SCÈNE XV
Les Mêmes , LE CZAR. LE CZAR, entrant paiement.
Eh bien ! êtes-vous prêts , vous autres ?.. on va partir. . .
MARIA
Ah! monsieur Pierre , vous venez à propos.
LE MARQUIS, à part.
Pierre !.. ah ! ah ! ceci est différent !
LE CZAR
Qu'y a-t-il donc ?
MARIA
Flimann qui yeut se prendre de dispute avec ce jeune Français.
LE CZAR, regardaM le marquis.
Un Français l /
FLIMANN.
Je n'entends pas qu'il t'approche , moi. . .
LE MARQUIS , à part.
Ce regard vif. . • cette physionomie . . .
MARIA, à Flimann.
Tu es insupportable ! . .
FLIMANN.
Tant mieux , mamzelle.
LE MARQUIS, à part.
Voyons si je ne me trompe pas. [haut. ) Allons, mes bons amis , je ne veux pas être une cause de discorde entre vous... D'ailleurs je ne suis pas si coupable . . je rencontre une personne charmante. . . je lui offre mon hommage, c'est tout naturel. . . elle me fuit, je m'élance sur ses traces, c'est dans Tordre; je l'atteins, c'est la règle f je lui baise la main ...
Le bourgmestre, ' 4
MARIA
Ce n'est pas vrai, monsieur, j'ai retiré ma main.
LE CZAR
Allons , il n'y a pas grand mal à. tout. cela. . .
LE MARQUIS
Au surplus , monsieur Flimann , vous n'aurez pas longtems à souffrir de ma présence , je pars à l'instant pour Riswick.
FLIMANN.
Bon voyage. . .
LE CZAR , intrigué.
Ah! vous êtes attaché à l'ambassadeur î*
' LE MARQUIS
Oui, les négociations sont rompues ^ et nous allons nous séparer.
LE CZAR , vivement.
Les négociations rompues !
FLIMANN.
Que diable cela te fait-il ?
LE CZAR
Oh! rien du tout. . . mais je serais curieux de connaître la cause. . .
LE M K^qviS , apec intention. Elle est publique.
LE CZAR
Publique !
LE MARQUIS
La défaite des armées Russes.
LE CZAR , s' animant.
Comment ?
LE MARQUIS
Le Czar est à deux doigts de sa perte. -
LE CZAR
Impossible !
FLIMANN.
J\xi serais au désespoir!
Le MARQUIS, légèrement et ai^ec intention.
La nouvelle est sûre. . . Tarmée Russe a été complètement battue par les Ottomans , le visir poursuit sts succès et marche sur Moscou . . .
LE , éclatant.
Cest faux î . . c'est faux ! . . l'armée du czar s'est couverte ile gloire ; elle a vaincu les Turcs , et leur a enlevé Précop ! LE MARQUIS , bas et virement Vous êtes le czar . . .
LE CZAR , surpris.
Moi !.. (a part.) Ah ! (juelle école ! . .
^^ ' ' LE MARQUIS , de même. Je vous avais deviné, Sire., {avec respect.) Puis-je espérer que vous daignerez m'accorder une audience au nom de mon souverain
LE CZAR
Qui êtes-vous.''
LE MARQUIS
Le marquis de Châteauneuf, colonel de cavalerie, envoyé de Louis XIV.
Le czar donne la main au marquis.
MARIA, à Flimann .
Eh bien! les voilà les meilleurs amis du monde.
FLIMANN .
Ce diable de Michaloff a des secrets avec toute la terre.
LE CZAR , bas au marquis .
Monsieur le marquis , je serai enchanté de causer avec vous ; et si une partie de taverne ne vous effraie pas ? LE MARQUIS, riant.
De taverne !
LE CZAR
Oui, c'est là que j'ai choisi ma salle d'audience; mais on n'y est reçu qu'avec le costume de buveur.
LE MARQUIS, riant.
Je vais prendre mon habit de réception .
LE CZAR , bas.
Chut! voici toute la noce.
VAî^-BETT, en dehors.
Allons donc , allons donc ; le dîner sera froid,
riARIA.
Mon oncle , est -ce qu'il est de la fête
FLIMANN) la masquant.
Rassure-toi, il ne te verra pas. . . (// lui donne le hras. Le czar cause de Vautre côté avec le marquis . La noce arrive au milieu»