PREMIÈRE PRÉFACE
Note I. — Au titre.
Cette préface , que le lifaniire Eymeri eugea» se trouve en tête du volume de chansons publié chez lui en novembre 1815 et qui porte la date de 1816. Ce volume, qui contenait à peu près les quatre-vingts premières chansons des éditions postérieures, ne donna lieu contre Fauteur à aucune poursuite, et Ton ne parut même pas penser alors à lui ôter la modique place d'expéditionnaire qu'il occupait dans les bureaux de l'Université depuis 1809.
Plusieurs de ces chansons furent pourtant incriminées en 1821, lors de leur réimpression et malgré la prescription invoquée.
Longtemps après la publication de ce premier volume, on fit savoir à Béranger que, s'il en publiait un second, où se trouveraient les nouvelles chansons qui couraient manuscrites ou disséminées dans quelques recueils, on se verrait contraint de lui ôter sa place. Cette espèce de menace ne l'empêcha pas de faire cette publication, dont le premier résultat fut de lui ravir son seul moyen d'existence *. Il est vrai d'ajouter que la vogue de cette seconde publication fut telle, qu'il en tira de quoi satisfaire à des besoins que son amour de l'indépendance a toujours su modérer. Aussi a-t-il souvent répété qu'il s'était corrompu dans la prison de Sainte-Pélagie,
* Voy. Ma Biographie, p. 147.
parce qu*il y avait eu pour la première fois de sa vie des rideaux à son lit et du feu. Il ajoutait, en sortant de la Force, après neuf mois de détention, que là il avait pris Thabitude d*être servi, lui qui jusqu'alors s'était presque toujours servi lui-même. {Note de Béranger.)
Le recueil de 4 821 contenait cent soixante-deux chansons, du Roi d'Yvetot au Cinq Mai. C'est à ces cent soixante-deux chansons seules que se rapportent les notes inédites de Béranger. (Note de l* Éditeur.)
Note II. — Ah ligne : Cesl de Vécriture de Collé,
Collé, auteur de la Partie de chasse de Henri IV, est \e plus varié et le plus spirituel des anciens chansonniers français. Ses couplets, presque toujours graveleux, sont les fruits d'une observation fine et d'une gaieté mordante. Il a laissé des mémoires recommandables par quelques anecdotes piquantes, mais où règne parfois un ton d'humeur qu'on ne s'attend pas à y trouver. Collé, dans son extrême jeunesse, avait entrevu la Régence; il passa une partie de sa vie auprès des grands. Malgré cela et en dépit de la licence reprochée à ses chansons, il a laissé la réputation d'un homme honnête et de mœurs pures. Il mourut en 1782. (Note de Béranger.)
Collé, cousin de Regnard et ami de Panard et de Gallet, dont parlent les notes inédites de Béranger, est né en 1709. Le recueil complet de ses chansons a été publié en 2 vol. in-18, 1807. Ses mémoires i}e Journal historique), qui sont une œuvre de satire (3 vol. in-8'j, ont paru de 1805 à 1807. (Note de l'Éditeur.)
Note III. — A la ligne : Conversation entre mon censeur et mou
On sent que Fauteur fait ici une supposition pour excuser plusieurs parties de son recueil, nécessité que le libraire lui avait imposée. Du reste, il y avait quelques rapports réels entre le chantre de Marotte et le chansonnier de 1815. (Note de Béranger,)
Note IV. — A la ligne : Chansons que mon censeur n'a pas dû me
passer.
Collé publia en effet sous ce titre un recueil chantant dont la licence peut effrayer les censeurs les moins sévères. (Note de Béranger.)
Note V. — a la ligne : Vous, monsieur Collé, qui avez pour pro^ tecteur un prince de V auguste maison dont vous avez si bien fait parler le héros»
Cette note de Béranger manque. Elle eût fait allusion à la ressemblance qu'il y avait entre Collé, protégé du duc d'Orléans, fils du Régent, et auteur de la Partie de chasse de Henri /F, et Béranger, qui, devant à Lucien Bonaparte de si utiles encouragements, chanta la gloire de Napoléon. (Not5 de VÈditeur.)
NoTg VI. — Au commencement du postscriptum.
Telle était la préface du premier volume publié en 1815. Dans l'édition de 1821, faite en deux volumes, lauteur a
ajouté à cette préface le post-scriptum suivant (voir ce postr .scriptum). Déranger a toujours regretté d'avoir été obligé de faire une préface à ses chansons. Il n*aiinait pas à écrire en prose et ne s'en croyait même pas capable. Aussi fut-il affligé de voir toujours ses libraires vouloir réimprimer ce morceau qu'il jugeait être mauvais, et dont le ton d'ailleurs ne convenait plus aux productions qu'il a ajoutées à celles de son premier volume. (Note de Béranger,)