‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 74 sur 233 · SCÈNE TIII · texte numérisé non relu

SCÈNE TIII

LE CZAR ET LE MARQUIS, ^^^/^ à ga"^^^, Lord SLMPLEY, VAN-BETT , FLIMANN , à l'autre table en face. ' ; '

VANN-BETT, s*asseyanf.

Moi , Je ne demande qu'une chose , c'est que nous parlions à cœ.ur ouvert.

SIMPLEY, très-respectueux et debout.

C'est bien mon intention.

FLIMANN, s' asseyant ainsi que Van-Bett. Moi aussi , il n'y a pas de sacrifice que je ne fasse pour être tranquille.

, SIMPLEY^ regardant la table où est le czar. Je crains qu'un indiscret.

-FLIMANN.

Rapport à eux ..Oh ! ne faites pas attention , ce sont deux ivrognes, dont l'un est mon ami intime.

Simpley s'assied.

LE czAR , au Marquis.

Air : du Renégat.

Voyons les bases du traité.

LE MARQUIS regardant Vautre table.

Mais ces messieurs .. je les redoute...

LE CZAR, regardant.

Flimann qui boit. . . en vérité' , Je ne crains pas qu'il nous écoute. ..

LE MARQUIS , à pàvt , reconnaissant Simpley.

Dieu ! lord Sira{)ley. . . je le vois , en secret , Auprès du Czar... il suit le même objet !...

/ SIMPLET, à part.

I Conduisons-nous avec adresse , I Je serai fier démon talent; Si je puis , grâce à ma finesse , Terminer cet acte important , On le devrait a mon talent.

FLIMANN , dpart.

Conduisons-nous avec adi'esse , Il faut se montrer très-prudent ; Et sans y inéttre de finesse , N'agissons jjas légèrement, {his.)

VAN-BÉTt , à part.

Conduisons-nous avec adresse, Il faut être ici clair-voyant...

Je vais enfin par ma finesse , Savoir ce secret important. . .

Je devrai tout k mon talent.

LE CZAR

En pareil cas , jamais d'adresse, Moi j'agis toujours franchement; 11 faut que la délicatesse L'emporte ici sur le talent !

fe'emporte ici sur le talent.

LE MARQUIS , à part.

Conduisons-nous avec adresse , Je serai fier de mon talent ; Si je puis, malgré sa finesse , Lui ravir l'honneur qu'il attend !

Le trait, vraiment, serait piquant.

siMPLEY, à Flimann^ df bout et décowert. me flatte que votre majesté. . . entend asséz ses vrai*

VAN-BETT recule son tabouret en regardant Flimann. FLlMAî^Tï , étonné et debout, A qui parlez-vous donc , s'il vous plaît ?

SIMPLEY.

Ah / pardon . . . j'oubliais . . . monsieur Pierre.

FLIMANN.

Bah ! pas plus de monsieur que de majesté. {A Fan-Bett.*) "Venez donc. . . il était déjà là bas. . . lui. . .

SIMPLES , d^un air d'intelligence.

J'entends .

VAN-BETT , se rapprochant.

C'est clair. . . aussi, je disais votre majesté. . . Ces grand» seigneurs , çà ne leur coûte rien.

FLIMANN,

M. Van-Bett dit que vous êtes. . .

SIMPLEY .

Envoyé de l'Angleterre.

FLIMANN.

De l'Angleterre ou d'un autre , ça m'est égal, pourvu que vous ayez un moyen de me tirer d'embarras.

SIMPLEY.

13 n moyen sûr de vous faire triompher , si vous adoptez le projet dant j'ai déjà rédigé quelques articles.

FLIMANN.

Je l'adopte.

VAN-BETT

Il l'adopte... ainsi, voilà déjà une bonne avance... Yoyons les articles, (à part. ) Je finirai peut être par accrocher quelque chose .

LE CZAR, au marquis.

Oui , marquis , si vous avez des pouvoirs assez étendus ^ je signerai le traité avant mon départ pour Moscou. LE MARQUIS , tirant un papier.

Vous allez en juger , sire.

'// lui donne un papier que le Czarlif,

Air ; Vaud. de la Somnambule.

SIMPLEY , à Fliman. Vous le voyez , de servir l'Angleterre En ce moment tout vous fait une loi,

FLIMANN.

Qui , moi servir... je renonce a la guerre.

VAN-BETT

Je vous l'ai dit... il pense comme moi.

FUMANN.

Je ne suis point d'une humeur vagabonde , Et le repos a pour moi des attraits.. . Que tous les rois se disputent le monde , Avec chacun, moi je veux vivre en paix.

SIMPLEY.

J'entends... vous voulez êlre neutre ?

fLIMANN.

Keuire . . . c est ça .

VATî-BETT , buvant, La plus grande neutralité. . . Je connais les intentions de monsieur Flimann.

SlMPLEY.

C'est tout ee que nous demandons ; et à ce prix , le Roi mon maître, répond de vous et la Russie. . .

FLIMANN.

De moi d'abord ; on verra après pour le reste.

Air ; de Lantara.

LE CZAR , au Marquis , après lui avoir remis un papier. Ce traité doit vous satisfaire.

I,E MARQUIS

Ah ! sire , il comble mon espoir.

LE CZAR , prenant une plume.

Je signe une paix aussi chère...

LE MARQUIS

Quoi ! sur le champ ?

LE CZAR

C'est mon devoir.

De deux pays elle comble l'espoir !

Un souverain saisit l'instant propice.

Le bien qu'il veut doit se faire soudain ; Et c'est , hélas / quand il faut qu'il punisse , Qu'il doit toujours remettre au lendemain.

Ils se remettent à causer et se lèi^ent, FLIMANN, àSimpley.

Ah çà, prenez garde de vous tromper. . . mettez neutre.

A^AN-BETT

Vous avez eu la complaisance de mettre neutre .*

SIMPLEY , présentant le papier.

Vous n'avez qu'à lire .

VAN-BETT

Je m'en rapporte à vous.

FLIMANN , prenant le papier.

C'est inutile , je veux lire moi-même, et dans ce moment ci çà m'est impossible , il faut que je consulte un ami sûr qu lit ordinairement pour moi.

Le Bourgmestre» 6

SIMPLEY , a part.

L'amiral Lefort est à Sardam; c'est lui qu'il veut coïtsuher.

FI [MANN , se levant et remontant la scène. Je m'en vais pajer le garçon.

VAN-EETT se lève aussi ^ Simpley t imite. C'est une bonne idée. Il paraît que c'est une affaire terminée?

SIMPLEY , bas et rapidement à Van-Bett. Monsieur Van-Bett , je suis au comble de la joie ! ce soir vous aurez les deux mille guinées.

VaN-bett.

Milord , je suis à vos ordres, {ci part.) Si je sais comment j'ai gagné cet argent,

SIMPLEY , de même.

Ne le perdons pas de vue , et il ne peut nous écliapper. Yous comprenez ? que personne ne puisse lui parler.

VAN-BETT

Eh bien! mais milord je puis le faire mettre au

cachot.

SIMPLEY.

Hein!. . perdez-vous la raison.*'

VAN-BETT, étourdi.

Ce n'est pas ça , je me trompe , j'ai mes prisonniers dans la tête.

SIMPLEY, remontant vers le fond.

Des égards. . . le plus grand respect...

Cela va sans dire. ( à part. ) Avec çà je ne sais pas si c'est une idée ; mais il me semble que c'est un peu moins clair qu'auparavant; mais c'est égal, je débrouillerai ce mystère ou j'y perdrai mon latin.

{On voit quelques personnes courir vers le fond avec un air d'effroi.

VAN-BETT, remontant aussi.

Qu'est-ce que c'est .^^ une dispute!

( Il sort par le fond.)

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