‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 45 sur 128 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Ce que l'ambassadeur d'Allemag^ne conseille

à son g:ouvernement.

Raison que pouvait avoir le comte d'Arnim de revoir M. de Gontaut avant de revenir à Paris. — Dispositions rapportées par le comte à l'ambassade à l'égard de Versailles ; pourquoi on l'y accueille à l'opposé des avis de Nancy. — Impression de M. Thiers; il envoie M. de St Vallier au comte d'Arnim; conversation étrange de l'ambassadeur avec le plénipotentiaire. — Le comte d'Arnim conseille à sa cour la restauration napoléonienne; réponse de M. de Bismarck.

M. de Gontaut, en attendant de savoir si les instructions du Président datées du 14 avril étaient maintenues, avait revu le comte d'Arnim. Ils ne se quittaient plus. Un nouveau télégramme le 18 et une lettre étendue le 20, montrent l'ambassadeur français en rapports suivis avec son collègue. D'après ce télégramme, des doutes auraient cependant dû lui venir. M. d'Arnim lui a dit n'avoir ce encore causé avec M. de Bismarck que des affaires d'Italie, à peine parlé de celles de France, qu'il ne partait donc pas pour Paris ». il s'est fait voir, d'ailleurs, toujours disposé à entrer, quand il sera là, en négociations ce sur des

propositions sérieuses » ; mais il est à peine revenu sur la question des a armements », et cela surtout frappe M. de Gontaut. Celui-ci nous croit par là même dans les meilleures voies et ne regarde pas au reste. Le comte d'Arnim a-t-il vraiment vu le chancelier, absent de Berlin pour tout le monde? Il ne se le demande point, et surtout il n'a pas à l'esprit que son collègue soit venu l'abuser.

Or, ce jour-là, le comte d'Arnim avait des raisons de se présenter sous ce bon aspect. Des puissances européennes commençaient à se préoccuper que TAllemagne fût si peu pressée de sortir de France. M. de Bismarck n'en était certainement pas à rapprendre. Autour du roi Ton s'en doutait moins, ou bien on ne pensait pas devoir s'y arrêter; néanmoins , un fait récent avait dû y faire penser, et c'est peut-être ce qui amenait cette fois le comte d'Arnim. Il avait insinué, en effet, que son gouvernement tenait à négocier directement avec nous, a sans intervention « même amicale d'une autre puissance * ». C'était dit en passant, pour M. de Gontaut c'avait été sans portée. Dans la visite d'après, le comte était devenu plus explicite et s'était presque plaint. A Pétersbourg le général Le Flô, qui représentait la France, avait dit un mot de notre situation au prince Gortshakow; celui-ci ne s'en était pas tu avec le représentant de l'Allemagne, et la chose, mandée à Berlin, avait, paraitil, un peu préoccupé. M. d'Arnim se faisait-il simplement l'écho indifférent de ce petit émoi? ce n'est guère probable. Il semblait plutôt avoir mandat de nous prévenir, a Nous avions tort, disait-il, de mêler les

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