‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 152 sur 233 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Mad. DUMESNIL , CAMILLE.

CAMILLE, a{^ec un petit panier sous le hras.

Air de la TV aise de Léocadie.

L'amour, Un jour, Te prendra, Nieette; L'amour,

Un jour, Te jouera d'un tour.

Jusqu'ici, coquette, 1 ïu te ris de nous ;

Bientôt, ta déftiit^ ; Nous vengera tous.

L'amour, ■

Un jour, etc. ; J'rirai bien, j'espère.

S'il a ce pouvoir !

Tu pleureras , ma chère ; C'est c'que j'voudrais voir.

Vraiment,

Comment Craindre sa colère ?

Vraiment ,

Comment R'douter un enfant ?

M ad. DOMESNIL.

Eh I mais d'oti viens-tti donc ?

CAMILLE

De la ferme , où j'ai déniché des œufs , et j 'en ai plein ce panier , où ils sont loni chauds,., comme c'est genlil... tiens, maman, {Elle le pose sur la table.)

Mad. DUMESNiL^ Cl pari.

A merveille^ cela servira pour mon déjeuner.. (/zaM^) Mais courir ainsi dès le matin... an soleil , pour se gâter le leinî.

CAMILLE

Oh! je n'y tiens pas... c'est si amusant de courir dans la campagne^ par une belle matinée du printemps... j'ai respiré le bon air ; j'ai cueilli des bleuets... et j'étais heureuse... je ne sais pas pourquoi... mais enfin , je me trouvais heureuse.

De sorte que tu ne désires rien.

CAMILLE

Rien, que de rester auprès de toi, aiiprès de jmon père, et de ne jamais vous quitter... je viens d'avoir un si grand

bonheur. Imagine-toi, maman, qu'en arrivant à la ferme, j'ai demandé une jatte de crêmc et un grand morceau de pain bis.

Mad. DUMESJVIL.

Comment î est-ce que tu aurais déjeuné ?

CAMILLE

Juste... c'est si bon du pain bis et de la crème. Mad. DUMESNiL , à part.

Ail ! mon dieu ! et ce jeune homme qui va arriver. . . quelle mine fera-t-elle à table ^ {haut.) je vous demande de quoi vous allez vous aviser ?

CAMILLE

Tu as i)eur que ca ne me fasse mal; mais sois tranquille, je vais faire d'ici au dîner une promenade à âne... déjà j'ai donné mes ordres.

Mad. DUMESNIL, à part.

Il ne manquait plus que cela... s'en aller au moment où son futur.. ( haut ) Non, mademoiselle, vous resterez; je le veux... Mais comme te voilà faite !... Pourquoi n'as-lu pas mis une robe qui aille mieux que celle -la ?

CAMILLE

A quoi bon?... c'est celle de tous les jours... et vous m'avez dit qull ne fallait pas être coquette.

Mad. DUMESNlL.

Tu as raison... c'est-à-dire, cependant... il y a des occasions... Dis donc, Camille^ on a porté dans ta chambre une robe rose que tu devrais bien essayer^ pour que je voie comment elle te va.

Air du uaudeuille des Amazones.

En même temps, si j'étais à ta place, Moi, je mettrais tes souliers de satin ; Ils vont si bien... ils donnent de la grâce.

CAMILLE, étonnée.

On attend donc du monde, ce matin ? (Lis.)

Mad. DUMESNIL.

Non pas vraiment... mais vous devez m'entendre ; En général -, je vous fais observer Qu'à dix-sept ans on doit toujours attendre: On ne sait pas ce qui peut arriver.

CAMILLE

Qii^est-ce qa^il va donc m'arriver ?... Je ne sais pas ce que maman a ce maîin.

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