SCÈNE TIII
LE CZAR ET LE MARQUIS, ^^^/^ à ga"^^^, Lord SLMPLEY, VAN-BETT , FLIMANN , à l'autre table en face. ' ; '
VANN-BETT, s*asseyanf.
Moi , Je ne demande qu'une chose , c'est que nous parlions à cœ.ur ouvert.
SIMPLEY, très-respectueux et debout.
C'est bien mon intention.
FLIMANN, s' asseyant ainsi que Van-Bett. Moi aussi , il n'y a pas de sacrifice que je ne fasse pour être tranquille.
, SIMPLEY^ regardant la table où est le czar. Je crains qu'un indiscret.
-FLIMANN.
Rapport à eux ..Oh ! ne faites pas attention , ce sont deux ivrognes, dont l'un est mon ami intime.
Simpley s'assied.
LE czAR , au Marquis.
Air : du Renégat.
Voyons les bases du traité.
LE MARQUIS regardant Vautre table.
Mais ces messieurs .. je les redoute...
LE CZAR, regardant.
Flimann qui boit. . . en vérité' , Je ne crains pas qu'il nous écoute. ..
LE MARQUIS , à pàvt , reconnaissant Simpley.
Dieu ! lord Sira{)ley. . . je le vois , en secret , Auprès du Czar... il suit le même objet !...
/ SIMPLET, à part.
I Conduisons-nous avec adresse , I Je serai fier démon talent; Si je puis , grâce à ma finesse , Terminer cet acte important , On le devrait a mon talent.
FLIMANN , dpart.
Conduisons-nous avec adi'esse , Il faut se montrer très-prudent ; Et sans y inéttre de finesse , N'agissons jjas légèrement, {his.)
VAN-BÉTt , à part.
Conduisons-nous avec adresse, Il faut être ici clair-voyant...
Je vais enfin par ma finesse , Savoir ce secret important. . .
Je devrai tout k mon talent.
LE CZAR
En pareil cas , jamais d'adresse, Moi j'agis toujours franchement; 11 faut que la délicatesse L'emporte ici sur le talent !
fe'emporte ici sur le talent.
LE MARQUIS , à part.
Conduisons-nous avec adresse , Je serai fier de mon talent ; Si je puis, malgré sa finesse , Lui ravir l'honneur qu'il attend !
Le trait, vraiment, serait piquant.
siMPLEY, à Flimann^ df bout et décowert. me flatte que votre majesté. . . entend asséz ses vrai*
VAN-BETT recule son tabouret en regardant Flimann. FLlMAî^Tï , étonné et debout, A qui parlez-vous donc , s'il vous plaît ?
SIMPLEY.
Ah / pardon . . . j'oubliais . . . monsieur Pierre.
FLIMANN.
Bah ! pas plus de monsieur que de majesté. {A Fan-Bett.*) "Venez donc. . . il était déjà là bas. . . lui. . .
SIMPLES , d^un air d'intelligence.
J'entends .
VAN-BETT , se rapprochant.
C'est clair. . . aussi, je disais votre majesté. . . Ces grand» seigneurs , çà ne leur coûte rien.
FLIMANN,
M. Van-Bett dit que vous êtes. . .
SIMPLEY .
Envoyé de l'Angleterre.
FLIMANN.
De l'Angleterre ou d'un autre , ça m'est égal, pourvu que vous ayez un moyen de me tirer d'embarras.
SIMPLEY.
13 n moyen sûr de vous faire triompher , si vous adoptez le projet dant j'ai déjà rédigé quelques articles.
FLIMANN.
Je l'adopte.
VAN-BETT
Il l'adopte... ainsi, voilà déjà une bonne avance... Yoyons les articles, (à part. ) Je finirai peut être par accrocher quelque chose .
LE CZAR, au marquis.
Oui , marquis , si vous avez des pouvoirs assez étendus ^ je signerai le traité avant mon départ pour Moscou. LE MARQUIS , tirant un papier.
Vous allez en juger , sire.
'// lui donne un papier que le Czarlif,
Air ; Vaud. de la Somnambule.
SIMPLEY , à Fliman. Vous le voyez , de servir l'Angleterre En ce moment tout vous fait une loi,
FLIMANN.
Qui , moi servir... je renonce a la guerre.
VAN-BETT
Je vous l'ai dit... il pense comme moi.
FUMANN.
Je ne suis point d'une humeur vagabonde , Et le repos a pour moi des attraits.. . Que tous les rois se disputent le monde , Avec chacun, moi je veux vivre en paix.
SIMPLEY.
J'entends... vous voulez êlre neutre ?
fLIMANN.
Keuire . . . c est ça .
VATî-BETT , buvant, La plus grande neutralité. . . Je connais les intentions de monsieur Flimann.
SlMPLEY.
C'est tout ee que nous demandons ; et à ce prix , le Roi mon maître, répond de vous et la Russie. . .
FLIMANN.
De moi d'abord ; on verra après pour le reste.
Air ; de Lantara.
LE CZAR , au Marquis , après lui avoir remis un papier. Ce traité doit vous satisfaire.
I,E MARQUIS
Ah ! sire , il comble mon espoir.
LE CZAR , prenant une plume.
Je signe une paix aussi chère...
LE MARQUIS
Quoi ! sur le champ ?
LE CZAR
C'est mon devoir.
De deux pays elle comble l'espoir !
Un souverain saisit l'instant propice.
Le bien qu'il veut doit se faire soudain ; Et c'est , hélas / quand il faut qu'il punisse , Qu'il doit toujours remettre au lendemain.
Ils se remettent à causer et se lèi^ent, FLIMANN, àSimpley.
Ah çà, prenez garde de vous tromper. . . mettez neutre.
A^AN-BETT
Vous avez eu la complaisance de mettre neutre .*
SIMPLEY , présentant le papier.
Vous n'avez qu'à lire .
VAN-BETT
Je m'en rapporte à vous.
FLIMANN , prenant le papier.
C'est inutile , je veux lire moi-même, et dans ce moment ci çà m'est impossible , il faut que je consulte un ami sûr qu lit ordinairement pour moi.
Le Bourgmestre» 6
SIMPLEY , a part.
L'amiral Lefort est à Sardam; c'est lui qu'il veut coïtsuher.
FI [MANN , se levant et remontant la scène. Je m'en vais pajer le garçon.
VAN-EETT se lève aussi ^ Simpley t imite. C'est une bonne idée. Il paraît que c'est une affaire terminée?
SIMPLEY , bas et rapidement à Van-Bett. Monsieur Van-Bett , je suis au comble de la joie ! ce soir vous aurez les deux mille guinées.
VaN-bett.
Milord , je suis à vos ordres, {ci part.) Si je sais comment j'ai gagné cet argent,
SIMPLEY , de même.
Ne le perdons pas de vue , et il ne peut nous écliapper. Yous comprenez ? que personne ne puisse lui parler.
VAN-BETT
Eh bien! mais milord je puis le faire mettre au
cachot.
SIMPLEY.
Hein!. . perdez-vous la raison.*'
VAN-BETT, étourdi.
Ce n'est pas ça , je me trompe , j'ai mes prisonniers dans la tête.
SIMPLEY, remontant vers le fond.
Des égards. . . le plus grand respect...
Cela va sans dire. ( à part. ) Avec çà je ne sais pas si c'est une idée ; mais il me semble que c'est un peu moins clair qu'auparavant; mais c'est égal, je débrouillerai ce mystère ou j'y perdrai mon latin.
{On voit quelques personnes courir vers le fond avec un air d'effroi.
VAN-BETT, remontant aussi.
Qu'est-ce que c'est .^^ une dispute!
( Il sort par le fond.)