SCÈNE PREMIÈRE
MADAME BERLANDET, puis RAOUL.
MADAME BERLANDET, allant et venant.
Les instructions de mademoiselle Riquette sont très claires... Attendre que son baron vienne; quand il sera venu, lui faire croire qu'il est adoré, et, finalement, le décider à s'en aller... C'est on ne peut plus clair... (se rapprochant de la table sur laquelle e^t servi le souper.) Pendant qu'elle y était, mademoiselle Riquette aurait bien pu me dire si j'avais le droit
de toucher au souper, (prenant une assiette sur laquelle on a dressé une
pyramide de fruits.) C'cst bêtc. Cette façou d'arranger les fruits... Si l'on en prend un, tout dégringole... il n'y a pas moyen, alors...
RAOUL, il est entré sans faire de bruit.
Comment, quelqu'un?
MADAME BERLANDET, remettant l'assiette.
Oh!
RAOUL
C'est madame Berlandet, mon aimable propriétaire... Je croyais que la porte était condamnée et que vous ne deviez jamais entrer.
MADAME BERLANDET.
Je vais vous dire... La porte est condamnée de ce côté, mais elle ne l'est pas de mon côté à moi... Alors, comme j'avais envie de voir comment vous aviez fait arranger l'appartement...
RAOUL
Vous êtes venue.'
MADAME RERLANDET.
Je suis venue... Et puis, il est eucore de bonne heure, et je ne m'attendais guère à avoir le plaisir...
RAOUL, regardant autour de lui.
Je tenais, moi aussi, à voir comment les gens que j ai envoyés avaient arrangé... Voilà pourquoi je suis venu un lieu plus tôt.
MADAME BERLANDET.
Vous êtes content, j'aime à croire...
RAOUL, continuant son examen.
Je ne suis pas trop mécontent de la fleuriste, mais je trouve que le tapissier aurait pu faire mieux...
Ça, c'est bien sur qu'il aurait pu faire mieux; il est