‹ Ma biographieChapitre 64 sur 71 · LOUIS XI · texte numérisé non relu

LOUIS XI

Note XCVll. — Au dernier vers.

Nous avons déjà dit (pie })lusieurs sujets que Déranger avait eu d'abord l'idée de traiter dans le genre de l'idylle étaient devenus plus tard des sujets de chansons. Voilà un de ces sujets.

Peut-être a-t-il gagné beaucoup à ce changement. Le refrain sort là du cadre même et le chant ne peut qu'ajouter à l'effet que le poëte a voulu produire : aussi a-t-il toujours regardé cette chanson comme une de ses meilleures.

Ceux qui, dans le temps, v ont cherché une allusion à Louis XVIH sont tombés dans une erreur qu'on abien souvent renouvelée à l'égard des productions de notre auteur. C'est un inconvénient auquel sont exposés les satiriques. On leur suppose souvent des intentions qu'ils n'ont pas, et le pul)lic,sur ce point, n'est pas plus raisonnable que MM. les avocats généraux et les procureurs du roi. {Note de Béranger.)

LES ADIEIX A LA (i LU IRE

Note XCVIlï. — .1 la date.

Le fond de misanthropie qu on peut remarquer dans cette chanson est justilié [lar l'apathie nationale qui existait àTépoque où elle fut faite et par les nombreuses défections que l'opposition eut à essaverde la part d'hommes qui sollicitèrent ou consentirent à recevoir les faveurs de la cour de Louis XVIII. On peut, entre autres, citer le général Rapp,qui fut décoré d'un titre de garde-robe. On conçoit qu'une fois que Béranger eut reconnu que les Bourbons ne pouvaient faire (pie le malheur delà France, il ait regardéavec une sorte de colère les hommes qui, en se rapprochant d'eux, diminuaient les forces du parti national. [ISote de Béranger.)

LES DEUX COUSLXS

Note XCIX. — Au tilre.

Le pcu[)le de Paris n'a jamais cru, bien généralement, à la

légitimité de la naissance du duc de Bordeaux. Le procès-verbal de raccoucliemcnt de la mère était propre à faire naître des doutes. Bien des personnes placés haut les ont eus. Lenf'ant du miracle pouvait être Tenfant de la fraude. On peut donc être surpris que Béranger n'ait pas misa profit ce côté de l'événement (pii prêtait si bien à la chanson; mais presque tous ses couplets politiques ont été le fruit de la réflexion. Il avait calculé qu'un jour ou l'autre cette famille serait renversée, et il ne croyait pas que cette enfant pût jamais arriver au trône. Il regardait donc comme utile qu'un rejeton de la race dite légitime existât quelque part, pour que celui qui serait appelé au trône, pai' suite d'événements probables, fût bien évidemment dans le cas d'usurpation au point de vue légitimiste, ce qui devait être avantageux au principe de la souveraineté populaire, principe que Béranger a toujours professé. C'était surtout dans le cas où la branche d'Orléans arriverait au trône que ce représentant de la légitimité paraissait nécessaire au chansonnier. Voilà ce qui le détermina à ne pas chicaner la naissance miraculeuse du duc de Bordeaux, au risque d'exposer sa chanson à être reçue plus froidement qu'elle ne l'aurait été, faite dans le sens qui eût le plus flatté la malignité publique. 11 ne faut pas croire que ce soit la seule fois qu'il ait soumis ses inspirations à un examen aussi approfondi.

Dans le second couplet il est question de l'eau du Jourdain, dont on prétend que M. de Chateaubriand offrit une fiole pour le baptême du roi de Rome, Le fait n'est peut-être pas exact : mais le trait qui en résulte est trop peu mordant pour qu'on ait cru nécessaire de s'assurer de la vérité historique.

Béranger n'a point cessé d'admirer le talent de l'auteur à'Atala et crut toujours (|u'on devait une sorte de respect à l'homme supérieur qui s'égare. Le parti royaliste n'usa jamais d'une pareille réserve: il faut en excepter M. de Chateaubriand,

DE BÉRÂNGER. 355

qui donna à cet égard de véritables preuves de supériorité. {Note de Béranger.)

Page 1