ACTE DEUXIÈME
CLOTILDE
Nous sommes perdues alors, s'il a donné sa parole !
IIIQUETTE.
Eh non, nous ne sommes pas perdues... on n'est jamais perdu.
Raoul est près de la porte du cabinet. Entre Viclorine- VICTORINE, à Raoul.
Ça n'a pas été long, je lui ai conseillé de mettre la scène
en deux mots.
RAOUL, bas.
VICTORINE
Hé!
RAOUL
C'est l'adresse pour le rendez-vous de ce soir.
VICTORINE
Ah ! bien, rue des Bassins ?
RAOUL
ïrenle-trois.
Champcourtier vient d'entrer à son tour. Viclorine et Raoul lui tournent le dus, ils ne le voient pas, par conséquent.
CHAMPCOURTIER, en passant.
33, rue des Bassins, c'est à Passy.
RIQUETTE
Vous avez dit ?
CHAMPCOURTIER.
C'a été involontaire... ma jemme et ce cher baron par-
laient de la rue des Bassins, je pensais à autre chose... alors, machinalement, j'ai dit : « 33, rue des Bassins, c'est à Passy. »
RIQUETTE
Rue des Bassins... la mère Berlandel. (bhs, à ciotiide.) J'y serai, à leur rendez-vous, j'y serai, n'ayez pas peur, et nous sommes sauvées, au lieu d'être perdues.
CHAMPCOURTIER.
Eh bien, répétons-nous ? Je pense (luc maintenant nous pourrons aller jusqu'au duo...
RIQUETTE
Je vous demande pardon, il va être cinq heures, et j'ai prévenu madame qu'il me serait impossible... mais nous ne tarderons pas à reprendre... (a ciotiide.) Madame, (a Raoui.) Monsieur!...
RAOUL, avec une poign/^e de mains Mofjnente.
Mademoiselle...
RIQUETTE, à Victorinc.
Madame... mon cher auteur, voulez-vous m'aider?
Je vous emmène, vous savez, je vous emmène dans ma voiture.
RIQUETTE
Je vous remercie, madame... j'ai la mienne; à bientôt, mon auteur !
Salutations, départ de Riquelte.