DUO
Air : Dire à moi sans //yjière (d'Elisca).
Ici je vous engage
Et mou cœur et mon ntoa».
WICOLKTTK.
Non , non.
M'épouser à mon âge Çà s'rait par compassion.
uaBAirr.
Non, non.
WICOLETTTE.
Regardez-moi donc ? quelle idée !
Tous n' me semblez pas si mal,
NI«OLETTE.
Je suis toute ridée.
URBAIN. V
Je me risque. . . C'est égal.
NI COLETTE
Quoi! me prendre pour femme!
De moi vous avez pitié. ..
URBAIN
Non , j*vous Pjur% surmonâmè^ C'est encor par amitié.
CRBAIN.
C'est toi qu'j'aimai toujours!
Et j't'aime encoT avec ivresse , Oui, mes derniers amours , Seront pour ma première maîtresse I Donn'moi ta main. . .
NICOLEtTE.
Tu l'veux , Urbain î
URBAIN
Pour prix d'mon cœur.
NicolEtte. ' Reçois lîïôn coeur.
URBAIN
Ah quelle ivresse !
NICOI/ETTE.
Ah quelle ivress» !
L'existence , alors je le voi , Aura ben des charmes pour moi.
TOUS DEUX
Pour jamais je m'engage A l'objet de mes vœux 1 Je le sens ) , «.^ 4.
rr 1 • ! à tout kSGi
Tu le vois j » *
L'amour peut nous rendre beureut.
NICOLETTE
Mais non, non... Urbain^ ça ne se peut pas!,.,
tJRBAlN.
Et pourquoi?
WICOLETTE.
i)onge donCj comme je suis.... et toi.... je serais jalouse La Vieille ^
d'abord, et si je te voyais en aimer une aiitre^ pins jer.ne que moi^ je ne t'en voudrais pas!., mais j'en mourrais^ je le sentons là! Urbain... cesthtoi de eiioisir ime femme de ton âge, épouse-la..., pense quelquefois à ta pauvre petite vieille, et laisse-moi partir.
URBAIN, avec feu.
Non jarni^ tu n'partiras pas... esi-ce que j'tiens à quelques années de 'plus ou de moins? d'ailleurs tu es encore la plus belle pour moi... je te vois conl^ile tu étais à seixe ans... aussi jolie... aussi aimable... ben mieux^ car à présent tu ne seras plus coquette, n^est-ce pas ?
WICOLETÏE.
Est-ce que je peux?
URBAIN
Ah c'est vrai... je n'y pensais plus... mais, c'est égal, tu m'aimes, tu Ine le dis... eh ben! moi aussi, je t'aime plus que jamais , je ne te quitterai pas , et j 'saurai a force d'amour t'faire oublier ta vieillesse et tes rides.
NicoLETTE, metta]it la main sur son cœur.
J 'crois que M. Coquelard avait raison.... quand on est aimée... ça vous rajeunit. Faut que tu m'aimes bien ^ car depuis que je t 'écoute, je me sens toute arstre.
URBAIN^ saisissant son idée.
Eh bien I si tu retrouvais tes seize ans, ta figure, îu m'épouserais tout de suite..
JVICOLETTE.
Ail! je serais trop heureuse... Gomme tu me regardes , Urbain!., est-ce que ca revient?
URBAIN
Air : Quand toi sortir de la case.
Ce miracle de tendresse, Grâce à moi s'accomplira ; Sur mon cœur quand je te presse , ^ Tes rid's s'effacent déjà.
NICOLEÏTE.
Oui , je sens fuir ma tristesse , Il m'sembr que j'suis mieux déjà.
{Urbain la conduit vers la fontaine et la soutient.)
Oui vraiment | î,^^. | mieux déjà.
URBAIN
Ta beauté renaît.
NlCOrETi'E,
Est-ce un rêve ?
URBAIW. '
Mais ce prodige si subit , Que ce tendre baiser l'achève?
{Pendant quelle est penchée i^ers la fontaine , il V embrasse ^ et fait tomber sa coiffe de vieille.^
Vois comm' cela t'embellit..
mcohETjE , frappée.
Dieu 1 comme ça m' rajeunit.
UKBAIN.
Vois comm' ça te rajeunit.
jvicoLETTE, ai^ec Joie et jetant sa mante.
Urhaîn... c'est Lien moi. .. voilà comme j'étais... et, c'est à ton amonr que je le dois {Vii^ement.) ma Marraine^ ma marraine!...
{Pendant qu elle appelé, Urbain remonte le théâtre et a l'air de faire signe à Jolibois.)