‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 25 sur 233 · FRÉDÉRIC , PIRCH · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC , PIRCH

FRÉDÉRIC , les regardant s'en aller.

Ces enfans m'inîéres.'^enl : il faudra que j'éclaircisfe riiisioire de ce procès. ( à son page) Eh bien î mon pauvre Pircli, tu parais tout découragé.

PlRCH.

Ah ! sh^e! quelle journée I votre armée dlspei-sée ; les Russes vainqjicurs ! et...

FRÉDÉRIC

Oui , il nous souviendra de Kunesdorff.

Air : du Dieu des bonnes gens.

Mon cher ami, cette défaite , Ici, pour moi, n'a rien de surprenant;

La fortune est femme et coquette:

Et Frédéric n'est pas du tout galant.

PIECH.

SoltikoCfpent en montrant quelque audace, \ Etre dans huit jours à Berlin.

rRÊOËRlC.

Ah ! mon ami, si j'étais à sa place,

Moi, j'y serais demain. (6/*.)

Eu tous cas, si j'étais dépouillé de mes états ^ je me flatte du moins qu'il n'y a pas de souverain q-si r>e vorliU me prendre pour son général.

PIRCH

Eli quoi ! sire, vous pouvez conservêr encore votre ^àité; îs avant-postes de Tennemi couvrent déjà l'autre rive de Oder; ce n'est que par un prodige que vous avez pu agner ce village sans être reconnu.

FfiÉDÉRlC.

Dis par ton courage et ta présence d'esprit, mon cher 4rch! franchement pour un soldat nouvellement sorti des )ages^ j'ai été fort content de toi.

PIRCH , modestement.

Air : Comme il m'aimait.

Je vous suivais, {bis')

Chacun t'a vu dans la bataille, Partout où grondaient les mousquets.

PIRCH

Je vous suivais, (ôt*)

FRÉDÉRIC

Frappant et d'estoc et de taille^ On te trouvait sous la mitraillc.^

piECH , vivement. * Je vous suivais, (fer)

FRÉDÉpac, lui frappant mr V épaule.

Sois tranquille, au surplus.... nous prendrons bientôt me revanche éclatante...^ Le général Fink a mes ordres, out est prévu.... et ce petit échec va donner aux Russes me confiance qui leur sera fatale!.., Mais je suis excédé de fatigue. Pircli ( montrant la grange) , je vais me reposer me heure lu prendras ma place après...

PIRCH

Eh ! quoi , sire^ dans celte misérahle grange ?

FRÉDÉRIC

J'y serai parfaitement î à la vérité , je crois que je n'aiTrai pas beaucoup de monde à mon petit coucher; mais c'est juste, quand cela va mal, les courtisans ne se montrent guèi e. {montrant T intérieur de la grange). Dispose là tout ce qu'il faut pour écrire. ( Pirch tire de sa poche

la

un porlefeuille avec une écritoire^ et entre dans la grange. )

FKÉDÉRIC^ seul.

Freemaim ! ancien hussard î ce procès m'occupe malgré moi; il faudra que je sache la vérité, et s'il était victime d'une injustice... Corbleuî je ne le souffrirais pas!.... Air nouveau de M. Blanchard.

Quand de ses jours il fit le sacrifice Pour le maintien de mon trône et des lois , Il dut au moins compter sur ma justice. Et c'est à moi de défendre ses droits. Fier des succès de sa patrie, Un soldat généreux oublie Le prix qu'il devait obtenir. . . [bis.) Mais son roi doit s'en souvenir.

Un courtisan vient vanter ses services, Et par l'intrigue arrache des bienfaits ; Mais le soldat couvert de cicatrices, Souffre en silence et ne se plaint jamais.

Ah î quand son courage fidèle

Se tait et jamais ne rappèle

Son sang , versé pour me servir... {bis.)

C'est à moi de m'en souvenir.

( Pirch reparaît. ) Pircli^ pendant que je vais reposer , parcours ce village , informe - toi de la situation des Russes ^ et sache si ma garde s'est ralliée sur Goritz... Ah î prends aussi quelques renseignemens sur ce Freemann, dont le procès occupe tant les esprits.

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