‹ Ma couisine; comédie en trois actesChapitre 12 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RIQUETTE

Oui, j'ai entendu dire... médecin médiocre, il me semble..

CHAMPCOURTIER.

J'étais un âne.

RIQUETTE

Vous devez exagérer.

CHAMPCOURTIER.

Pas le moins du monde. C'est à cela que je dois mes trois cent mille livres de rente ! Un cousin à moi, un cousin excessivement riche, était souffrant. Il me demanda de venir le soigner, je refusai, je refusai donnant pour prétexte que j'étais un âne et que je craignais, s'il se faisait soigner par moi... Mon cousin fut tellement touché de ce trait qu'il me laissa toute sa fortune... Il mourut au bout de quinze jours.

RIQUETTE

Ah ! un autre s'en était chargé ?

CHAMPCOURTIER.

Oui.

RIQUETTE

Mes compliments... Voulez-vous, maintenant, me dire à quoi je dois l'honneur d'une visite...?

CHAMPCOURTIER.

A quoi vous devez l'honneur ?

RIQUETTE

Oui, voulez-vous me dire...?

CHAMPCOURTIER.

Je n'ose pas.

RIQUETTE

Vous ra'étonnez.

CHAMPCOURTIER.

Ma parole d'honneur, je n'ose pas...

RIQUETTE

Vous m'étonnez de plus en plus... (Hautaine.) Ce n'est pas, j'aime à croire...

Ce n'est pas?...

RIQUETTE, pudique.

Mais...

CHAMPCOURTIER.

Oh non !

RIQUETTE

A la bonne heure.

CHAMPCOURTIER.

Ce : « oh non ! » ne peut pas vous blesser... J'ai épousé, il y a six mois, une fort jolie femme. Je voudrais bien ne pas la tromper avant l'année révolue... Cependant, si vous l'exigiez absolument.

RIQUETTE

Non, non, je vous remercie.

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