D’'ARRI
me que ien Ici, Jus rai
Chez les Artisans.
M. l'Administrateur, M. Le Président Général, Mesdames Messieurs,
On m'a demandé, à /a dernière heure, jeudi, je crois, de bien vouloir vous dire un mot, ce soir, comme Médecin des Artisans. N aturellement, j'ai £té tenté de refuser, parce qu’on ne m'avait pas donné le temps de me préparer ; mais on ne m'a même pas donné /a chance de le faire (de refuser) puisque je vois mon nom au programme pour une Causerie. Heureusement que vous venez d’entendre deux superbes discours; ça vous donnera la patience de m'écouter quelques minutes, en attendant les éloquentes paroles de M. l’abbé Auclair.—Donc, si j'arrive à la onzième heure —je me trompe, ce sont MM. les Directeurs qui m'ont demandé à la onzième heure—dans tous les Cas, que ça soit de ma faute ou de la leur, je compte sur votre bonne indulgence. D'ailleurs, il est bien entendu que je serai très- Court, car je ne veux pas vous faire perdre un temps précieux. Vous savez tous, du reste, que je suis plus habitué à faire avaler des pilules, voire même à extraire des dents, qu’à faire des discours.
Il y a quelques années, en 1804, il n'y avait que trois Artisans à Sherbrooke: MM. F. X. Boisvert, l’af. fable conducteur sur le Québec Central; Alfred Dion, notre habile Contracteur, et Philibert Morin, excellent
ouvrier de l'usine Long.—Ces messieurs étaient venus me demander d'être Je Médecin des Artisans ; je me rendis à leur désir, mais il fallait faire partie de la Socité pour avoir l'honneur de soigner, de guérir ou de Jaire mourir ses membres! Je fis donc un Voyage exprès pour me faire ex. atniner, et je revins avec mon certificat dans ma poche, Notre succursale s'était donc adjoint un quatrième membre CN wa personne, Pendant près de quatre ans, j'ai été le médecin de la Société, le secrétaire, le trésorier, peut-être même un peu chapelain, bien que je n'aie jamais reçut mon Celebret ! Après ce laps de temps, nous avons été réguliè. rement installés, comme succursale, avec un effectif de Auarante membres. Nous sommes Maintenant au-delà de 200; c'est un beau chiffre, quand on régaide autour de soi, ct qu’on constate le nombre toujours croissant des diverses sociétés de bienfaisance qui se sont implantées dans notre petite ville. Donc, depuis 1897, notre association a pris un nouvel essor, de nouveaux membres sont venus grossir nos Tangs, Comme vous voyez, et aujourd’hui nous sommes fiers de pouvoir faire une démonstration grandiose comme celle que nous allons clore ce scir, Nous avons le plaisir d'avoir parmi nous le Président.Général, M. Alfred Lambert, mon aini et €X-CoMpagnon d'études, l'énergique manufacturier de Montréal.
Sous son habile présidence, la Société des Artisans a pris un nouvel élan. I] n'aurait fait plaisir de revoir l'organisateur en chef, M, N apoléon Lachance, qui est appelé, à juste titre, le Père et le général des Artisans Canadiensfrançais du Canada et des Etats-Unis. Mais, que nous ap- Partenions aux Artisans, à l’Union St. Joseph, à l'Alliance Nationale, ou à n'importe quelle société, donnons-nous tous la main et ne nous jalousons jamais : union fait la force. À la veille de chômer notre grande et belle fête nationale,
Se
la St, Jean-Baptiste, &Toupons-nous sous la bannière de notre Saint Patron, Le 24 juin Prochain, il n'y aura plus d'Ar. tisans, de membres de l'Union St, Joseph, ni de Forestiers, mais il n'y aura que des Canadiens-français, avec la feuille d'érable à Ja boutonnière Pour emblème, et le castor industrieux comme modèle de notre travail journalier,
Le mot Artisan veut dire homme de métier, tel que menuisier, ouvrier, charpentier, peintre, etc., —c'est-à-dire homme de travail. —A ce titre, nous sommes tous artisans, puisque nous travaillons tous À Ja place que Lieu nous a assignée, Nous devons nous Compter, nous aider les uns les autres et savoir ous unir dans l’occasion.
Vous n'ignorez Pas, messieurs, que, depuis quelque temps, il se fait un mouvement pour élever ici même, À Sherbrooke, un édifice, un “Monument National,” si vous voulez, qui, à l'instar de ceux des grandes villes de notre Pays, sera pour tous les Canadiens un lieu de réunion, Nous avons déjà une Magnifique soinme de souscrite, dont une bonne partie est payée. Les directeurs du Syndicat du Monument National ont acheté l’école anglaise, connue sous le nom de “ Young Ladies Academy,” près de l'Evé. ché, du Séminaire, des Sœurs de Ja Sainte-Famille et du Nouveau palais de Justice. On ne pouvait choisir un plus beau site : à l'ombre du clocher qui domine notre belle petite ville! Nous Y Serons sous la protection de St. Jean- Baptiste, patron de notre nationalité, et sous l'égide de St. Michel, patron de notre paroisse, Nous aurons donc rien À craindre, tant que nous marcherons dans le chemin de l'honneur et du devoir, en fils Soumis de l'Eglise. Nous tâcherons de nous respecter toujours nous-mêmes, si nous voulons l'être par les autres races qui nous entourent et avec lesquelles nous devons vivre en bonne harmonie.
Soyons bons, justes, charitables les uns pour les autres ; et voici le moment d’être tout cela, car la direction du Monument National Compte sur tous les Canadiens-fran- Sais, et en particulier sur les artisans, pour faire cette œuvre belle et grande. Au-delà de quatre-vingt citoyens ont déjà souscris des parts de $r00—plusieurs de $25—et enfin de $ro.
Les directeurs se sont donc mis à la portée de toutes les bourses, afin que fous les Canadiens puissent se glorifier d’avoir fourni leur quote-part à cette œuvre nationale et patriotique. —Mai 1905.
Conférence au Séminaire,
Messieurs Les élèves,
Il est très-agréable, et même très-instructif, d'assister aux jolies séances qui se donnent ici sous les auspices de l’Académie St. Pierre.—Mais encore faut-il que le choix d’un conférencier tombe sur quelqu'un d’accoutumé aux joutes littéraires, qui a une belle diction et qui fait profession de parler en public. Malheureusement, ce soir, celui que vous voyez devant vous se croit tout à fait incapable de vous intéresser, malgré sa bonne volonté. Au commence-
périeur est revenu à la charge et in’a dit de me préparer à donner ma conférence non plus seulement devant vous, mais en présence de tout le Personnel du Collège et de quelques invités. Vous comprenez, messieurs, qu’un Pauvre médecin comme moi, plus habitué à vous faire avaler des pilules qu’à vous faire des conférences, devait hésiter de paraitre devant un auditoire d'élite comme celui que je vois ici ce soir. Et vraiment, il n’y a que l’obéissance que je dois à mon Supérieur, comme médecin du Collège, qui m'a décidé de le faire! Si M. le Supérieur n’a pas fait un choix judicieux du conférencier, il ne sera que juste, il me sem-
ble, qu'il partage ma disgrâce.— J'en appelle à votre tribu. nal !
Messieurs Les académiciens,
J'espère que ma Pauvre prose ne sera pas disséquée en tous sens, comme la vôtre et vos alexandrins, Par votre savant et infatigable Directeur, M. l'abbé Auclair, car je serais bien sûr de ne jainais posséder un fauteuil dans votre belle et florissante Académie St, Pierre ! Et ce pauvre Pi. TOn, qui mourut de dépit parce qu'il ne put entrer à l’Académie et qui, comme Vous savez, voulut qu'on gravât sur sa tombe :
à Ci-git Piron, Qui ne fut rien, Pas même académicien !
ne Connaissait assurément pas l’Académie St. Pierre, car il aurait désiré en faire partie. Pour moi, ina suprême ambition serait qu'on gravât sur la mienne :
Ci-git Dr. Rioux, Qui fit de tout,
Un peu chirurgien, Mêine académicien !
mm
La TUBERCULOSE, LA COXSOMPTION OU LA PHTHISIE, Messieurs,
Au sortir des mains de leur créateur, Adam et Eve ne Connaissaient pas les maux innombrables qui devaient affi. ger leurs infortunés descendants, — Je pense qu'ils se seraient abstenus de Manger du fwit défendu, s'ils les eussent connus! Ce ne fut qu'après leur chute funeste qu'ils se virent la
bu-
es: FT
proie des maladies de toutes sortes qui ravagent depuis sans pitié la grande famille humaine. Nous avons hérité d'eux, il n’y a pas de doute possible, et ils sont la Cause primordiale de tous nos malheurs. Et comme l'héritage fatal qu’ils nous ont légué est lourd À porter parfois! L'homme, qui se vante d'être le roi de la création, porte en lui les germes de toutes les maladies : les diathèses scrofuleuses, dartreuses, cancéreuses, phthisiques, etc., etc., les vices d'organisation,
nes qualités, Ah! l’atavisme! une génération semblera échapper quelquefois à l’hérédité morbide, mais les descendants de la troisième ou quatrième génération seront presque invariablement frappés. Pauvre nature humaine! ce n’était pas assez des disgrâces physiques, il fallait encore que tu fusses sujette aux dégradations morales, à Ja folie! Il fallait, pour mettre le comble à tes misères, que cette terrible maladie devint aussi héréditaire ! Dieu, dans sa justice, a frappé. l'ange révolté et l'a condamné à l'éternel châtiment! Il a aussi châtié l’homine déchu, mais, au moins, I lui a donné des armes pour se défendre ! Donc, plus heureux que Lucifer, l’être le plus parfait de Ja création, l’homme souffre quelque temps ici-bas, mais espère être récompensé dans l’autre vie.
Dès les premiers âges du monde, il est fait mention de plaies hideuses qui couvraient tout le COrps ; on a sans doute voulu parler de la lèpre. En remontant vêts notre époque, mais au-delà de quatre siècles avant Jésus-Christ, Hippocrate, le plus célèbre médecin de l'antiquité, avait déjà décrit les symptômes de la tuberculose, prescrit des remèdes assez semblables à ceux dont nous faisons usage de nos jours.
Galien, 200 ans plus tard, Técommandait l'air frais et Pur comme adjuvant au traitement de la consomption,
En 1550 de notre ère, Montani a décrit cette im ble maladie, ses Symptômes et u logue, sous plusieurs rapports, jourd’hui ; il dit que l’
placan mode de traitement anaà celui qui est en vogue au- Xpectoration, c’est-à-dire les crachats des tuberculeux Portent en eux les éléments de la contagion : il était Par conséquent certain que c'était une maladie qui pouvait se Communiquer. En 1750, un magistrat de Nancy ordonna que le linge et tous les effets appartenant à une Pauvre femme, morte de tuberculose, fussent brûlés sur la place publique! A Naples, un édit royal, pa- Tu en 1783, ordonnait l'isolement des Consomptifs et la désinfection de leurs habitations Par l'alcool, l'eau de mer et des fumigations de différentes sortes, sous peine d’être condamné aux galères pendant trois ans! Les magnifiques découvertes du Dr Allemand Kock, nous montrent que la nature de ce mal terrible est produite par de petits animalcules qu’on est convenu d’appeler de son nom, ou bacilles de Kock. Après de nombreuses expériences, Kock avait cru non seulement découvrir la cause de Ja tuberculose, mais aussi un séru:n qui devait attaquer l'ennemi dans sa forte. resse, c’est-à-dire les Poumons humains, I] fut même décoré par l’empereur d'Allemagne Pour sa prétendue belle découverte. —Malheureusement, hélas! ce
fameux sérum est déjà tombé dans oubli.
bacilles, Oui, c’est Pas-
mais la acable faucheuse, est venue trop tôt le ravir
bien que j'aie parlé de celui-ci le premier.
teur qui est le père de toutes ces belles découvertes, mort, cette impl
et
ER De
à l'amour des siens, À l’espoir de la profession médicale toute entière et à l'attente de l'humanité, qui avaient les yeux tournés vers la 77e lumière, ce beau Paris, où un de ses plus nobles enfants travaillait dans l'ombre pour la gloire de son pays! I] n’avait aucun titre flamboyant, lui, il n’a jamais été premier ministre comme l’habile Combes ; mais il a fait plus de bien dans son cabinet de chimiste, l’humble Savant, oui, il a fait plus de bien à la France et au monde
tout entier, que n’en Pourront jamais faire les Combes et consorts !...,
Un autre médecin éminent aussi, le Dr Marmoreck, a découvert le sérum anti-streptocoque. I] a travaillé longtemps sous les ordres de Pasteur, et ]a flamme divine qui brûlait dans le cerveau du maître s'est transmise à son disciple. Le Dr Marmoreck à présenté récemment à l’académie des sciences, à Paris toujours, les résultats de ses expériences pour le traitement de Ja tuberculose ; il s’est servi
d’un nouveau sérum qui lui a donné d'excellents résultats depuis un an.
Un jour, un message pressant, de l'empereur F rançois- Joseph d'Autriche, fut Téçu par Marmoreck (car il est Autrichien) qui était dans son laboratoire, Distrait Comme tous les Savants, Marmoreck, en manches de chemise, ne pense pas de mettre son paletot, saute dans une voiture, se fait con-
duire à la gare, prend le train de grande vitesse qui s’élance À toute vapeur
S savants ?
non, le inonde est leur Patrie, car ils travaillent pour l’hu- Manité toute entière! I] arrive à la capitale. —On lintroduit dans un laboratoire, où un jeune médecin venait d'être empoisonné en faisant des expériences, cinq ou six de ses aides étaient déjà dans les affres de l’agonie : aucun médecin viennois n'avait voulu courir les risques
de la contamination. Marmoreck, lui, sans peur devant le danger, pénètre dans l'appartement, injecte les compagnons du docteur défunt et a le bonheur de les rappeler tous à Ja vie! A sa sortie du laboratoire, la voiture de gala de l’emnpereur l’attendait à Ja porte ; les aides-de-camp de François- Joseph le font monter et le conduisent au palais. L’empereur lui serre la main, cette main encore souillée de sérum, et lui accroche à la poitrine la croix d'honneur! Voilà ce que doit toujours faire un vrai médecin ; rien ne doit l'arrêter: ni peste, ni picote, ni fièvre paludéenne, ni lèpre— rien ! le devoir l'appelle" En avant !” Il doit suivre l'ex. emple du prêtre et de la Sœur de Charité—ils doivent former, à eux trois, une espèce de Trinité, Pour faire un peu de bien ici-bas, aider les malheureux, et leur ‘ motto ” doit être : “Guérir Souvent, mais au moins soulager toujours,” —oui, soulager par un bon mot, une parole encouragement, un
simple sourire qui fait quelquefois plus de bien à l'infortuné que de longs discours !
À son retour d'Autriche, Marmoreck reçut une autre dépêche de l’abbesse d’un couvent de Normandie, pour aller traiter une jeune sœur qui se mourait de consomption. Il arrive au couvent, frappe à Ja porte.—On l'introduit près de la malade qui était recouverte d’un grand drap blanc qu’on eut plutôt pris pour un sSuaire ; la sœur qui conduisait le Docteur était également voilée. Marmorecl: voulut ,oir la figure de la moribonde, l’examiner, l’ausculter, mais la Supérieure lui dit qu’il ne pouvait pas même voir la figure de la malade—et que, d’ailleurs, aucun homine ne pénétrait jamais dans le Couvent. Marmoreck était perplexe. Mais enfin, dit-il, il faut absolument que je vois cette malade pour la traiter ou je retourne immédiatement à Paris; alors l’abbesse réunit son conseil et l'on décida de laisser faire le médecin. En soulevant le Suaire,
il vit une
Le: Rs | AE 2 2
espèce de squelette Couvert d’ulcères—i] Jui Pratiqua tout de même une injection de sérum, injection qu'il répéta du- Tant quelques jours. 1] ne quitta la Commune, où était si-
tué le couvent, que lorsqu'il s’aperçut que la sœur était sauvée !
J'ai foi en Marmoreck, mais il n’est pas encore péremptoirement prouvé que Son sérum guérisse tous les Cas. Pour ma part, —d’après ce que j'ai vu, lu et expérimenté, —;] me semble que si l’on pouvait faire pénétrer dans les pou- Mons, au moyen d'inhal détruire les bacilles, sans nuire aux malades, on aurait découvert un remède plus efficace que n'importe quel sérum S mais quand i] s'agirait de tuberculose des articulations, ou autres parties du corps, le sérum serait, dans ces cas, le meilleur remède, A part les sérums, les inhalations, etc., il y a les lois hygiéniques à observer, car il vaut mieux prévenir les maladies que les guérir, Vous parler d'hygiène (d’ailleurs, cet important sujet sera traité plus tard dans une autre causerie), tile, dis-je, de parier d'hygiène dans une maison hygiénique comme celle que vous habitez. Vous êtes dans une des plus
belles et des plus vastes institutions du genre dans le pays ; vos dortoirs sont Spacieux, bien éclairés, bien ventilés,—et c'est l'essentiel : vos salles d’études, de récréation, vos classes, la chapelle, etc., sont Presque parfaites au point de vue hygiénique. Les autorités de cette maison ont fait les plus grands sacrifices Pour vous rendre la vie agréable ici, et se proposent d'ajouter à ce beau séminaire, déjà si vaste, une aile ou addition, où vous aurez encore plus de confort Pour l’infirmerie et les salles à manger. Vous avez déjà un
je l’espère,) où vous Pouvez faire divers exercices qui développent vos muscles et donnent de la vigueur À tout votre
ES pe
Corps. Les messieurs du Séminaire ont de plus acheté une ferme, où vous allez prendre vos ébats, respirer l'air pur de la campagne, les jours de congé, chaque fois que le temps le permet.— A part cela, vous avez Mont-joie, sur les bords d’un petit lac enchanteur, Mont-Joyeux que MM. les finissants visitent à la fin de leur Cours.— Dites-moi, mes jeunes amis, y a-t-il dans la province de Québec, et inême dans tout le Canada, un seul collège qui puisse être comparé à celui de Sherbrooke >
Dans mon jeune temps, au Collège de Rimouski, —4 Je collège !”’—savez-vous ce qu’il était alors ? une vieille chapelle de pierre brute, dans laquelle nous étions entassés les uns sur les autres, comme des sardines dans une boîte. Le dortoir é:ait juché, oui juché est le mot, dans un comble pointu, avec de petites lucarnes par lesquelles pénétraient quelques rayons de soleil —et tout Je reste était à l'avenant. Le réfectoire, par exemple, était si bas, que les plus grands d’entre nous touchaient le plafond de la main, Vous cot1prenez, messieurs, que, dans un tel local, les microbes, les crobes et, en général, toutes les bébites, pour me servir d'une expression vulgaire, s’en donnaient à cœur-joie. Mais je crois que votre savant naturaliste, M. l'abbé Bégin, dont je ne veux pas blesser la modestie Pourtant, aurait pu classifier toutes ces petites bêtes ex omni gencre! (C'est bien changé depuis, car le Collège de Rimouski est maintenant un imposant édifice qui domine la ville et le majestueux St. Laurent. A Propos, Ça me rappelle une petite anecdocte de ce bon vieux temps :—Des mécréants, parmi les écoliers, s'étaient permis d'importer toute une colonie de petites bêtes, inconnues jusqu'alors au collège, et de faire de l’élevage sur une grande échelle, Comme un malheur n'arrive presque jamais seul, dit-on, outre que nous étions très-mal logés, et pas trop bien nourris, (je parle toujours du temps
Re a
passé) nous n'avions Pas, comme vous avez aujourd'hui, les belles vacances de Noël et du jour de l'An. J'étais petit bonhomme, dans le cours Commercial ; M. le Supérienr vint annoncer à l'étude que, comme les années précédentes, il n'y aurait pas de vacances : les élèves de la ville, seulement, auraient la permission d'aller dîner dans leur famille, après la grand'messe, et cela le jour de l'An même, On entendit aussitôt un bruit insolite, un frottement de pieds sur le plancher, en commençant par les bancs d’en arrière, où étaient assis MM. les philosophes ; et d’arrière en avant, le bruit se propagea tellement qu'on aurait dit les deux cents élèves pris tous ensemble de mouvements épileptiques. Vous comprenez si M. le Supérieur avait les yeux gros; il sortit de la salle sans ajouter un seul mot: c'était un homme d'esprit! mais le maître d'étude restait, un M. L., contre lequel personne ne regimbait, et gare à l'infortuné qui tombaït sous sa férule,— j'y ai goûté une fois et je m'en rappelle encore. A la récréation du Soir, tous les gros bonnets se réunirent dans un coin de la salle ; le sort des vacances de Noël, du jour de l'An et même des Rois avait probablement été décidé dans ce conciliabule, car on entendit tout à coup des éclats de rire et ces mots : Ça yest! “Motus!” Cé. tait le 15 décembre. MM. les philosophes gardèrent bien leur secret : on n’est pas philosophe pour rien! Dans ce temps-là, ces messieurs faisaient bande à part et les jeunes les craignaient autant si nou plus que les maîtres; aussi il fallait voir comme ils nous regardaient avec dédain : et ils
étaient loin de nous faire connaître leurs projets, je vous l’assure.
Mais on savait qu’il devait arriver quelque chose, car Pinault était à la tête du mouvement, —]e colonel Pinault, aujourd’hui sous-ministre de la milice à Ottawa. C'était déjà un colosse à cette Époque, et tout le monde le craignait,
ER
le, Pinault rencontre M. de Beaumont et lui dit d’une voix de stentor: ‘ Capitaine, prenez garde à vous! Beaumont, si tu as entendu ce que j'ai dit, n’en souffle pas un mot, ou je te casse le cou!”.... Il me semble encore voir ce pauvre M. Beaumont trembler de tous ses membres—et ;] répondit de sa voix grêle: “ Motus, lieutenant”, ...
Pendant plusieurs jours, tout marcha comme d’habitu. de au collège, chacun semblait avoir oublié les scènes des jours précédents ; mais voilà qu'au 22 décembre, Jes coquerelles firent leur apparition dans toutes les salles : au dortoir, à la chapelle, au réfectoire, partout. Impossible de manger ni boire; ces vilaines bêtes tombaient du plafond, qui était peu élevé, comme je vous l'ai dit,—tombaient, dis-je, dans les plats, le thé, etc. : c'était une vraie plaie d'Egypte; quoi! Les professeurs et les élèves ne Maugeaient plus ; que faire? On ne Connaissait pas de Poison pour détruire ces gros microbes d’un nouveau genre, et il fallait nécessairement les faire geler. —‘ Eureka !” le tour était joué !—Le lendemain de la fameuse scène de la salle d'étude, qui était un jour de Congé, Pinault et tous les externes étaient descendus à Ste, Luce, à trois lieues de la ville, où il y avait un petit moulin à cardes ; c’est là que les cultivateurs fai. saient préparer leur laine. Ce moulin était bondé de coquerelles ; les externes en remplirent plusieurs petites boîtes, qu'ils emportèrent, le lendemain, au collège et en distribuèreut des essaims dans tous les appartements. Quand M. le Supérieur s’aperçut de Ja chose, en homme intelligent qu'il était, il demanda un congé à Sa Grandeur Mgr Langevin,
qui l’accorda volontiers, depuis la veille de Noël jusqu’au lendemain des Rois,
Je disais donc, il ÿ a quelques instants, que vous habi. tez un collège superbe sous tous les apports, mais il faut que chacun y mette du sien et le cc. serve propre. Personne ne doit cracher Par terre, encore moins sur les murs ca se fait cependant. Imaginez-vous, maintenant, un écolier qui chique! Horreur! Y en a-til parmi vous? je Je crains ; je sais qu’il ÿY en a.—Au moment où je vous parle, si je pouvais faire ouvrir la bouche de plusieurs, peutêtre verrais-je de fameuses chiques ! — And for the benefit of a little bit of a man that I know, a mere child twelve years old, I say that tobacco is injurious to health !"”
Savez-vous que l'usage du tabac est contraire à votre santé? Un jeune homme ne devrait pas fumer avant vingt- Un ans, et encore vaut-il mieux ne jamais le faire. Quand le Rév. Père Girard était supérieur de cette maison, un jeune écolicr de Waterloo, je crois, avait avalé une chique. Tous les maîtres s'étaient coalisés pour le prendre en flagrant délit, mais le coquin savait toujours se tirer d'affaire. Cette fois, cependant, le Père Girard l'avait bel et bien surpris; malgré tout, le gaillard avala sa chique, et une grosse, je vous l’assure, une demi lorguelle, comme disent les vieux chiqueurs. Mais après quelque temps cet élève fut pris de crampes et de douleurs atroces d'estomac ; j'eus beaucoup de misère à le faire vomir, et il fut malade pendant plusieurs mois.
Morale: Fumez rarement, mais jamais avant vingt-un ans.
Quant à la chique, qu’il n’en soit jamais question, Surtout chez les jeunes, car elle altère encore plus la santé, affaiblit plus les poumons, assèche plus l'estomac, qu'elle
Prive du suc gastrique indispensable à la bonne disgestion, que la pipe. J'ai connu aussi un fumeur enragé, qui se cachait d'ins la cave du vieux collège Pour fumer ; coinme il y avait deux issues, quand M. le directeur le guettait Par une porte, l'élève se sauvait Par l'autre : à la fin, il finit
Par être pris, lui aussi, ce qui arrive toujours, du reste, quand on se cache pour mal] faire.
Ï y a vingt-un ans que je suis avec intérêt les progrès immenses qui se font chaque année pour améliorer l'état sanitaire de cette maison, On est presque arrivé à la perfection; ily a plusieurs externes qui peuvent confirmer ce que j'avance : n'est-il PAS Vrai que quelques-uns se trouvent inieux, quand ils sont au collège, que quand ils sont dans leurs propres familles ? J'en connais, mais Ja compagnie présente étant toujours exceptée, n’en parlons plus, et suivez-moi un instant dans un des pauvres logements de Sherbrooke, JT n’y a pas bien longtemps, je soignais un pauvre homme, jeune encore, —il a à peine trente ans, — mais l'infortuné va infailliblement mourir de Consomption. Il habite sous un toit, au troisième étage d’une maison, deux mauvais apparte-
inents, dont l’un sert de Cuisine, de salle à manger, de cham- » En Un mot, de tout ce que vous voudrez, — l'autre pièce étant trop froide pour être habitée pendant l’hiver rigoureux que nous avons eu. Cette cuisine a à peu près quatorze pieds carrés ; il y a le poêle au centre, une table boiteuse dans un Coin, une mai Un autre et une paillasse sale, par terre, dans le troisième, sert de lit aux trois eufants. La pauvre mère, voyant son mari malade, va laver à la journée autant que ses forces le lui Permettent, car elle aussi, la malheureuse, finira par la Consomption, et ses trois enfants seront des tuberculeux ! Quel tableau déchirant! mes jeunes amis, lorsque sans feu, Sans pain, un homme entend ces mots: « Papa, j'ai froid,
j'ai faim!” Je n'exagère pas, il y a en ville des pauvres honteux qui aiment mieux souffrir que mendier,
J'ai vu de ces scènes douloureuses pendant les grands froids que nous venons d'avoir. La St. Vincent de Pau] fait son gros possible, mais ne peut cependant soulager toutes les souffrances : d’ailleurs, il y en a qui lui sont in. connues, Comment voulez-vous que cette pauvre famille ne finisse pas toute par la tuberculose, dans de telles conditions hygiéniques ?
Remerciez donc la Providence de vous avoir fait naître de parents plus fortunés, qui vous font instruire ici, où vous avez tout le confort possible : nne nourriture abondante et saine ; des exercices variés qui développent vos corps, en même temps que vous receve: une instruction solide, qui fera de vous plus tard des hommes vaillants—wens sara in Corpore sano—des hommes prêts toujours à marcher dans le chemin de l'honneur ! Laissez-moi vous répéter encore ce qu'on vous a dit si souvent : « Vous appartenez À une race noble et fière,” aPpreuez pendant que vous êtes sous ce toit À vous respecter Vois-mêmes et À respecter |: autres ; de cette façon, vous Pourrez sans hont porte: la tête haute et l'on dira de vous : “Ce jeune homme a reçu une instruction soignée au Collège de Sherbrooke, qui ne le cède en rien aux autres maisons de ce genre sur ce continent.” Il ne faut pas non plus négliger l’éducation, qui doit marcher de pair avec l'instruction. La première, il est vrai, s’acquiert suriout sur les genoux de la mère et dans la famille, mais doit se perfectionner au collège. Le Rév. M. Roy,
€x-supérieur de cette belle institution, me disait encore, l’année dernière, dans une visite que j'eus le plaisir de lui faire : “C'est consolant, Docteur, de voir comme les jeunes gens qui font leur cours À o/re collège font des hommes, une fois lancés dans le monde ! ” Entendez-vous? M. Roy di-
sait: “ Notre collège ; *” il l'aimait tant son collège, aussi. Il est exilé, oui, exilé volontairement, bien entendu, mais il pense toujours à ses confrères qui sont restés sur la brè. che pour continuer son œuvre ; il pense toujours à ses chers enfants pour lesquels il a bien souvent donné son maigre salaire de $10.00 Par mois, avant même qu’il fut gagné! C'était un cœur d'apôtre et de père; il était un disciple de Mgr Kniepp, le grand Promoteur de la cure d'eau. A. Propos, cette cure d’eau a du bon, mais il ne faut pas en abuser.—(Ça me rappelle un petit incident: M. Roy portait et Porte encore la toile TeCcommandée par le bon Père Kniepp, et il avait même essayé de marcher sur la neige, pieds nus ; il en fut quitte Pour une fameuse bronchite. Quelques élèves essayèrent de limiter ; mal leur en pris : deux ou trois se gelèrent les pieds tellement. que je fus obligé de les envoyer à l'hôpital. — Vous Voyez par là que les excès sont
NS
Je vous ai dit que l’usage du tabac était nuisible à la santé, surtout chez les jeunes ; que dirais-je donc de la boisson? Ah!le premier u’est qu’un défaut, mais le second conduit à une passion brutale, qui ruine à la fois l'âme et le corps! Il n’est peut-être pas très-utile de vous en parler, du moins Pour le moment, mais vous êtes jeunes et l’on prend vite le goût des mauvaises choses ; c’est à votre âge
chétif, courbé, rachitique, Stupide, qui n’est déjà plus, à vingt ou vingt-cinq ans, qu’une espèce de Squelette ambulant! L'abus de soi-même, la cigarette et l'alcool font de ces jeunes gens des épaves humaines, de Jeunes vieillards ! Ah ! si jeunesse savait et si vieillesse pouvait! Mais non, la jeunesse s'éveille radieuse, s’'épanouit un instant aux beautés de Ja vie, mais bientôt elle est défigurée par les vi.
ussi.
nais brèhers igre ué !
(ple
A ie
bu-
et PP; 1S ; 1es ois nt
ER ss
ces de toutes sortes qui affigent la pauvre nature humaine ! Malheur! Ah! oui, mille fois malheur et malédiction à ce grand élève qui enseigne le mal à un petit compagnon de dix, douze à quinze ans! J'appuie sur ce point, si répu- Snaut pourtant, parce que l'abus dont je vous parle conduit fatalement à la Consomption. Ah! j'aime à croire que tous les élèves du Collège de Sherbrooke sont de bons enfants, et qu’il n’y a pas de brcbis Saleuses parmi eux! Si] y en a eu, ils ont été chassés ignominieusement !
D'après de récentes statistiques, il est prouvé que la Consomption (ainsi que toutes les formes de la tuberculose, ) est, en Canada, la cause d’une mort sur huit—et, qu'entre tous les décès qui ont lieu entre l’âge de quinze à trentecinq ans, près de la moitié sont dûs à la consomption! On a calculé qu’il y a dans ce Pays trente à quarante mille persounes qui en souffrent !.,.... u'est-ce pas effrayant ? et cependant la Consomption est une maladie que l’on peut prévenir.
Parmi les maladies qui affligent les humains, il ny en a peut-être pas de plus traîtresse que la phthisie, qui pénètre insidieusement en nous de différentes manières, et même par l’air ambiant que nous respirons. Elle ne nous avertit pas de son approche et ce n'est, bien souvent, que lorsqu'elle est confortablement installée dans la place, que nous nous apercevons de sa présence. Aussi, alors, est-il très difficile de l'en déloger. Prenez une plaie externe, si mauvaise qu'elle soit, on peut toujours la combattre efficacement, parce qu'on la voit, on la seut, on la touche; mais la plaie blanche, elle, est invisible, la sournoise : elle accomplit son œuvre de mort, pour ainsi dire, À notre insu, et l'espérance est si bien ancrée au cœur de l'homme, que les consomptifs
su
espèrent jusqu'à la fin et font même des Projets d'avenir jusqu'aux deraiers moments !
Entr’autres, j'ai revu ici, il y a quelque quinze ans, une femme de mon pays, de là-bas, des bords du St. Laurent. Son mari s'était fait tué dans un accident de chemin de fer; la Pauvrette, que je connaissais depuis mon enfance, Puisque nous étions du même village, était restée veuve avec deux jeunes enfants : Un garÇon et une fille, Elle était montée à Sherbrooke, avec ses adolescents qu’elle plaça un peu plus tard dans les manufactures. Mais bientôt la cc "somption - ces deux pauvres petits, accoutuinés aux Éémanations salines de notre beau fleuve ; ils étaient venus s'étioler dans les usines! Je les vis moutir l’un après l’autre dans les bras de leur Pauvre mère éplorée.— La fillette partit la première. —Oh ! je m'en rappelle comme si c'était hier. A Ja mort du garçon, la mère affolée nous dit (le Dr Paré, de douce mémoire, était présent) : ‘Mes chers Docteurs, je vais donc rester seule au monde ! Sauvez au moins mon fils, ma pauvre petite fille, ma Jeanné, est partie il y a à peine un an!” Le jeune homme, qui n'avait que seize ans, fut admirable en cette circonstance. Il tachait de consoler sa mère et lui disait: « Allons, maman chérie, ne pleure Pas—je ne mourrai Pas, je vais rester avec toi, et nous irons passer l'été chez nous, c'est 1à que
mes forces reviendront, puis je travaillerai bien pour toi, 1»
va !
Que dire à cette Pauvre femme? Les mots de consolation nous montent bien au cœur, à nous aussi, allez ! mais enfin, c’est plutôt au prêtre qu’il incombe de consoler. Je fis demander en toute hâte le bon et vénérable Grand Vicaire, le Rév. M. Dufresne, qui, lui aussi, repose là-bas à côté de son vieil ami, le Dr Paré.— Comme ils ont fait du bien ensemble, ces deux braves CŒUTS, et comme ils doivent être heureux
là-haut pendant que leur enveloppe mortelle repose paisiblement sur le Coteau, en attendant la résurrection !.... M. Dufresne arriva quelques instants après et, d’un coup d'œil, il se rendit compte de la scène angoissante qui se passait dans l’humble logis de la pauvre veuve, qu'il avait appris à aimer et à admirer. Cette infortunée, qui était réduite à la misère, avait connu de meilleurs jours ; elle possédait une instruction solide et avait été très-bien élevée. Il ne put, lui non plus, lui dire un mot de consolation ; son dernier enfant agonisait, enlevé à Ja fleur de l’âge par la con- “omption! Ilse contenta de placer, d’une Main, son crucifix sur les lèvres du moribond, pendant que, de l’autre, il
montrait le ciel à la mère désolée, et deux grosses larmes
coulaient lentement de ses paupières! J’ai rencontré cette brave femme, il y a trois ans; elle porte maintenant le nom de Sœur du Calvaire, dans un de nos Couvents canadiens.
Je vous ai dit, il me semble, que la phthisie se contracte par l’introduction dans l'économie d’un germe ou microbe, ce qui a lieu surtout par inhalation. Des conditions trèsvariées rendent le système susceptible à l'invasion de ce bacille : telles sont, par exemple, un trop grand : ombre de Petsonnes qui habitent des aPpartements sales, obscurs, mal ventilés ; une nourriture mauvaise ou insuffisante ; l’abus de la boisson, de Ja cigarette (du tabac en général), et surtout l’abus de soi-même, et une foule d’autres excès ; les maladies qui affaiblissent la constitution et diminuent ainsi la capacité de résistance. On rencontre ces germes dans les crachats dessèchés des consomptifs : ces microbes pro-
viennent uniquement des Personnes atteintes de consomption.
Les expectorations où crachats des tuberculeux n'infectent pas l'air tant qu’ils sont humides, mais quand ils sèchent, ils se répandent alors Partout sous formes de micro-
PS de
bes ou bacilles. 1] est donc urgent de placer des crachoirs en différents endroits, dans les salles d'étude, les classes, les salles de récréation, etc. Ces crachoirs doivent être à demi remplis d'eau Contenant un peu de chlorure de chaux, de sulphate de cuivre, d’acide carbolique, etc., afin que ceux qui crachent puissent le faire dans ces récipients.
Il est bien entendu que, quiconque souffre de consomption serait mieux dans un Sanatorium, espèce d'hôpital pour les tuberculeux, mais il en faudrait au moins un dans chaque municipalité, entretenu à ses frais, et peut-être subventionné par l’état. Nous n’en avons que deux ou trois, aujourd’hui, dans tout le Canada, et il n’y a guère q… les riches qui peuvent s’y faire traiter, car comment voulez-
Consomption (qui peut se vanter de ne pas l'être ?) doivent bien se garder de cracher par terre dans la maison, dans les voitures, les chars ou autres véhicules. — A New-York, par exemple, on affiche, dans les chars urbains, que les gens qui
$500.00 ; c’est un peu raide, si vous voulez. — Les consomptifs ne doivent cracher nulle part ailleurs que dans un crachoir contenant un peu d’eau, comme je vous l'ai dit, A défaut de crachoirs Convenables, il faut bien qils crachent dans leurs mouchoirs ; mais il serait mieux de le faire dans Nn morceau de chiffon ou de Papier que l’on ferait brûler ensuite, Une Personne en consomption ne doit ni donner ni recevoir de baisers sur la bouche et, quand elle tousse, elle devrait toujours placer son mouchoir sur ses lèvres, afin de ne pas le faire dans la direction d’une autre personne,
Maintenant, voici quelques précautions générales à
ER
prendre, et je termine. 11 fant vivre autant que possible en plein air, au soleiy, A New-York, encore, il y a entre autres, un hôpital pour les tuberculeux, où ceux-ci sont pour ainsi dire saturés par les rayons du soleil qui pénètrent en abondance dans l'édifice par d'immenses fenêtres. 1] ya même de grosses lentilles qui font Converger les rayons luimineux vers les poumons. Le toit de cet hôpital est un véritable jardin ; les tuberculeux y passent les trois-quarts de leur temps, soit à lire, à faire de la gymnastique ou autres exercices. Donc, que toutes les chainbres, occupées par des personnes en Consomption ou non, soient aussi bien éclairées et ventilées que possible,
L'air frais et pur, la lumière et le soleil sont autant de préventifs de la Consomption. Il y a danger, pour une personne saine, de coucher dans la même chambre avec une personne tuberculeuse. Il faut autant que possible, surtout en été, tenir les cheminées et les fenêtres ouvertes; la plus grande propreté doit toujours régner aux alentours d’une habitation, tant pour la guérison que pour la prévention de la phthisie. Il faut toujours bien mouiller les planchers avant de les balayer, afin de ne pas faire lever ni voler les poussières, On ne doit jamais se servir d’une chambre qui a été occupée par une personne en cousomption, sans auparavant l’avoir bien désinfectée, comme on fait du reste pour la diphthérie, la picote, etc.
Si quelques-uns d'entre vous étaient tentés de se dé- Courager, parce qu'ils toussent un peu ou qu'ils se sentent faibles, qu’ils reprennent Courage, car moi qui vous parle, ai pensé plus d’une fois mourir de consomption. A mon arrivée en cette ville, il y a vingt-un ans, c'est à peine si je pouvais me traîner. J'attribue ma guérison, au moins passagère, (et c’est assez long, une guérison passagère de vingt-
j'ai faites, les deux pre- Je n'avais Pas voulu achede faire mes visites dé ville
Tes armes que la science nous procure, inais Combien, hélas ! sont Partis pour le £&rand au-delà d'où l'on ne revient plus! Même ici, au collège, plusieurs élè-
un ans ; récemment encore, deux ‘âge, à l'amour La mort
; elle laisse 1à des vieillards infirmes, décrépits, e» enfance, tandis qu’ell
un jeune homme, l'espoir et 1’ il faut toujours se soumettre seul dit à Ja mort :
sérmons, voyez-vous, et it souffrir, qu’il a par-
Si les quelques conseils que je vous ai donnés peuvent Vous aider à finir l’année scolaire Sans fumer, et surtout Sans chiquer, je serai fier de moi et surtout de vous. J'es-
père que vous suivrez mes avis, même Pendant vos vacan-
ces, et que vous nous reviendrez €n septembre plus gais et plus dispos.
moi vous dire un petit à la fin de l’année, il me sem-
part; je vous avoue cette faiblesse : je trouve les Vacances longues, moi, bien enten-
du. Je suis habitué à en taquiner quelques-uns d’entre vous; j'ai le plaisir d’en voir plusieurs chaque jour : ausbon ménage et j'es- Comme par le passé,
secret: quand vous partez
si il faut avouer que nous faisons assez père qu’à l'avenir, nous Continuerons, à être de bons amis
Quelques observations sur la
Tuberculose, l’'Hygiène et les Rayons X.