UN PEU DE TOUT ET D'HYGIÈNE
Monsieur le Supérieur, Messieurs,
Le peu de bien que je vous ai fait l’année dernière, la bienveillance avec laquelle vous m'avez Teçu ma encouragé
à venir de nouveau Vous entretenir d’un sujet d’une extréme importance : l'hygiène.
Suërre est horrible en soi—n détails navrants ; Maïs des loi moins les différentes phases,
ous en lisons tous les jours les s internationales en règlent au et on ue, on égorge, méthodiquement, si je peux m'exprimer ainsi—Jes malins diront peut-être : c’est à peu près la manière de faire des médecins! mais Passons ; d’ailleurs, il n'y a guère plus de deux nations aux prises à la fois, tandis que la #/aie Glanche, elle, s'attaque à tous les peuples, elle pénètre partout, aussi bien dans les palais que dans les chaumières. Des milliers d’étres humains, à la fleur de l’âge, née par
u que nous habitons :
J'ai beau chercher une rivaleàlac trouve pas; la guerre est affreuse
» Vous le savez comme
EN De
moi, et on invente chaque jour des engins plus destructeurs les uns que les autrs afin d'en finir plus vite avec ses ennemis: malgré trtuit ceia, la Consomption ou la tuberculose fait plus de ra ages que la gv.rre et toutes les maladies réunies.—Nous & ions donc voir ensemble les moyens Jes plus efficaces de not: prémnnir contre cette épouvantable ennemie du genre humain.
L'HYGIÈNE.— Hygiène veut dire se bien porter —en deux mots, c’est l’art de conserver sa santé—et pour cela il s’agit tout simplement de bin faire chaque jour ce que nous faisons, pas autre chose. Voici deux écoliers, par exemple, qui sont sensés se lever à la même heure, prendre les mêmes repas, faire les mêmes devoirs, les mêmes exercices, suivre les mêmes règlements. Comment se fait-il que l’un se porte toujours bien et que l’autre soit toujours malade ? ça peut dépendre de la différence de tempérament, je le concède—de l’idiosyncrasie ou prédispositions différentes d’un chacun, —mais, le plus souvent, l’un fait bien ce qu'il doit faire, va droit au but, est toujours content, toujours gai: la gaieté c’est la santé—tandis que l’autre louvoie, s’échappe par la tangente, est toujours en retard, il manque d'ordre en tout et partout. Il faut être Spartiate, mes jeunes amis, c’est-à-dire s’accoutumer à l’endurance. Il faut avoir son petit caractère ; j'aime mieux un garçon décidé, mais droit, qu’un garçon mou et efféminé. Il faut endurer les contrariétés, les misères inhérentes à notre pauvre nature humaine et qu’on rencontre partout. Ici comme ailleurs donc, vous aurez vos petites misères—je dis petites, avec intention, car des écoliers n’eu ont point d’autres au collège. —C'est plus tard, quand ils seront lancés dans le monde, qu’ils s’apercevront que la vie d'étudiant était encore la plus belle. Il n'y a que quelques années, il me semble, j'étais comme vous au collège, ayant pour profes-
seurs des hommes instruits et dévoués comme les vôtres, dont la plupart dorment déjà leur dernier sommeil, J'étais
tour. Oh! quel beau temps que celui d’écolier ; gentille insouciance de ma jeunesse, où êtes-vous allée? De nombreux fils argentés parsèment ma chevelure d'ébène d’autrefois; ils m'avertissent, quand je les regarde, que la vieillesse est déjà arrivée, que la décrépitude commencera bientôt. Si je pouvais revenir sur mes Pas, revivre cette belle vie d'étudiant qui, hélas’! passe si vite, et que je n'ai peutêtre pas assez appréciée, moi non plus; mais non, il faut avancer toujours : vains regrets, fol espoir, marche mon ami, cède ta place aux jeunes! Oui, cède ta place à cette joyeuse jeunesse qui S’avance, le sourire aux lèvres, et qui nous jette en passant un regard narquois qui semble dire: Allons! place, vous êtes déjà une antiquité, Et Cependant, il me semble qu’hier j'étais Comme vous, tant le temps fuit rapi. dement. (Cest Pourquoi on le représente (le temps) par un cercle avec des ailes, pour nous Montrer sa rapidité ver-
tigineuse, .., A peine commence-t-on Ja vie qu'on la sent déjà finir!....
Je voudrais redevenir écolier pour un jour seule. ment, quitte À faire des Pensums, à copier le même verbe vingt fois, voire même à me mettre à genoux dans un coin de la salle—et que sais-je encore? nos bons maîtres ont tant d’inventions plus pratiques les uns que les autres pour redresser, pour mater Ja jeunesse pleine de sève qui se cabre si souvent contre l'autorité! De mon temps, il y avait ce qu’on appelait la chambre des tortures—les plus grands, les savants, les philosophes, l’appelaient la salle d’inquisition. I] Y avait là une férule de quatre pieds de longueur sur un