LE VENTRU
Note LXXVL— - Au sous-titre.
Voici encore une de ces chansons vaudevilles dont le succès * Voy. Ma Biographie, p. 173.
DE BËRÂNGER. 577
fut immense. Elle élak d'une application si générale, que presque chaque département y put reconnaiti^e un de ses députés. Quelques personnes d'un goût délicat reprochèrent à Fauteur remploi du mot ventru. Plus le mot est bas, plus l'emploi en fut heureux. Il restera peut-être pour désigner toujours cette espèce d'hommes' qui, dans les Chambres, vendent au pouvoir les intérêts de leur pays, se font gorger de faveurs, eux et les leurs, et s'engraissent à la table des ministres. ^ .
Place à dix pas de Villèle,' A quinze de d'Ârgenson.
M. de Villèle était alors le chef de l'opposition de droite, vers laquelle penchait toujours le ministère. Mrd'Ârgenson était l'homme qui, à cette époque, représentait le mieux les généreux principes de la gauche. H. de Villèle est devenu ministre, et les ventrus, qui se sont élevés au nombre de trois cents, le soutinrent jusqu'en 1827. H. d'Argenson n'a cessé de mériter la reconnaissance de son pays par sa constante et invariable opposition à toutes les lois désastreuses et h tous les empiétements de l'absolutisme. (Note de Béranger,)
LES MISSIOMAffiES
Note LXXVII. — Au titre.
Qui le croirait? Ces missionnaires, qui firent tant de mal et sont encore la cause de tant de scandales, ne paraissaient pas assez dangereux, en 1819, à certains députés libéraux. Plusieurs de ceux qui craignent toujours de voir les abus où ils existent, parce qu'on leur impose l'obligation de les attaquer.
reprochèrent à Béranger celte dianson qu'ils trouTaient trop violente. C'était d'ailleurs, selon eux, afficher trop de philosophie et donner occasion aux dévots de pousser des cris cralamie. Que de fois le pauvre chansonnier eut41 à repousser de pareilles observations faites par des hommes qui se van- . laient pourtant de penser comme lui ! En vain dix fois l'évéiicment justifia-t-ii ses prévisions, à chaque attaque il fut en butte à de pareils reproches '. H finit par en rire, et, chaque fois qu'ils se renouvelaient, on l'entendît, proposer à ces prétendus amis de le désavouer publiquement, s'ils l'osaient, ('/est dans une de ces occasions qu'il disait à l'un d'eux : « Ne m'ayez aucmie obligation des chansons que j*ai faites pour servir la bonne cause. Ne m'en ayez que de celles que je n'ai pas faites contre vous tous. »
Ces hommes sont ceux qui portaient envie à la popularité de Manuel, et qui parvinrent à empêcher sa réélection en 1824. Ce sont eux qui, en 1827, après la chute de Villèle, firent prendre à la Chambre une marche indécise qui ne pou vait servir que leur ambition personnelle, au risque de déconsidérer le gouvernement représentatif dont la France espérait retirer tant de fruits. Le résultat de la politique de ces personnes a été de faciliter l'arrivée du ministère Polignac. (Note de Béranger,)