CAMILLE, ALPHONSE
Alphonse, a part.
Allons, ils s'en voni^ et ils nous laissent ensemble. .... était arrangé d'avance... jusqu^à présent, c'est ce qu'ils ont f it de mieux... car au moins ^ je pourrai juger par îïioi-mêmeo
CAMILLE, à part.
Aîi! mon Dieu! que j'ai peur... qu^est-ce qu'il va me dire? je donnerais tout au monde pour que ce fût fini^ et qu'il s'en allât.
ALPHONSE j de même.
Comment entamer Tentretien?.. c'est fort embarrassante
CAMILLE, de même.
Il fera comme il voudra... mais ce n'est pas moi qui commencerai la conversation.
ALPHONSE, timidement à Camille , et après un moment de silence.
Il paraît, mademoiselle... que... que vous déjeunez de bonne heure.
CAMILLE , de même.
Oui, monsieur.
Alphonse;
Je m'en félicite... puisque cela me procure l'occasion..*
CAMILLE
Vous êtes bien honnête.
Alphonse.
L'occasion de causer un instant avec une personne qu'on dit aussi aimable que spirituelle.
CAMILLE , h part.
Il ne me manquait plus que cela... si on lui a donné de ces idées-là... je ne dirai pas un mot.
ALPHONSE , a part.
Elle se tait... il me semble cependant que mon compliment méritait une réponse... essayons encore... (liant) diaprés '";e que j'ai pu voir, mademoiselle, vous aimez beaucoup la peinture.
CAMILLE
Non, monsieur.
ALPHONSE
Du moins, la musique.
CAMILLE
Non^ monsieur... {à part) est-ce qu'il voudrait me faire chanter?
Alphonse:
On assure cependant que vous y excellez^
CAMILLE
Non, monsieur... an contraire.
ALPHONSE, à part.
Ellè est pljis franche que sa fti mille... {hauL) jo vois qiié les soins intérieurs du ménage occupent vos insîans y et vous vons plaisez beaucoup dans celte maison?
CAIVIILLE.
Oui , monsieur...
A m des Maris ont tort.
Je n'ai qu'un seul désir ; j'espère Y rester avec mon parrain, Mes frères, mon père et ma mère.
ALPHONSE, h part.
Pour un prétendu, c'e^t divin...
Et grâce à l'agrément précoce Que promet cet aveu civil. Je vois qu'elle irait à la noce Comme l'on part pour un exil.
CAMILLE, à la fin de ce couplet^ cherche h s'en aller ; mais au moment oit elle s' aperçoit qa Alphonse la regarde y elle lai dit :
Pardon, monsieur... mais il me semble qu'on sort de table.
ALPHONSE
Un mot encore, car je ne vous ai rien dit du motif qui m'amenait en ces iienx.
CAMILLE, à part.
Mil mon Dieu!., est-ce qu'il va me parler d"amour?... et maman qui n'est pas là!
ALPHONSE
Il est des projets qu^on aurait du peut-être vons laisser ignorer; du moins, c était mon désir... mais d'après ce que je viens d'entendre... je vois que vous les connaissez^ et qu'ils n'ont pas votre aveu.
CAMILLE^ qui Va écouté à peine.
Moi, monsieur...
ALPHONSE
Du moins, j'ai crit le comprendre... je me reprocKerais
toute ma vie^ d'avoir pu vous causer un seul instant de chagrin... oui, mademoiselle... {a part) car il faut bien la rassurer... {haut y et cherchant à lui prendre la main) croyez que désormais mes intentions...
Eh Lien! monsieur, qu'est-ce que ça signifie? je vous prie de laisser ma main.
ALPHONSE
Quoi! vous pourriez supposer?...
CAMILLE
Du lout^ monsieur... je ne suppose rien; mais je vous prie de crorreque je ne suis point habituée k ces manières-là.
A^PHOUSE^ à part.
Allons, décidément^ c'est une petite sotte... je vais trouver monsieur la parrain et lui dire ce que j'en pense
fiez-vous donc aux réputations de province; et épousez des emoiselles sur parole.
(// salue Camille et entre dans la salle à gauche,)