LE BON DIEU
Note XCI. -^ Au titre.
« Est-ce ainsi que Platon parlait de Dieu? » s'éciia, à propos de cette chanson, Marchangy dans son réquisitoire. Non, certes ; mais Aristophane ne parlait pas des dieux conune Platon. Béranger, dont la croyance en Tauteur de la nature ne put jamais être mise en doute, puisqu'elle est attestée par une continuelle inspiration qui perce dans ses moindres productions, et par l'espèce de profession de foi qu'il ne
' Maclamc t,vn\\c de Girmlin.
DE BÉRAN6ER. Ô80
cessa de faire à cet égard, Béranger, en faisant la clianson du Bon Dieu^ n'eut pas Fidée de commettre une impiété, il s*on faut. 11 prit, cette fois, Dieu comme nos religions l'ont fait dans la tète du peuple, et non comme lui-même l'avait conçu. C'est cette idole grossière qui lui servit de cadre pour des couplets dont la morale, après tout, est plus en rapport avec l'Évangile que celle de nos jésuites intolérants. Marchangy le savait, mais c'était ce qu'il poursuivait dans la popularité de celte chanson. {Note de Béranget\)
LE VIEUÏ DRAPEAU
Note XCn.
La chanson du Vieux Drapeau, dans l'édition de 1821^ était précédée des lignes qui suivent :
« Cette chanson n'exprime que le vœu d'un soldat qui désire voir la Charte constitutionnellement placée sous la sauvegarde du drapeau de Fleurus, de Harengo et d'Austerlitz. Le même vœu a été exprimé à la tribune par plusieurs députés, et, entre autres, par M. le général Foy, dans une improvisation aussi noble qu'énergique. » (Note de Vf,diteur.)
Noie XCIII. — Au premier vers.
Béranger fut obligé de mettre en tète de sa chanson une note pour l'innocenter, s'il était possible. L'imprimeur, sans cela, ne voulait point l'admettre dans le recueil. Cette note n*empècha pas Marchangy d'en faire l'objet de ses plus vives attaques. L'auteur courait le risque de deux années d'emprisonnement, si l'avocat général avait gain de cause; mais M. Cottu, juge impartial aussi bien qu'écrivain politique dé-
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ratsoimable, fit observer à la cour qu'il y avait bien dans le
Code pénal de la presse provocation A la révoUe, port d'un i
itigne iéditieux; mais non provocation an port d'an signe se- i
ditieux. Cette subtilité eut du succès» et la chanson reconnue f
condamnable ue put être une cause de condamnation. Hais |
une autre loi de la presse lut faite, et Ton y inséra un article
relatif à la provocation au port d*un signe séditieux. i
Il est inutile peut-être de consigner des faits en eux-mè- \
mes si puérils : ils font apprécier une époque. )
Béranger n'oublia jamais l'obligation qu'il avait à Cottu, avec qui il était lié depuis longtemps et dont il estimait les qualités personnelles, en dépit des exagérations politiques de ce magistrat.
Comme la plupart des chansons de Béranger, la chanson du Vieux Drapeau avait couru avant qu'il la fit imprimer. D'autres prirent même le soin de la faire courir avant lui el un grand nombre d'exemplaires furent jetés dans les casernes. Le ministère s'en effraya. Un conseiller d*É(at attaché à rUniversité fut chargé de sermonner Tauteur, qui répéta, cette fois encore, qu'on pouvait lui ôter son emploi; mais c'est ce qu'on ne voulait pas faire, croyant toujours que la crainte de perdre son unique moyen d'existence l'empêcherait de donner une édition complète de ses chansons. 11 en est peu qui aient eu un succès aussi général que le Vieux Drapeau. {Note de Béranger.)