‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 189 sur 233 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

Air : Fragment du Valet de Chambre.

EMMA

Est-ce bien lui? mon cœur palpite D'espoir , de tendresse et d'effroi.

ALFRED

ÎD'amour, hélas ! son cœur s'agite, Et c'est pour un autre que moi...

Allons , soyons maître de moi...

EMMA , à part.

C'est mon époux... Oui c'est lui-même j '

Sa voix a fait battre mon cœur.

Je suis près de celui que j'aime , Je sens s'éloigner ma frayeur.

ALFRED, h pan.

Àh ! près d'elle , quel trouble extrême ! Est-ce d'amour ou de fureur ?

Oui , je sens encor que je l'aime

Mais je dois venger mon honneur,

EMMA, a part.

Î3ii courage... Est-ce vous , mon ami?

ALFRED , a part.

Mon ami... et c'est au cousin qu'elle parle! Contenons^ ïîous. ( a demi - voix ) Oui , oui ^ c'est moi... j'étais impatient de vous revoir.

Est-il bien vrai? je n'ose plus vous croire... après votre conduite, après votre abandon.

ALFRED ^ à part.

Est-ce que le cousin serait déjà infidèle... Il paraît que je vais en apprendre de belles.

EMMA

Enfin, monsieur... puisque vous revenez, vous vous re^ pentez donc?

ALFRED

Si je me repens?... Ali î oui, je me repens...(à part) .Je ne sais pas de quoi... mais c'est égal !

EMMA

A la îiorino he^^è... innis moi je ne vOms pardonnet ni pas si facilement... Je suis fin iense contre vous... {soupirant) et vous savez si j'en ai sujet.

ALFRED , à part.

Ail! mon Dieu... quel soupir... maudit cousin... n'îm* porto... il faut me convaincre.., dussë-je me rendre bien malheureux.

Air de BLanchardé

Combien ce courroux me chagrine \ Auprès de moi daigner rester

Et m'écouter.

Daignez encor belle cousine , M*accorder ici mon pardon.

EMMA , à part.

Que dit-il donc ?

Ah ! que cette main si belle Presse la mienne aujourd'hui !

( A part et furieux. )

Elle obéit!.. Tnifidelle!....

Quel plaisir j'aurais près d'elle / Si je n'étais pas son mari ! ( 3 fois. )

XNSEMBLE. ) EMM\ , à part.

I Fort heureusement il est mon mari ! Même air, mouvement plus s^if,

ALFRED

Puisqu'il est vrai que je t'adoi e.. .

EMMA , s' éloignant.

Quel transports, vous me faites peur !

ALFKED,

Point de frayeur !

Qu'un baiser soit le gage encore

De ton amour, de mon bonheur.

' EMMA, riant.

Dieux, quelle ardeur!

ALFRED

Pouvez-vous être cruelle, Si de vous je suis chéri ?...

{Emma lui abandonne sa main qu'il baise avec colère.^

Elle cède..., l'infidelle!....

Quel plaisir j'aurais près d'elle , / Si je n'étais pas son tnaf i ! ( 3 fois )

KirSEMBLE. \ EMMA, à part.

I Fort heureusement il est mon mari. ALFRED.

Grâce au ciel, je vois que vous n'avez jamais aimé que moi... et que votre mari a eu tort de se persuader..

EMMA

Oh ! oui... il a eu grand tort... il a été bien trompé.

AhFBEJi , à part.

Il n'y a plus moyen d'en douter , quand votre femme elle-même vous le dit.

EMMA

S'il avait eu plus de confiance en moi ^ je lui aurais tout dit, oui tout > jusqu'à mes sentimens pour vous, avec autant de franchise que je vous les écrivais... tout^^i l'heure dans cette lettre. ^ '

AI.FT, FED f vwement.

Une lettre 1 ahl donnez-la moi...

EMMA

Non , uon^ maintenaiff... c'est inutile...

ALFRED , la saisissant.

Si fait... je veux avoir la preuve..,, [changeant de voix) que vous êtes la plus coupable des femmes.

DUPRÉ, en dehors.

Monsieur^ monsieur^ ouvrez, au nom des moeurs.

ALFRED^ courant ouyrir la porte.

Justement, voici des témoins.

L 'Appartement garni. 3

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