Saint-Vallier à M. Thiers, 14 octobre
conservation personnelle tracerait alors le devoir d'intervenir et de prendre des assurances; voilà, concluait M. de Redern, le motif qui ne permet pas de renoncer aux précautions militaires dont les traités concèdent la faculté * ».
Autour de l'Empereur avait-on si peu de confiance en la solidité des pouvoirs européens, qu'on les supposât vraiment menacés par le gouvernement éventuel de l'orateur d'extrême gauche? A coup sûr ce n'était pas par intérêt pour la France, qu'on prétendait la préserver de ce dernier en ne se relâchant de rien quant à l'occupation. Le prince Gortschakow, lui, pouvait se prétexter à lui-même cet intérêt, quand il s'inquiétait aussi des agitations auxquelles se livrait Gambetta; dans des vues ultérieures il convenait à la Russie de savoir au gouvernement de la France des politiques éprouvés et de tradition, non des personnes sans passé diplomatique et connues uniquement par des précédents de révolution. Si le gouvernement de Berlin avait un intérêt à notre égard, c'était, une fois rentré dans l'indemnité de guerre, de nous vouer au désordre. Puisqu'il croyait que Gambetta l'aurait déchaîné, ce ne pouvait être par peur de le lui voir répandre chez nous qu'il manifestait tant de préoccupation à cause de lui. Le comte de Redern disait le mot véritable : « intervenir et prendre des assurances »; autrement dit, nous protéger par la prolongation de l'occupation, au besoin en lui donnant un complément. En ce moment l'indemnité se payait comme à bureau ouvert. Nous avions plus d'un milliard devant nous *. Nulle incer-