‹ M. VioletteChapitre 22 sur 33 · II · texte numérisé non relu

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Joe acquit, dans un rayon de plusieurs centaines de milles , la réputation d'être un homme extraordinaire, et quand il se déclara le prophète de Dieu et commença à prêcher sa nouvelle religion, on n'en fut pas étonné. Si Rigdon, ou tout autre, se fussent présentés au lieu de lui , il leur aurait été impossible d'établir le mormonisme ; la fondation d'une nouvelle secte par un homme qui opérait des prodiges, parut, au contraire, toute naturelle.

Comme la pierre que j'ai mentionnée a beaucoup contribué à élever Joe à la position éminente qu'il occupe aujourd'hui, j'insérerai ici une attestation , sous serment , dans laquelle on raconte comment il est devenu possesseur de ce trésor miraculeux.

« Manchester, comté d'Ontario, État de New- York, 1833.

» J'ai fait connaissance avec les Smith , auteurs de la Bible mormon, en 1820; ils étaient alors moneij dù/gers , et ils ont exercé cette profession jusqu'à la fin de 1827; en 1832, je creusai un puits , et j'employai Joe Smith comme aide. Après avoir creusé à environ vingt pieds de profondeur, nous découvrîmes une pierre singulière qui excita ma curiosité. Je la portai au haut du puits, et, pendant que nous l'examinions, Joe la mit dans la forme de son chapeau , sur le sommet duquel il appliqua ensuite sa figure. 11 a dit que la pierre

lui a été donnée par Dieu, mais cela est faux. »Le matin suivant, il vint chez moi et nie pria de lui donner la pierre, prétendant qu'il pouvait voir à travers; je lui répondis que je ne voulais pas m'en défaire, parce que c'était une curiosité, mais que je la lui prêterais. Après l'avoir obtenue, il publia partout qu'il y voyait des choses merveilleuses , et mit la partie crédule de la population dans un tel émoi que je lui ordonnai de me rapporter la pierre. Il l'avait eue en sa possession pendant environ deux ans. En 1825, autant que je puis m'en souvenir, Hiram Smith ( le frère de Joe) vint me trouver et me pria de lui prêter cette même pierre , disant qu'on en avait absolument besoin pour terminer une affaire très importante ; je lui répondis que la pierre n'était pas d'une grande valeur pour moi, mais que je désirais la conserver comme curiosité ; que cependant je la lui prêterais s'il me donnait sa parole d'honneur qu'elle me serait rendue à ma première requête. Il fit le serment que je demandais , et emporta la pierre. Je pensais alors pouvoir compter sur sa parole, parce qu'il affectait une grande dévotion; mais je fus désappointé , car il manqua à sa parole d'honneur.

Dans l'automne de 1826, je reçus la visite d'un ami qui désira voir cette pierre , dont on avait tant parlé. Je lui dis qu'il pourrait la voir en venant avec moi chez Smith, qui demeurait à envi-

ron un demi-mille de ma maison. Quand je demandai la pierre, Smith me dit, à ma grande surprise , vous ne l'aurez pas. Je lui fis observer qu'elle m'appartenait, et lui rappelai la promesse qu'il m'avait faite lorsque je la lui avais prêtée; mais tout fut inutile , il me regarda méchamment en face , en disant : Peu m'importe à qui diable elle appartient, vous ne l'aurez pas.

»Col. Nahum Howard, »

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