‹ Ma conversion et ma vocationChapitre 203 sur 203 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

cellent ami , réjouissons-nous. Vous allez recevoir le sacerdoce, et il vous aura été donné pour l’éternité! Montez, montez avec confiance, tous les jours, au saint autel : nul n’en est digne. Nos profondes misères nous repousseraient, mais l’abîme appelle Vabîme. Jetons-nous dans cet océan de la miséricorde infinie de Notre-Seigneur. Il absorbe tout et renouvelle l’âme du prêtre qui, en s’humiliant, se confie pleinement à la bonté divine. Courage et joie, mon bon Père; avancez. Bien entendu, je dirai la messe pour vous le 19.

« Oh ! oui, c’est une douce pensée pour moi que celle de nos anciens rapports et d’une amitié qui nous unira toujours dans le cœur de Notre-Seigneur.

« A bientôt, j’espère; je compte retourner à Paris dans le courant de ce mois.

« Adieu, adieu, Père et ami bien cher, je m’unis intimement et pour toujours à vos saints sacrifices. Mes respects, je vous prie, au R. P. Piantoni. »

Peu de temps après mon ordination, je partis pour Paris, où nous venons d’ouvrir notre noviciat avec la bénédiction du Vicaire de Jésus-Christ, et sous la protection de Son Éminence le cardinal archevêque. Ce vénérable prince de l’Église nous a accueillis dans la vigne que lui a confiée le Seigneur avec cette charité ardente et douce que lui inspirent

toutes les œuvres qui ont la gloire de Dieu pour objet. Puissions-nous, pauvres ouvriers, répondre dignement à la bienveillance dont il nous honore !

Oui, nous voici en France, dans la France hospitalière et chrétienne, à laquelle, après la Russie, Dieu m’indique par l’obéissance que je dois consacrer mes faibles efforts ; heureux de vivre, et de mourir pour la cause de la vérité, unie à celle de ma bien-aimée patrie, si vous daignez m’en accorder la grâce, mon Dieu, mon espérance, mon amour et ma vie!

Et vous, Russes mes frères, vous pour qui je n’ai pas craint de dévoiler tous les secrets de mon cœur, une parole, une dernière parole encore.

Pensez, je vous en supplie, à ce que vous venez de lire, et ne jetez pas ce livre loin de vous comme si c’était un livre hostile; non, c’est un ami, un frère qui vous a parlé, et qui, en vous parlant les larmes aux yeux, n’a eu d’autre but que votre bonheur ici-bas, votre bonheur dans l’éternité. Pensez que la vie est courte, que ses joies sont fragiles et que l’éternité ne finit jamais. Pensez et

seuls avec votre conscience, seuls devant le trône

’e Dieu, interrogez-vous vous-mêmes. Pensez

m DEUXIÈME PARTIE. - VOCATION.

el dans le silence de la méditation, dans le profond recueillement de la prière, examinez nos grandes vérités religieuses. Votre intérêt comme votre devoir vous commande de les connaître : l’indifférence serait une faute et un danger. Puis, quand l’heure bénie aura sonné, quand la lumière se sera faite dans votre âme, ne résistez pas ; ne retenez pas la vérité captive. La vérité mérite d’être conquise au prix de tous les sacrifices; surtout ne vous contentez pas de réfléchir, mais priez, mes bienaimés frères ; priez pour avoir le courage de l’embrasser et de la confesser devant les hommes. Priez pour vous, priez pour notre chère patrie; priez et vous recevrez; et dans la joie de vos âmes, vous sentirez que rien ne donne la paix el le calme comme une conviction vraie, et que Dieu récompense toujours le sacrifice par le bonheur

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