‹ Ma cadette [microforme]Chapitre 5 sur 12 · GUE · texte numérisé non relu

GUE

morts précoces qui senaient le deuil, la désolation et le désespoir dans nombre de familles ! Et ce n’est pas d'hier que cette épouvantable maladie se promène en vainqueur sur toute la surface de la petite planète que nous habitons —<Car depuis la création du monde, il est fait mention, à différentes époques, de ce fléau qui tue chaque année un plus grand nombre d'individus que la guerre et toutes les autres maladies réunies. — Plusieurs savants ont fait de suprêmes efforts pour enrayer ce mal, qui semble indélogeable une fois qu'il a pénétré dans la forteresse humaine, le poumon,

Tous les sérums inventés jusqu’à nos jours, dont quelques-uns avaient pourtant donné de si belles espérances, sont tous venus, comme les autres remèdes préconisés au Paravant, faire un triste naufrage à ses pieds... Et, quoi donc ! faudra-t-il s'avouer vaincus parceque, jusqu'à présent, ni l’huile de foie de morue, ni les hypophosphites, ni la créosote et /uiti guanti, ni même les sérums, n'auront pu arrêter les ravages causés par la consomption ? Non, mille fois non! Médecins, mes chers confrères, donnons-nous la main pour prévenir, pour empêcher d'entrer dans la place cet ennemi caché, qui est d'autant plus à craindre qu'il y pénètre à notre insu en Sournois et en traître. S'i} atta. quait en face ceux que nous avons mission de défendre, de protéger, de guérir, oh! alors nous serions forts comine le chirurgien qui taille, qui retranche, qui coupe avec Je fer, avec le feu, et qui, s'il est vaincu, peut dire au moins qu'il a défendu le terrain pied par pied, pouce par pouce, ligne par ligne, et ajouter, comme autrefois Henri IV: “ J'ai tout perdu, jrs l'honneur ! ” Mais non, le pauvre médecin, lui, né peut pas même se rendre ce témoignage dans son âme et conscience, car il n’a Pas même d'armes pour combattre et il fait volte-face honteusement devant cette grande enne-

mie du genre humain. ++. N'est-ce pas humiliant ?—Qu'al. lons-nous donc faire ? allons-nous cesser le combat et déser. ter en lâches le grand champ de bataille qui s'étend, s'étend toujours, qui encercle, qui meurtri dans ses serres hideuses le globe tout entier?.... Non, encore une fois, non! nous aurons des armes inégales, il est vrai, mais au moins nous combattrons jusqu’au bout, e» braves ; nous prônerons par. tout les lois de l'hygiène, nous tâcherons de saper par sa base ce géant qui fait tant de victimes autour de nous et même dans nos familles. Pour cela, messieurs, jurons une haine implacable à l’alcohol et À la cigarette : victimes ces deux agents seuls ne font-ils pas ? de la débauche, de l'abus des plaisirs ; combi ruinent par les excès de tous genres ? Ah!

vous savez que cet abus conduit fatalement à la consomptio

n, Mettons les

sons-les des suites funestes de tout abus en général, et de , de la cigarette, et surtout, oui surtout, Il y a bien l'atavis.

me—voyez ces petits malheureux qu'on rencontre surtout dans les grandes villes. —Ah! ceux-là ont bien hérité des vices des auteurs de leurs jours, mais enfin ;

tissements, Parviendrons-nous à remettre d leure voie la génération présente, qui aura d plus vigoureux, pius forts, plus aptes à leur des êtres non déjà viciés dès leur formation,

à force d’aver.

ans une meil.

es descendants tour à procréer

S’il incombe aux prêtres, aux tainistres des différentes religions, de fulminer contre Je vice du haut de la chaire sacrée, comme Mmoralistes, il incomb

comme hygiènistes, de dénonce

je devrais dire aux nombreux ennemis qui nous environ. nent, tels que, par exemple : les logements trop étroits, sales, infects, que d'avares Propriétaires emplissent de chair humaine sans s'occuper de l'hygiène, Pourvu que ça paie! Je connais de ces richards qui se bouchent le nez Pour ne pas respirer les miasmes impurs qui s'échappent des cloaques qu'ils louent deux, trois À quatre piastres par mois ; qui se bouchent le nez d’une main, dis-je, et qui grappent l'argent de l’autre... voilà une source féconde où fourmillent en toute liberté les microbes de tous genres et même les bacilles de Koch. Allons ensemble, ou allez seuls visiter quelques usines et les taudis dont je viens de parler, (il y en a dans toutes les villes) et tâchons de faire entendre raison à ces propriétaires sans entrailles.

Une autre source de dangers—et celle-là pénètre aussi bien dans les Palais dorés que dans les chaumières, je n’exagère pas—c'est une ennemie qui entre cffrontément chez vous, chez moi, en plein jour, Par un beau soleil, comme la pluie et la tempête; devinez-vous ce que c'est? Ce que cest ? mais c’est la nourriture du riche et du Pauvre : c'est le pain pétri bien souvent par des tuberculeux, par des syphilitiques, par des mains couvertes d’exzéma ; c’est ce pain transporté sur des voitures sales, exposé à tous les microbes de l'air ambiant ; ce pain, notre nourriture première, distribué par des mains ordurières qui conduisent la voiture, etc., etc.; ce pain mis en Contact avec un habit crasseux qui se frotte sans cesse au cheval. Voilà un abus criant qui révolte! I] y a des boulangers propres; j'en connais, donc je n’en doute Pas—mais on ne guide pas impunément son cheval sans se salir les mains—et je suis con-

11 devrait aussi avoir Un costume spécial de toile blanche et des gants s9em * Un panier d'osier recouvert d'une toile cirée immaculée ; tout son pain devrait être enfermé dans dans une voiture bien propre, également doublée d’une étoffe blanche quelconque, et non Pas exposé en dessus, voi. là! Toutes les boulangeries et Pâtisseries devraient être

En observant bien ces quelques règles de l'hygiène et toutes celles que vous connaissez déjà comme moi, nous parviendrons Peut-être à réduire Je nombre toujours croissant des tuberculeux : i] vaut mieux prévenir la maladie que la guérir, n’est.il pas vrai ?

Encore un mot et je termine, Nous avons un agent mystérieux avec lequel on a déjà commencé à faire des expériences qui ont donné d'assez bons résultats jusqu'à présent: je veux parler des rayons X,

Le Dr Béclerc, de l'hôpital St. Antoine À Paris, a une foi illimitée dans ce nouvel agent thérapeutique, Je l'ai vu à l'œuvre; c’est Un Croyant dans son art.

Le Dr Morton, du Post Graduate, de N ew-York, est son digne émule ; j'ai également suivi ses cliniques avec beaucoup d'intérêt. Au Polyclinique de Rome, immense hôpital à Pavillons, on a aussi un département spécial où l'on fait de la radiographie, de l'électro-hydrothérapie et toutes espèces d'expériences sur une haute échelle.

Nous nous sommes servis des rayons X, à l’hôpital du Sacré-Cœur, à Sherbrooke, dans des Cas de goître et d’exos-

et je crois que nous aurions obtenu une guérison complète, si le traitement avait été continué plus longtemps.

On dit que les rayons X dirigés sur les cellules des poumons tuberculeux, surtout au début, détruisent les bacilles de Koch: espérons qu'il en est ainsi. Je les ai vu employer à Rome; je me Propose de m'en servir à la prochaine oc-

casion, à l'hôpital, et je vous en ferai connaître les résultats.

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Conférence au Séminaire.

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