‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 127 sur 200 · Hémorragie · texte numérisé non relu

Hémorragie

Le mot hémorragie s'apphque généralement à tout écoulement de sang hors de ses vaisseaux. La gastrorragie est l'hémorragie de l'estomac, tandis que l'hémsitémèse désigne plus spécialement le rejet du sang par le vomissement.

A. — Crachement et vomissement. — Se présente-t-il une hémorragie, la question est de savoir si le sang provient de l'estomac ou des poumons. L'on peut conclure à une hémorragie pulmonaire (crachement de sang, hémoptysie), lorsque le sang est rendu au milieu d'un accès de toux et qu'il est d'un rouge vermeil et écumeux ; c'est, au contraire, une gastrorragie (vomissement), si le sang est rejeté

par un effort de vomissement, qu'il ait un teint rouge-brun foncé, une couleur marc de café, et qu'il soit grumelé et caillé. Les hémorragies sont toujours effrayantes et demandent des précautions, parce qu'elles impliquent des dangers plus ou moins grands.

Si le sang vient de l'estomac, qui sait quelle petite artère est en souffrance, si et quand le vomissement va se renouveler. La négligence en ce point pourrait amener l'anémie ou une%utre maladie grave. Il faut donc chercher à guérir aussitôt la partie blessée, et le vomissement du sang stomacal n'a pas d'importance.

Le crachement du sang des poumons est plus dangereux, souvent très dangereux. Il faut, par conséquent, porter remède le plus vite possible.

Dans les deux variétés d'hémorragies, la tisane de prêle des champs est toujours le premier remède, à cause de sa vertu astringente. Si le sang s'échappe par les fosses nasales, il faut aspirer souvent, autant que faire se peut, de cette infusion à travers le nez. Si le sang sort par la bouche, prenez toutes les 2-3 minutes quelques cuillerées de cette même infusion. En règle générale, elle calme très rapidement. Même après que l'hémorragie a cessé entièrement, il faut encore, pendant un certain temps, prendre du thé de prêle. Je ne connais personnellement aucun cas où la prêle n'ait promptement porté secours.

Si l'hémorragie vous prend quelquefois, il faut en rechercher les causes. Ou bien le poumon est malade, et alors le patient est à ranger dans la catégorie des phtisiques ; ou bien il y a un trop grand afflux de sang à la tête, et alors il doit être supprimé (cf. Congestions) ; ou encore il provient d'abcès existants dans l'estomac.

L'hémorragie qui a pour cause la lésion de quelque vaisseau ou organe primordial du sang, nous ne la traitons pas ici, puisque, dans ces cas, tout secours est ordinairement inutile. La plupart du temps c'est la mort subite.

B. — Saignement du nez. — Un mot, à présent, sur le saignement du nez (epistaxisj . Beaucoup de personnes saignent très fréquemment du nez, mais n'y attachent aucune importance, parce qu'elles s'en trouvent bien. Malgré tout, cet état est et demeure un état maladif, auquel succédera infailliblement, tôt ou tard, une grave maladie. Sans parler du reste, il en résulte, petit à petit, l'anémie, l'appauvrissement ou l'affaiblissement du sang, etc. . ., et avec cela l'état que l'on connaît : Peur, crainte, frayeur, inquiétude, scrupules de toutes sortes. Pour l'hémorragie nasale on recommande souvent, comme moyen sédatif, d'effrayer à l'improviste la personne atteinte, de lui verser de l'eau dans la nuque et de faire prendre à sa tête des positions variées.

Je suis opposé à toutes ces manœuvres, qui souvent produisent l'effet contraire. La seule chose qui me paraisse être juste, c'est de chercher à donner à la circulation du sang une marche régulière, de détourner l'abondance du sang de la tête vers l'abdomen et les pieds ; ces derniers sont, dans de pareils cas, ordinairement p^-uvres de sang, d'où résultent dans la suite toutes sortes de faiblesses et d'infirmités.

Voici ce qui aide à attirer le sang vers les régions inférieures : d'abord, 2-3 fois par semaine, un bain de pieds chaud, animé de cendres et de sel, 15 minutes durant ; une marche sur les dalles mouillées, également 2-3 fois par semaine, et 2-3 demi-mail-

lots. Une fois la nature fortifiée, l'afïusion supérieure, l'affusion inférieure et les demi-bains avec lotion du haut du corps (une seule application par semaine) rendront d'éminents services.

Il y a un saignement de nez qui n'est pas seulement grave, mais qui amène facilement la mort. Une fille de quinze ans, à la période de développement, perdit, en l'espace de 2 heures, tout son sang, qui s'échappait du nez à grands flots ; l'écoulement se termina par la mort.

Il m'est arrivé à moi-même de voir une fille de seize ans perdre par le nez, dans l'espace d'une heure et demie, à peu près trois cuvettes pleines d'un sang pur. Il survint une pâleur mortelle et un assoupissement, qui inspirèrent les plus vives inquiétudes. Je fus appelé en toute hâte, à 2 heures de la nuit, pour préparer la jeune fille à la mort. Tous les remèdes domestiques étaient épuisés, et le médecin faisait défaut. Sans perdre de temps, je lui fis couler la moitié d'un sceau d'eau sur la tête, l'autre moitié sur la partie supérieure de l'échiné. Presque instantanément le flux du sang s'arrêta. La fille resta couchée, pendant plusieurs heures, tranquille, mais plus ou moins sans connaissance, par suite de sa faiblesse. A peine fut-elle remise un peu, que le saignement du nez recommença. L'affusion fut répétée et eut le même effet. Pour enlever la faiblesse (l'appétit et la soif faisant totalement défaut), la malade prit, toutes les demi-heures, 2-3 cuillerées de lait. Au bout de 2 jours l'on put recourir aux soupes de santé, qui, alternant avec le lait et prises par portions minimes, vinrent peu à peu en aide à ce corps excessivement débilité. L'affusion supérieure fut appliquée régulièrement tous les jours. Les

saignements ne revinrent plus, et bientôt se déclara un très bon appétit. Dans l'espace de 4 à 6 semaines l'état de la malade s'améliora visiblement ; 6 mois plus tard elle éprouvait bien encore quelque faiblesse à l'intérieur, mais à l'extérieur elle paraissait florissante comme jadis. — Le commencement du développement peut bien, comme dans le premier exemple, avoir été la cause des saignements.

C. Hémorragie utérine. — Un père de famille vint me raconter : Ma femme souffre depuis longtemps d'un flux de sang et va mourir ; à mon retour elle sera peut-être déjà morte. Les médecins n'y peuvent plus rien. N'y a-t-il donc aucun remède?

Je lui donnai le conseil suivant : 1) Donnez à votre femme du thé de prêle, tous les quarts d'heure une cuillerée pour commencer, plus tard deux cuillerées par jour; 2) qu'elle mette sur le bas-ventre, pendant 2 heures, un linge trempé dans un liquide moitié eau et moitié vinaigre, en le renouvelant toutes les 20 minutes.

Le flux de sang s'arrêta presque aussitôt, et la femme n'eut plus à employer la fomentation qu'à 2 reprises, pendant une demi-heure chaque fois. Pour refaire son sang, elle a, avec le meilleur succès, ajouté à sa nourriture ordinaire 2 cuillerées de lait par heure. Au bout de 4 semaines elle put reprendre ses occupations de ménage.

Il est à remarquer que ces applications ne sont à employer que dans les cas urgents, en attendant l'arrivée du médecin.

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