‹ Ma biographie: ouvrage posthumeChapitre 70 sur 71 · LE CINQ MAI · texte numérisé non relu

LE CINQ MAI

Noie C. — Au titre.

Jamais la chanson n'avait élevé ses prétentions si haut qu'en osant déplorer la mort du plus grand honune des temps modernes et peut-être des temps anciens , de celui qui avait à lui seul gagné autant de batailles qu'Alexandre et César, autant administré que Charlemagne et Louis XfV, et à qui nous devons un code civil, résumé de notre nouvelle posi-

lion sociale dont le bienfait compense à lui seul les maux (|uo les ennemis de Napoléon ont prétendu qu'il avait faits à la France.

L'auteiu* hésita longtemps s'il tenterait un pareil chant riuièbre. Une fois sou cadre déterminé, il crut devoir y faire entrer des Espagnols plutôt que tout autre peuple, parce que ceux-ci passaient pour avmr plus à se plaindre de Napoléon. Il ciiit donc, en les faisant participer à la douleur de l'exilé Fiançais à qui ils ont accordé le passage, exprimer mieux que par tout autre moyen combien les traitements odieux que ce «:i :ind homme avait eus à essuyer l'avaient rendu Tobjet de liittérét des peuples même qu'il passait pour avoir le plus opprimés.

On remarquera sans doute que le refrain est ici presque complètement isolé du couplet. 11 ne s'y rattache que par opposition, puisque Napoléon ajoutait à ses malheurs déjà si longs celui de mourir loin de sa pairie et du fils qui devait avoir SOS dernières pensées et qui aurait dû lui fermer les yeux. Ce refrain, ainsi détaché, est une imitation de la manière antique. Le chansonnier, qui ne savait pas plus de grec que de latin, avait cependant pour les ouvrages de la langue grecque une admiration si vive S qu'elle résista toujours au dégoût que devaient lui causer la plupart de nos traductions. {Note de Bérasiger.)

Page 1