‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 91 sur 233 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

MARGUERITE, NICOLETTE, ensuite COQUELARD dans le fond.

MARGUERITE , Cl part.

Bon ! nous en v'ià débarrassés !...

NicoLETTE, cmue.

Mais , dites donc, ma marraine, est-ce que ça serait possible?... est c'que ça m'prend ?

MARGUERITE , feignant de pleurer en la regardant. Attends donc que je te regarde... Dieux î... ah! ahi ma pauvre enfant.

KicoLETTE, pleurant pïus for t.

Ah ! ah ! qu est-ce que c'est ?

MARGUERITE, détoumaut la tête.

Je t'en prie... ne m'interroge pas.

NICOLETTE

Ah î ah !.. ,

COQUELARD, Cl part. Il tient sous son bras son miroir, A merveille !

ivicoLETTE, courant i^ers la fontaine.

G te fontaine... je vais m'a.^surer tout de suite.

( Elle rencontre Coquelard. ) Ah! monsieur Coquelard... ce miroir que vous m'aviez, promis... donnez-le moi.

COQUELARD.

Je l'apporte, et... ( // levé les yeux et parait fort étonné en la regardant) Ah ! ah ! c'est particulier.

NICOLETTE

Ah ! mon dieu ! ça ITrappe aussi. Donnez , j'veux connaître mon sort.

MARGUERITE, feignant de vouloir V empêcher. Je ne veux pas qu'elle se voie !...

{Nicolette saisit le miroir: aussitôt quelle a jeté les yeux dessus , elle pousse un grand cri : Ah! Elle le rejeté vivement. )

COQUELARD, ^^7^, à Margucritc.

C'est un miroir qui vous allonge la figut e d\ine aune.., ça vous rend épouvar.tabîo. Voulez-vous voir?...

MARGUEPaTE , huS.

Non , non , merci !.. j'en ai assez comme ça.

3VICOLETTE , pleurant.

Pins de doute. Dieux! ma marraine^ comme ça est tenu vite!... à mon âge ! me trouver dans les doyennes!

COQUELARD.

Moquez-vous donc des soi'ciers ! . . . . moi! ça me confond.

MARGUEPilTE.

Ne pleure pas , chère petite; ce n^est pas le moment de te faire des reproches : mais enfin si tu avais voulu m'écouter.

NicoLETTE , hrusqucment.

Dites donc , ma marraine, je n'ai pas eu le temps de me voir...

Mk^GV^v.iTT.^ montraht le miroir.

Veux-tu encore te regarder?..

NicoLETTE, ifii>ement.

Non, non.... {regardant la fontaine) je ne veux plus me regarder jamais... je me fais peur... Mais , dires-moi, ma marraine.^., je m'en rapporte à vous... Qu'est ce que je parais?

MARGUERITE

Pas trop, pas trop... guère plus que moi ..

3VIC0LETTE, désoléc.

Ah ! ah !... est-ce que je ne pourrais pas cacher quelque chose? {Coquelard secoue la téte.)

MARGUERITE

Guère plus que moi !

]\icOLETTE, tombant sur un banc de gazon et se cachant la Jîgure, Ah ! il n'y a plus d'espoir !

COQUELARD, bas à Marguerite, Nous la tenons.

MARGUERITE, allant a Nicolette, Tu vas rentrer, n'est-ce pas, Nicol ette. ( CeZ/e-c/ la téte penchée sur sa poitrine^ semble ne pas l'entendre )M]oïiSy ma fille, de la résignation; si tu veux le marier^ M, Coquelar l tiendra sa promesse; et si lu te de'cides, tn «'as qu'à m'appeler... (Ils rentrent à droùe. )

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