LES MYRMIDONS
Note LXXXIV. — Au tùre,
La petitesse morale des hommes qui nous gouvernaient inspira cette chanson, où Béranger se plut à confcmdre les ' soldats d'Achille avec les Myrmidons d'une ancienne feble qui a fait de ce nom un terme de mépris. Il faut remarquer qu'à l'époque où furent faits ces couplets un grand nombre de serviteure inaperçus de l'Empire s'étaient élevés aux plus
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luiules dignités de lu Rcstauralion. Ils avuieiil en ciïel l'air de se venger des dédains inéritôs du niailre qu'ils avaient servi d abord et dont ils avaient été les premiers à insulter la chute et les malheurs.
Le Mironton mirontaine de Nariborough n*est autre que WeUington, à qui on avait donné Tépée de Napoléon.
On nous écoute au congrus.
Ce vers rappelle la menace si souvent faite, en termes plus ou moins déguisés, par les ministres de Louis XYIII. Le congrès d'Aix-la-Chapelle venait d avoir la plus fâcheuse influence sur notre armée que le maréchal Gouvion-Saint-Cyr avait voulu réorganiser, ce qui lui fit perdre le ministère.
Il n'est pas nécessaire de dire que le dernier couplet do <'ette chnnson est une allusion au jeune Napoléoit*, qui fut, est et sera longtemps peut-être^, un épouvantait pour 1rs Bourbons et leurs ministres. (Note de Biranger.)
HALTE-LA Note LXXXV. — Au sous-titre.
Cette chanson de fétc eut un grand succès, grâce au ridicule du système qu'elle attaque. L'interprétation en matière (le presse fut propagée chez nous par Bellart, Harchangy, Jacquinot de Pampelune, Hua et Yatimesnil. Celui-ci, plus jeune (lue les autres, fut d'abord un ardent promoteur de ce moyen facile de condamnation. Aujourd'hui (1850), il a quitté les rangs des oppresseurs de la pensée, et il est û espérer qu'il
^ I.C iluc de ReichstaïU.
^ Ceci csl cciil. il faut se le l'appeler, ciUre 1820 cl 18G0.
n'y rentrera jamais. Sa conduite au minUtère semble en être lu preuve. Avec un parquet qui prenait plaisir à torturer tous les mots et des jurés choisis par le préfet, il était impossible qu'un auteur accusé ne succombât pas toujours. Cependant cela ne suffit point encore au pouvoir, et Ton vint h enlever au jury le jugement des délits de la presse. (No(e de Béranger.)
L'ENFAiNT DE BONNE MAISON Note LXXXVI. — Au souUitre.
On assure que TÉcole des Chartres peut avoir une gi-andc utilité, que ses recherches rendront des services à riiistoirc. Jusqu'à présent il n'y a point encore paru, et il a pu être permis de penser qu'il y avait mieux à faire en fait dliistoirc qu'à fouiller dans nos vieilles archives, toujours si incomplètes pour ce qui a trait aux droits du peuple. (Noie de Béranger.)
Au temps où Béranger a écrit cette note, l'épigrammc était en effet permise et on pouvait croire que l'étude des archives du moyen âge ne se serait pas dirigée dans un sens favorable à l'esprit de la Révolution française. L'École des Chartes a heureusement servi à autre chose qu'à retrouver les parchemins de la féodalité : elle s'est appliquée et elle s'appliquera de plus en plus à rechercher la trace des vieilles mœurs et à reconstruire, pierre à pierre, l'édifice historique du passé de nos pères. Les dispendieuses, mais intéressantes études, entre- . prises pour recueillir les matériaux de l'histoire du tiers éiat, ont permis à l'un des maîtres de l'art moderne, H. Augustin Thierry, de regrettable mémoire, de raconter précisément l'origine des droits du peuple que Béranger craignait de voir négligés. (Noie de l Éditeur.)