‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 159 sur 233 · CAMILLE, ALPHONSE · texte numérisé non relu

CAMILLE, ALPHONSE

Alphonse, a part.

Allons, ils s'en voni^ et ils nous laissent ensemble. .... était arrangé d'avance... jusqu^à présent, c'est ce qu'ils ont f it de mieux... car au moins ^ je pourrai juger par îïioi-mêmeo

CAMILLE, à part.

Aîi! mon Dieu! que j'ai peur... qu^est-ce qu'il va me dire? je donnerais tout au monde pour que ce fût fini^ et qu'il s'en allât.

ALPHONSE j de même.

Comment entamer Tentretien?.. c'est fort embarrassante

CAMILLE, de même.

Il fera comme il voudra... mais ce n'est pas moi qui commencerai la conversation.

ALPHONSE, timidement à Camille , et après un moment de silence.

Il paraît, mademoiselle... que... que vous déjeunez de bonne heure.

CAMILLE , de même.

Oui, monsieur.

Alphonse;

Je m'en félicite... puisque cela me procure l'occasion..*

CAMILLE

Vous êtes bien honnête.

Alphonse.

L'occasion de causer un instant avec une personne qu'on dit aussi aimable que spirituelle.

CAMILLE , h part.

Il ne me manquait plus que cela... si on lui a donné de ces idées-là... je ne dirai pas un mot.

ALPHONSE , a part.

Elle se tait... il me semble cependant que mon compliment méritait une réponse... essayons encore... (liant) diaprés '";e que j'ai pu voir, mademoiselle, vous aimez beaucoup la peinture.

CAMILLE

Non, monsieur.

ALPHONSE

Du moins, la musique.

CAMILLE

Non^ monsieur... {à part) est-ce qu'il voudrait me faire chanter?

Alphonse:

On assure cependant que vous y excellez^

CAMILLE

Non, monsieur... an contraire.

ALPHONSE, à part.

Ellè est pljis franche que sa fti mille... {hauL) jo vois qiié les soins intérieurs du ménage occupent vos insîans y et vous vons plaisez beaucoup dans celte maison?

CAIVIILLE.

Oui , monsieur...

A m des Maris ont tort.

Je n'ai qu'un seul désir ; j'espère Y rester avec mon parrain, Mes frères, mon père et ma mère.

ALPHONSE, h part.

Pour un prétendu, c'e^t divin...

Et grâce à l'agrément précoce Que promet cet aveu civil. Je vois qu'elle irait à la noce Comme l'on part pour un exil.

CAMILLE, à la fin de ce couplet^ cherche h s'en aller ; mais au moment oit elle s' aperçoit qa Alphonse la regarde y elle lai dit :

Pardon, monsieur... mais il me semble qu'on sort de table.

ALPHONSE

Un mot encore, car je ne vous ai rien dit du motif qui m'amenait en ces iienx.

CAMILLE, à part.

Mil mon Dieu!., est-ce qu'il va me parler d"amour?... et maman qui n'est pas là!

ALPHONSE

Il est des projets qu^on aurait du peut-être vons laisser ignorer; du moins, c était mon désir... mais d'après ce que je viens d'entendre... je vois que vous les connaissez^ et qu'ils n'ont pas votre aveu.

CAMILLE^ qui Va écouté à peine.

Moi, monsieur...

ALPHONSE

Du moins, j'ai crit le comprendre... je me reprocKerais

toute ma vie^ d'avoir pu vous causer un seul instant de chagrin... oui, mademoiselle... {a part) car il faut bien la rassurer... {haut y et cherchant à lui prendre la main) croyez que désormais mes intentions...

Eh Lien! monsieur, qu'est-ce que ça signifie? je vous prie de laisser ma main.

ALPHONSE

Quoi! vous pourriez supposer?...

CAMILLE

Du lout^ monsieur... je ne suppose rien; mais je vous prie de crorreque je ne suis point habituée k ces manières-là.

A^PHOUSE^ à part.

Allons, décidément^ c'est une petite sotte... je vais trouver monsieur la parrain et lui dire ce que j'en pense

fiez-vous donc aux réputations de province; et épousez des emoiselles sur parole.

(// salue Camille et entre dans la salle à gauche,)

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