‹ Ma biographie: ouvrage posthumeChapitre 71 sur 71 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Note Ci. — Au vers :

.Ulez, enfants, nés sons un autre règne.

Déranger voulait annoter toutes ses chansons, comme il « Voy. Ma Bloçrafhie, p. 77.

l'avait fait pour le recueil de 1821. Il a seulement laissé deux notes placées au dernier feuillet du tome 11 de Tédilion de 1881; elles se rapportent au troisième volume, qu*il publia on 1823 (Chansons nouvelles, in-18, inriprimerie de Plassan), et qu'il avait fait précéder d'une chanson-prérace. [Note de VÉditeur.)

Ce volume n'eut point le sort dos précédents ni de celui qui l'a suivi : on ne poursuivit point l'auteur. Il est vrai que ses libraires lui firent tant de chicanes sur les chansons dont il le composa, que, malgré son opiniâtreté, il fut obligé de céder qudquefois à leurs craintes et à leurs prières. Béranger a toujours soupçonné que Tun d'eux communiqua le manuscrit à la police. II avait d'ailleurs pré\ii que M. de Yilléle, toutpuissant alors, ne se soucierait pas de donner par un procès du relief à la publication. C'était au commencement du régne de Charles X, à qui on voulait faire une espèce de popularité : un procès fait à des chansons eût été une grosse maladresse. On prit donc ses mesin*es d'avance, et grand nombre de suppressions furent demandées par le libraire en question. II en est une, entre autres, qui fut l'objet d'une longue négociation : il s'agissait de faire disparaître le couplet d'envoi à Manuel qui termine la chanson des Esclaves gaulois. L'auteur fut inflexible, et le couplet resta.

Ce qu'il y eut de particulier, c'est que, Béranger ayant refusé de retrancher plusieurs vei^s dans différentes autres chansons, il fut obligé de se déclarer éditeur du volume, et que c'est à ce titre que le dépôt en fut fait sous son nom à la direction de la librairie.

Le libraire et l'imprimeur^ de leur autorité privée, n'en firent pas moins disparaître ces cinq ou six vers dans une moi-

(ié de rédition; il eu i^èsulla saisie d'exemplaires et procès pour vice de forme, procès qui eût dû être fail à Fauleur, éditeur déclaré; mais le parti était pris, cette fois, de iu\ pas le tourmenter, et il ne fut question que de Timprimeur en première instance et en appel, tandis que c'était réditetir qui, dans les règles, eût dû être mis en cause. Certes, si le ministre tout-puissant n*eût pas donné le mot d ordre, TafTaire ne se fût point passée ainsi; mais M. de Villèle n*avait point besoin, pour faire valoir son royalisme, de ti^acasser un pauvre auteur. Béranger Tavait prévu, et, comme il avait habitude de ]>roportionner son attaque au danger qui en pouvait résulter, cotte prévision ne contribua pas peu à le rendre plus facile aux exigences de ses libraires, pour les passages de ce volume où il ne vit pas une nécessité de résister aux craintes dont ils étaient obsédés. Au reste, ces corrections furent en très-petit nombre, et le volume, tel quH parut, suffit bien pour prouver que la prison n avait pas éteint dans le chansonnier les sentiments qui lui avaient mérité Thonneur d'une condamnation. Aussi les journaux ultra ne manquèrent-ils point de le dénoncer de nouveau à Tanimadversion du parquel et des juges; mais, malgré les plaintes des royalistes, le libraire seul eut un peu à soufTrir du zélo de MM. les magistrats. (Note de Béranger.)

Noie Cil.

Ali commencement du règne de Charles X, bon nombre 4le généraux de Tancienne armée et quantité de libéraux de tribune et de journaux se persuadèrent ou voulurent persuader à la nation que l'époque était arrivée d'un rapprochement entre elle et le trône légitime. Béranger ne tomba

DE BÉRANGEll. 3tn)

«pas dans cette erreur; mais il voulut la constater dans celte Préface. Au quatrième couplet, il indique ce qu'on devait redouter le plus, c'est-à-dire le jésuitisme. Par le dernier couplet, on'peut juger qu'il n'était pas complètement rassuré sur Jes bonnes intentions de l'autorité à son égard. Au reste, cotte préface était propre à détourner les coups qui pouvaioni le anenacer. (Note de Béranger.)

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