‹ Ma couisine; comédie en trois actesChapitre 3 sur 92 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MADAME BERLANDET.

Heureusement, j'ai inventé une pâte... oui, quand on s'était abimé les mains à force de vous applaudir, on n'avait qu'à prendre ma pâle et qu'à frotter légèrement... au bout d'un quart d'heure, il n'y paraissait plus.

RI QUE! TE

Et le soir, on pouvait recommencer?

MADAME BERLANDET.

Parfaitement.

RIQUETTE

Le théâtre, c'est bien quelque chose... (se redressant sur sa chaise longue.) Mais qu'ost-ce que cela me fait d'être applaudie, quand je sens moi-même que je ne donne pas tout ce qu'il y a en moi, tout ce que je pourrais donner ?

Pourquoi ne donnez-vous pas?... Moi, à votre place, je lâcherais tout une bonne fois.

RIQUETTE, retombant.

Est-ce que je peux, avec ce que l'on me fait jouer? Les auteurs ne me comprennent pas.

MADAME BERLANDET.

Ah! voilà!

RIQUETTE

S'ils me comprenaient, vois-tu, ils me feraient une pièce.

MADAME BERLANDET.

Quelle pièce?

RIQUETTE

Je ne sais pas, mais ils devraient savoir, eux, puisque c'est leur état... Une pièce où je serais tour à. tour spirituelle, pnjouée, mélancolique, dévouée, chevaleresque...

MADAME BEHLANDET.

Il faudrait cinq actes. •

RIUIJETTK.

Pourquoi faudrait-il?...

MADAME BEULANDET.

Dame! pour mettre tout <;a.

Tu peux rire; tu as de la chance.

MADAME nERLANDET.

C'est grave, décidément. Voulez-vous que je vous tire les cartes ?

RIUUETTE.

Non, pas aujourd'hui. Tu ne t'ennuies jamais, toi?

MADAME BERLANDET.

Quelquefois... la nuit.

RIQUETTE

Ohl

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