bois.

De ramitié n'écoutant que la voix, J'arrive en chevalier courtois Et n'ai , je crois, Embourbé qu'une fois.

Le trajet devient des plus beaux ; On n'en a plus qu'au ventre des chevaux ,

Depuis que nos municipaux B'ont réparer les chemins vicinaux.

A travers les champs et le& bois, etc.

DUMESKIL.

En effet , le voila en courrier.

DUCOUDRAl .

Je suis comme cela , moi, toujours en poste , quand il s'agit d^obligcr mes amisj et j'apporte de bonnes nouvelles., des nouvelles de mariage.

Mad. DUMESIVIL.

Nous allions vous en parler.

DUCOODRAI,

C'est ca , vous parlez. . . et moi j'agis. . . Tu sais, nion vieil ami ^ que nous ne nous sommes jamais quittés; et que déjà , dès le collège de Moatereau, nous faisions des châ-

teaiix en Espagne, pour nous et pour les 'nôtres... Nous étions millionnaires^ sénateurs, généraux d'armées^ et nous épousions des ducliesses. . . Il est arrivé de tout cela que tu as épousé une bonne bourgeoise , que je suis resté garçon et, quanta la fortune^ que nous avons tous les deux une bonne place dans l'enregistrement , et que nous n'en sommes pas pins malheureux. . . N est-il pas vrai ?

DUMESNIL

Non morbleu.

DUCOUDPiAl.

Moi surtout , qui , comme garçon , dîne toujours en ville; qui vais à mon bureau dans la semaine ; h la chasse le dimanche , et qsii mène , quoique citadin , la vie d'un gentilhomme campagnard,. . G^est là mon bonheur^ et je n'en veux pas d'autre. . . Mais ces idées d'ambition , que je n'ai plus pour moi^ je les ai conservées pour tes enfims pour Camille surtout , que je regarde comme ma fille car je n'ai point oublié que je suis son second père ^ son parrain. . . et comme , grâce à mes habitudes im peu dépensières , il m'élait plus facile de lui donner un mari que de lui donner une dot , depuis un an je me suis mis en campagne , et d'aujourd^hui seulement j'ai réussi.

Mad. DUMESNIL.

Que dites-vous ?

DUCOUDRAI.

Que vous n'avez pas perdu pour attendre. . . Un parti superbe. . . Parce que moi, quand je me mêle de quelque chose. . . j'y ai mis un zèle, une adresse^ en un mot, c'est le fils de notre inspecteur-général.

DUJ^ESNIL.

Ah ! mon dieu ! monsieur de Géron ville ! . .

DUCOUDRAI.

Il te demande ta fille en mariage. . . et voici la lettre que j'apporte. . . Tenez , tenez , mes amis. . . Eh bien ! qu'est-ce que vous avez donc?. . moi, qui croyais que vous alliez me sauter au cou , et qui craignais d'avance les effets de la suifocation.

DUMESNIL

Mon cher ami , mon bon Ducoudrai î . . nous sommes

bien sensibles à ton amitié. . . Mais nous avons un aulro parti en vue.

DUCOUDRAl.

Un autre parti ! . . Est-ce qu'il peut valoir le mien ? . ; Le fils de M. de Géronville, notre inspecteur.

Air du V^audeville du Charlatanisme.

Le chef de l'enregistrement !

Te voilà dans ses bonnes grâces...

DUMESNIL

Oh ! je n'en demande pas tant.

DUCOUDKAI.

Eh quoi ! tu ne veux pas de places ?

DUMESNÏI-.

Point de faveurs... mais seulement De la justice...

DUCOUDRA-T.

Quel caprice !

Songe donc que précisément

En fait de places., c'est souvent - ^

Une faveur que la justice.

Mad. DUMESNIL.

Mais notre gendre n'en a pas besoin... Trente mille livres de rente et un beau château.

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