ACTE PREMIER
revolver parce qu'elle prétendait l'empêcher d'aller au café... Il y avait là un point de départ.
RIQUETTE
C'est ça, votre pièce ?
J'ai tourné la chose au comique.
RIQUETTE
Ah ! bien.
CHAMPCOURTIER.
J'ai remplacé le revolver par un cornet à piston.
RIQUETTE
C'est plus gai.
CHAMPCOURTIER.
Hortense, — je ne vous ennuie x^as? — jeune fleuriste, est aimée par un jeune piston. Celui-ci voudrait sortir pour aller faire la noce avec des camarades, mais Hortense à fermé la porte à double tour et caché la clef. Le jeune piston, pour décider la jeune fleuriste à lui dire ce qu'elle a fait de la clef, lui joue, coup sur coup, plusieurs morceaux de son répertoire.
RIQUETTE
C'est gentil, ça.
CHAMPCOURTIER.
Le reste est mieux.
RIQUETTE
Vous avez du mettre pas mal de temps ?
CIIAMPGOURTIER.
Je n'ai pas compté; j'ai commencé un lundi, j'ai fini un mardi... mais je ne sais pas au juste combien il y avait eu de semaines.
lUOIETTE.
Nous écrivez vile ?
CHAMPCOURTIER.
Cela dépend de l'inspiration... Quand elle vient, cela va tout seul ; quand elle ne vient pas, j'ai un moyen bien simple de la faire venir.
RIQUETTE
Quel moyen ?
CHAMPCOURTIKR.
Je fais venir ma femme.
RIQUETTE
CHAMPCOURTIER.
Je vous ai dit qu'elle était très jolie... Je la prie de me regarder, de sourire... Je lui fais prendre des poses gracieuses... Je l'embrasse, quand c'est absolument nécessaire... alors, qâ, va...
RIQUETTE
Ça ne l'ennuie pas, votre femme?
CHAMPCOURTIER.
Elle n'a que cela à faire.
RIQUETTE
Oh! alors...