‹ M. Thiers, le Comte de Saint Vallier, le général de Manteuffel: libération du territoire 1871Chapitre 77 sur 128 · Saint- Vallier à M. Thiers, 12 octobre · texte numérisé non relu

Saint- Vallier à M. Thiers, 12 octobre

général accourt tout de suite en « féliciter chaudement » le commissaire français ^ Le comte de Redern, grand chambellan de l'Empereur Guillaume, premier personnage de la cour, passa alors plusieurs jours à Nancy en visite auprès de son neveu, qui commandait une des brigades de Toccupation avec des sentiments aussi peu favorables pour nous qu'un subordonné de M. de Manteuffel pouvait le laisser voir à côté de celui-ci. Naturellement le comte de Redern est recherché par M. de Saint- Vallier, qui le trouve plein de paroles affables pour le Président, mais hypnotisé tout à fait par le personnage de Gambetta. C'est (( le point noir là comme ailleurs , écrit le « comte à cette occasion; ce nom inspire une répula sion qui s'affirme avec une nouvelle force chaque « fois que l'ex-dictateur fait à l'attention publique un « de ces bruyants appels qui lui sont familiers ». Aux tentatives pour persuader l'ami du roi Guillaume que l'Allemagne elle-même gagnerait à affermir notre gouvernement en se montrant large dans l'exécution des traités, en abrégeant l'occupation pour rendre aisés les rapports entre les deux pays, M. de Redern répond que « l'on a toute confiance dans M. Thiers; que sa parole suffirait à dispenser de toute mesure de précaution, mais que l'on redoute toujours de voir une circonstance quelconque l'amener à résigner le pouvoir, et qu'à tort ou à raison on a la conviction que M. Gambetta lui succéderait ; que l'arrivée de cet homme équivaut à l'avènement de la révolution et qu'on ne le laissera pas faire, dût-il se montrer sage et chercher le maintien de la paix; qu'un sentiment de

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