‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 24 sur 233 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les Mêmes, FRÉDÉRIC^ suivi de PIRCH.

{Frédéric a son liahit hh u ordinaire, sans décorations} ses boites sont couvertes de poussière; Pirdi est aussi en uniforme très-simple et en désordre. )

FRÉDÉRIC , bas à Pirch, Ils sont seuls maintenant^ nous pouvons les interroger. piRCH , bas.

Je voiis en conjure^ sire, de la prudence ; j^ai cru voij? un parti de cosaques de Fautre côté de TOder.

FP.ÉEÉRic y haut.

Eli bien) mes petits amis, est-ce q;He vous avez peur de îious?

ANNA, intimidée.

Dam' î monsieur, quand on ne connaît pas les personnes.

PÉTERS, passant des^ant elle.

Du tout, on n'a pas peur; mais on est bien aise de savoir qui Fou reçoit chez soi, surtout quand on se permet d'entrer par des portes dérobées.

FRÉDÉRIC, riant.

Ah ! ah ! des portes dérobées... aune grange, vous êtes bien défiant, mon petit bonhomme.

PÉTERS, offensé.

Mon petit bonhomme, eh bien! il eàt joliment familier!

Air : Quand on s'y prend bien poliment.

Mais voyez donc, voyez donc comme

C*monsieur prend un air important.

Ah ! ça, pour m'app'ler p'tit bonhomme.

Vous n'êtes déjà pas si grand.

Petit bonhomme est un mot qui me blesge. Petit bonhomme est une impolitesse,

Et je vous le dis hautement,

Si l'on pouvait d'\ iner souvent

A qui certain discours s'adresse^ On parlerait plus poliment,

FRÉDÉRIC, piRCHj ensemble.

Oui, s'il savait à qui cela s'adresse, Il parleiait plus poliment, (i^/s.)

Diies-moi, c'est bien ici le village de Rutwen?

ANNA

Oni^ monsieur.

FRÉDÉRIC

\oos n'y avez vu, drpuis ce matiu, a'.ciin corps de rat^mée prussienne?

PÉTEPlS.

Pas un uniforme !

FRÉDÉRIC, bas à Pirch.

C'est inconcevable. (Jiaut) Ecoute, Péter s.

PÉTERS

Il siât mon nom.

FRÉDÉRIC

Dès que ton oncle Freemann sera de retour , tu me renverras.

PÉTERS

Mon oncle Freemann ?

AJVNA,

Vous le connaissez.

FRÉDÉRIC

Du tout.

Vous le demandez.

FRÉDÉRIC

Justement, pour faire connaissance. N'est-ce pas un ancien hussard ?

ANNA

Oui, monsieur.

FRÉDÉRIC

Honnête ?

PÉTERS

Comme le Roi.

FRÉDÉRIC

Brave?

PÉTERS

Comme un régiment.

FRÉDÉRIC

Qui vient de perdre un procès?

PÉTERS

Quoi, VOUS savez aussi?

FRÉDÉRIC, montrant la grange.

Parbleu, j étais là ^ tandis que ta prononçais ton jugement... et que tu cassais celui do Lailli.

Comment^ monsieur {has à Anna)VB.v exemple^ estil indiscret d'écouter comme ça aux portes?

FRÉDÉRIC

Occupons-nous du plus pressé^ je prends ton auberge .

PÉTERS

Qu'est ce que c'esl? vous prenez mon auberge?

FRÉDÉRIC, relevant la tête.

Tu ne la refuseras pas, j'espère, à deux officiers de Frédéric?

ANNA

De Frédéric !

PÉTERS, ^i^ement.

Bien au contraire, tout ce que je possède... tout ce que j'ai... Dieu ! des officiers du Roi!

FRÉDÉRIC

C'est bien , fais-nous préparer un logement et à diner.

ANNA

Air : Un homme pour faire un tableau.

Nous n'avons qu'du lard et du pain.

FRÉDÉBIC.

Je m'en contenterai, ma chère.

PÉTERS

Dans notre caye y n'y a plus d' vin.

FRÉDÉRIC

Eh 1 bien , je boirai de l'eau claire.

ANNA

J'n'avons qu'un logement tout petit.

FRÉDÉRIC

J« le prendrai, vaille que vaille.

PéTE&S.

Et pas un mat'las dans un Ut.

FRÉDÉRIC

Je dors comine un roi sur la paiiU.

PÉTERS

Oh! alors î vous serez servi dans la minute ( à Anna ) Viens vite^ ma petite Anna.

piRCH ^ bas à Péter s.

Surtout le plus grand silence sur notre arrivée. ( Ih sortent ).

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