‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 3 sur 233 · DI^ER · texte numérisé non relu

DI^ER

Impossible autrement.... Un endroit «aussi fréquenté.... à six lieues de Paris... grande roule de Lyon... vingt-deux diligences par jonr... je les vois de mon étude , où je suis toujours h la fenêtre... Moi, j'aime k savoir tout ce qui se passe.

Air : Lise aime le beau Gernance.

Je vais sur la grande route ; Là j'interroge , j'écoute...

J'ai des nouvelles ^raft5.

J'en ai de tous les pays : On n'en est point économe , Et l'on ment... ça m'est égal ; Et je rentre chez moi , comme Si j'avais lu mon journal.

Ce malin donc, je dis à Félicité, ma sœur^ qui arrivé de Paris... Mademoiselle Didier , si nous allions faire une surprise à M. Tardif^ mon ancien ami , que tu n'as pas vu depuis dix ans, et qui jadis était un de les adorateurs ?

FÉLICITÉ

C'est-a-dire , mon frère...

DIDIER

Aliltu ne peuxpaslcnier...ilte faisait autrefois la cour... Mais c'est tout naturel , quand on a été élevé ensemble... il faut ça... « Eb bicn^ me dit- elle, nous verrons. » C'est tout vu... moi, je suis expédiiif... un quart d'heure après, j'avais fait nos paquets, brossé la cariole^ signé deux contrats de mariage , et attelé Cocotte,^., six lieues à faire.... en deux heures, nous étions à Melun... c'est moi qui conduisais^ et je mène mon cbevùl comme les affaires.... en poste.... il faut ça.

MADELINE

Ebbien^ mon parrain va être joliment content... il est sorti ; mais je vais le cberclier.

DlDIEIl.

Du tout-, ne le préviens pas... puisque nous voulons le «ur[)rendre.

FÉLICITÉ

Oiii^ ma chère.., cl puis il ïious faut le temps de préparer nos bouquets et nos couplets.

DIDIER

Oui... les bouquets, les couplets... c'est une idée de ma sœur... elle donne dans le sentiment et dans les vers... Moi, je ne fais que de la prose; mais je la fais bonne. ..^ A propos^ connais-tu ici ^ à Melun , madame Pincé... une veuve ?

MADÉLINE.

Non, monsieur.

DIDIER

J'ai a lui remettre des papiers de la succession de son mari.

MADELIN K.

Je tâcherai de vous découvrir son adresse... Mais vous ne pouvez pas arriver plus à propos... car M. Tardif, mon parrain, a , dans ce moment , des affaires où il ne se reconnaît plus.... D'abord, il faut qu'il déménage.... et vous savez qu'il n'est pas vif... et puis une autre nouvelle... je vais me marier.

FÉLICITÉ

Vous^ Madeline !... ( has a Didier \ Vous le voyez ^ monsieur... il n'y a que moi qui ne me marie point. DIDIER, has.

Taisez -vous donc... {Jiaut^ Quoi ! vraiment^ Madeline , lu vas l'établir ?

MADELINE

Oui, monsieur... Je n'y tiens pas ; mais c'est mon parrain qui l'a voulu... J'étais une pauvre orpheline... il m'a recueillie , il m'a élevée... il me donne une dot de mille écus... car lorsqu'il faut faire du bien ^ il n'est jamais en retard ; et c'est la seule chose pour laquelle il se dépêche.

FÉLICITÉ

Et qu'est-ce que vous épousez , ma chère 2

J iilien Berrand , un employé dx3 l'octroie

Je le connais... un jeiinelllondin.

MADELINE

Vous êtes bien bon! ..ici ils disent qu'ilestroux;etmêp:ie, je crois^ qin l a un œil qni ne ressemble pas h l'autre.

DIDIER

Je comprends... il y a du louche.

FÉLICITÉ

Et vous prenez un pareil mari ?

MADELINE

Ecoutez donc, mademoiselle... qu'est-ce que vous vouiez qu'on ait pour mille écus?... surtout maintenant que tout est si cher.

Air : Un homme pour faire un tableau,

Jl dit qu'il m'adore, et promet P'etr' l'exempl' des maris fidèles .

FÉLICIT15.

Chacun le dit I puis en secret En jure autant à d'autres belles.

MADELIWE.

Moi je crois à sa bonne foi ; A qui s'fîerait-on , je Pdemande ?

Si les employés de roctroi Faisaient aussi la contrebande.

Tais-toi donc... qu'est-ce que j'entends là?

^iR : Fragment d^une nuit au château.

Oui, Ton vient, c'^st lui peut-être.

Ma sœur , sauvons- nous soudain; Car nous ne devons paraître Que le bouquet à la main.

( Montrant l'apparUmcnt à gauche. ) Ici, nous allons l'attendre.

MADELINE

Il faudra me prévenir ,

Quand vous voudrez le surprendre

Pour que j'aille Taverlir.

knsembm;.

Maison vient , c'est îûî •peut-être !

[ nous )

Il faut j ^Q^g j sauver soudain ;

4 nous ne devons ) ^ Car ) , paraître

j vous ne devez )

Que le bouquet à la main.

( Didier et Félicité entrent par la chambre a droite. )

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