ÉCRIT A ROME, EN
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Lætatus sum in his quæ dicta sunl mihi : In domum Domini ibimus.
J’ai été rempli de joie lorsqu’on m’a dit : « Nous irons dans la maison du Seigneur. »
Ps. cxxi, v, 36.
Mon Dieu, il y a quelque temps que j’ai interrompu le récit de mes erreurs et des grâces nombreuses que vous n’avez cessé de répandre sur moi; et aujourd’hui je me remets à l’œuvre, plus reconnaissant encore envers vous, mon unique maître, plus amoureux de votre divine beauté, plus rempli de votre sainte image, plus persuadé de la grandeur et de la sainteté de votre Église, plus convaincu de votre perfection, plus brûlant de zèle et
d’amour, en un mot, Seigneur, plus content et plus heureux. O mon Dieu ! aucune parole ne saurait exprimer la joie de mon âme; je ne puis que m’unir au saint enthousiasme qui remplissait le cœur de la très-sainte Vierge, et je m’écrie : « Mon âme glo- « rifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie « en Dieu mon sauveur, »
Ce fut le 2 janvier 1841 que nous quittâmes Milan. Que de fatigues! que de douleùrs pour cette heureuse victime de l’amour maternel, qui, en expiant et en vous bénissant, mon Dieu, obéissait aux lois de votre mystérieuse providence. Après huit jours de véritables tortures, nous arrivâmes à Venise, le 9 au soir.
Le lendemain matin, je trouvai, sur le quai des Esclavons, un appartement agréable , et lorsque je demandai à la pauvre mourante pour combien de temps je devais l’arrêter : « Pour un mois, » me répondit-elle avec ce regard de mélancolie calme, qu’elle conserva jusqu’à son dernier instant, et dont le souvenir m’arrache des larmes. « Pour un mois; nous ne resterons pas plus d’un mois ici. » En effet.
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le 10 janvier elle fut transportée dans ce nouvel appartement, et le 10 février son âme alla habiter un séjour meilleur. Certes, en me parlant d’un mois, elle était bien loin de penser à sa fin. Son existence, pendant ce court espace de temps, fut heureuse malgré ses souffrances qui, du reste, allaient en diminuant, à mesure que diminuaient ses forces. Si purifiée déjà, elle devenait encore meilleure, plus patiente, plus douce et plus résignée. Sa faiblesse ne lui permettait presque plus de marcher; elle ne pouvait donc aller à l’église, mais elle faisait arrêter sa gondole devant vos saints temples catholiques. Et là, se mettant en prière, elle me disait d’y entrer afin de prier pour elle. J’entrais bien dans l’église, mais, hélas ! je n’y priais point.
Pauvre victime ! tout mourait insensiblement en elle, tout, excepté la piété; aussi n’éprouvait-elle plus qu’un seul besoin, celui de prier, celui de s’unir à vous. « Je ne crois pas mourir encore, » me dit-elle un jour; « mais si Pieu le veut, je suis prête. »
Oh! si je lui avais dit une seule parole catholique!... Hélas! je n’en eus pas même la pensée, et elle, je le répète, était trop faible pour agir seule. Tant qu’elle a conservé de la force, elle a ardemment désiré entrer dans l’arche du salut ; mais toujours empêchée d’accomplir ce désir, ce ne fut que peu de temps avant sa fin, quand sa mémoire s’était