CHAPITRE III
il me soit donné de pouvoir, dans ma patrie, pratiquer ma religion sans entraves, et surtout sans danger pour le prêtre qui aura ma confiance.
En attendant, je vivrai d’espoir dans cet exil volontaire et que vous bénissez sans doute. Il est probable que bientôt mon secret se divulguera; j’en serai heureux, mille fois heureux, si telle est votre volonté. Et alors, si parmi mes compatriotes il s’en trouve qui croient devoir me blâmer, je vous prierai pour eux, et dans toute la simplicité de mon cœur, avec cette confiance qui naît de la certitude, je demanderai à leur bonne foi si j’eusse mieux fait de refouler ma conviction dans mon cœur; si je devais mentir à moi-même ; si je devais vous tromper, ô mon Dieu ! Renoncer à la vérité que l’on connaît, ou ne pas l’embrasser, est une lâcheté, un crime, que votre justice poursuit jusqu’au jour heureux du repentir et de la réconciliation.
Seigneur ! encore une grâce, et une grâce que vous désirez m’accorder. J’aime ma patrie, j’aime mes frères, vous le savez ; mais l’amour n’est heureux que si son bonheur est partagé. Faites donc, ô mon Dieu ! que d’autres âmes éprouvent aussi cette félicité dont je suis rempli ; beaucoup d’autres âmes; celles surtout qui me sont si chères! Vous les connaissez : elles sont séparées de l’Église !.... Père saint, vous pouvez les toucher; divin Pasteur,
RETOUR
vous pouvez les rapporter au bercail ; Amour, vous pouvez les embraser de votre feu. Ouvrez-leur vos bras, pressez-les sur votre sein, et qu’elles puissent, consommées dans votre sainte unité, goûter le bonheur que je goûte et espérer celui que j’espère.
Marie, refuge des pécheurs, espérance des désespérés, priez pour elles ! Alléluia.