‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 154 sur 233 · CAMILLE, BAPTISTE · texte numérisé non relu

CAMILLE, BAPTISTE

CAMILLE

Ou^est-ce qu'ils ont donc tous ?.,. ces préparatifs , ce déjeuner, cet air de joie et de mystère.

BAPTISTE

Comment, oîademoiselle , vous ne devinez pas?

CAMILLE

Eh ! non, sans doxite ; et si tu le sais, dis-le moi vite.

BAPTISTE

On m'a bien défendu d'en parler ; mais comme ça vous regarde, et qu'on ne peut rien sans vous... faudra toujours que vous le sachiez... ( à demi-voix) On va^vous marier.

Moi ! ail! mon dieu ! qu'est-ce que tu me dis-là?.. Je n'y avais jamais pensé... Et pourquoi me marier^ et à quoi bon ?

BAPTISTE

Comment ? ça ne vous fait pas plaisir !

CAMILLE

An contraire, ça me fait peur... et me voilà toute tremblante... pourquoi m^en as-tu parlé? pourquoi m'as-tu dit cela?

BAPTISTE

Parce que le prétendu va arriver..., un beau jeune homme... qui est bien aimable ; car on dit qu'il est joliment riche., et il f sut vous préparer d'avance ^ pour tâcher de lui plaire tout naturellement.

CAMILLE

Ah ! mon dieu ) voila qui est encore pire ; et je devine mninlenant les recammnnd^ations de ma m^re... la toilette qu'elle m^a préparée... la harpe qu'on aaGCordéece matin,,, on va me faire chanter devant lui.

Aiîi du vaude{fille de Oui et Non -

Dieu ! quelle gêne, quel ennui !

C'est mon parrain qui le protège ; Un ami... c'est bien mal à lui.

A ce jeune homme que cîirai -je ?

Sans îe voir je le hais déjà.

BAPTISTE

C'est par trop tôt... Un joiu , peut-être,

De soi-même cela viendra ;

Mais faut au moins Ttemps d'se connaître.

CAMILLE

Qiielle contenance aurai -je en présence de cet étranger

BAPTISTE

Comme disait madame votre mère; il ùml d'abord vous tenir droite, et pnis lui faire de petits airs, des mines en dessons, comme font toutes les demoiselles qui veulent devenir des madames.

C A. MILLE

Jamais... ça m'est im|)Ossible... j'aime mieux retourricr à la ferme.

BAPTISTE

Ne vous en avisez pas^ mademoiselle... ca romprait le mariage... et ça ne ferait pas notre comptera moi, surtout, qui ai depuis si long-temps un fameux projet.

CAMILLE

Et quoi donc ?

BAPTISTE

Vous savez , mademoiselle^ que je suis la sagesse et la sobriété en personne, et que je ne vais jamais au cabaret^ pas même le dimancke.

CAMILLE

Oui., après... jé sais qu'on ne peut que te louer.

BAPTISTE

Eli bieni au contraire, les autres se moquent dé moi... et parce que je ne vais pas boire avec eïix, ils m'appellerît callard... ce qui est désagréable., aussi pour rétablir ma ré' pulaîion, j^ai là une idée...

Air du vciudeville de l Écu de six francs .

Je puis ihe fftti^T (jii'elle est boiinfe; Le jour où l'on vous mariera, C'est décidé... faut que j'men donne...

Oh ! otii, mamzelF, j'vous dois bien ça; Potir vos bontés j'vous dois bien ça.

Depuis longtemps... v'ià que j'm'appréte, Et c'est en fidèl' gêrviteûr...

L'jour où vous perdrez votre cœur, Que moi, je veux perdre la tête.

L'jour où vous perdrez votre çœur.

Oui, moi, je veux perdre la téte.

(On sonne en deliors.) OKÎ mon Dieu! on sonne à la grille... un jeune homme à cheval... c'est lui... c'est le prétendu.

CAMILLE

C'est fait de moi.

{On sonne dans Vintérieu7\)

BAPTISTE

Voila monsieur qui sonne. (On entend en dehors: Baptiste î Baptiste ! ) Voilà madame qui m'appelle.

{On sonne encore.)

CAMILLE

Et moi je m'enfuis.

{Elle, sort.)

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