‹ M. Tardif; comédie-vaudeville en un acteChapitre 98 sur 233 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

Air : Dire à moi sans //yjière (d'Elisca).

Ici je vous engage

Et mou cœur et mon ntoa».

WICOLKTTK.

Non , non.

M'épouser à mon âge Çà s'rait par compassion.

uaBAirr.

Non, non.

WICOLETTTE.

Regardez-moi donc ? quelle idée !

Tous n' me semblez pas si mal,

NI«OLETTE.

Je suis toute ridée.

URBAIN. V

Je me risque. . . C'est égal.

NI COLETTE

Quoi! me prendre pour femme!

De moi vous avez pitié. ..

URBAIN

Non , j*vous Pjur% surmonâmè^ C'est encor par amitié.

CRBAIN.

C'est toi qu'j'aimai toujours!

Et j't'aime encoT avec ivresse , Oui, mes derniers amours , Seront pour ma première maîtresse I Donn'moi ta main. . .

NICOLEtTE.

Tu l'veux , Urbain î

URBAIN

Pour prix d'mon cœur.

NicolEtte. ' Reçois lîïôn coeur.

URBAIN

Ah quelle ivresse !

NICOI/ETTE.

Ah quelle ivress» !

L'existence , alors je le voi , Aura ben des charmes pour moi.

TOUS DEUX

Pour jamais je m'engage A l'objet de mes vœux 1 Je le sens ) , «.^ 4.

rr 1 • ! à tout kSGi

Tu le vois j » *

L'amour peut nous rendre beureut.

NICOLETTE

Mais non, non... Urbain^ ça ne se peut pas!,.,

tJRBAlN.

Et pourquoi?

WICOLETTE.

i)onge donCj comme je suis.... et toi.... je serais jalouse La Vieille ^

d'abord, et si je te voyais en aimer une aiitre^ pins jer.ne que moi^ je ne t'en voudrais pas!., mais j'en mourrais^ je le sentons là! Urbain... cesthtoi de eiioisir ime femme de ton âge, épouse-la..., pense quelquefois à ta pauvre petite vieille, et laisse-moi partir.

URBAIN, avec feu.

Non jarni^ tu n'partiras pas... esi-ce que j'tiens à quelques années de 'plus ou de moins? d'ailleurs tu es encore la plus belle pour moi... je te vois conl^ile tu étais à seixe ans... aussi jolie... aussi aimable... ben mieux^ car à présent tu ne seras plus coquette, n^est-ce pas ?

WICOLETÏE.

Est-ce que je peux?

URBAIN

Ah c'est vrai... je n'y pensais plus... mais, c'est égal, tu m'aimes, tu Ine le dis... eh ben! moi aussi, je t'aime plus que jamais , je ne te quitterai pas , et j 'saurai a force d'amour t'faire oublier ta vieillesse et tes rides.

NicoLETTE, metta]it la main sur son cœur.

J 'crois que M. Coquelard avait raison.... quand on est aimée... ça vous rajeunit. Faut que tu m'aimes bien ^ car depuis que je t 'écoute, je me sens toute arstre.

URBAIN^ saisissant son idée.

Eh bien I si tu retrouvais tes seize ans, ta figure, îu m'épouserais tout de suite..

JVICOLETTE.

Ail! je serais trop heureuse... Gomme tu me regardes , Urbain!., est-ce que ca revient?

URBAIN

Air : Quand toi sortir de la case.

Ce miracle de tendresse, Grâce à moi s'accomplira ; Sur mon cœur quand je te presse , ^ Tes rid's s'effacent déjà.

NICOLEÏTE.

Oui , je sens fuir ma tristesse , Il m'sembr que j'suis mieux déjà.

{Urbain la conduit vers la fontaine et la soutient.)

Oui vraiment | î,^^. | mieux déjà.

URBAIN

Ta beauté renaît.

NlCOrETi'E,

Est-ce un rêve ?

URBAIW. '

Mais ce prodige si subit , Que ce tendre baiser l'achève?

{Pendant quelle est penchée i^ers la fontaine , il V embrasse ^ et fait tomber sa coiffe de vieille.^

Vois comm' cela t'embellit..

mcohETjE , frappée.

Dieu 1 comme ça m' rajeunit.

UKBAIN.

Vois comm' ça te rajeunit.

jvicoLETTE, ai^ec Joie et jetant sa mante.

Urhaîn... c'est Lien moi. .. voilà comme j'étais... et, c'est à ton amonr que je le dois {Vii^ement.) ma Marraine^ ma marraine!...

{Pendant qu elle appelé, Urbain remonte le théâtre et a l'air de faire signe à Jolibois.)

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