‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 138 sur 200 · Céphalalgie nerveuse · texte numérisé non relu

Céphalalgie nerveuse

Deux élèves furent obligés de quitter le collège avant la fin de l'année. Ils souffraient d'un tel afflux de sang à la tête et d'une telle céphalalgie, qu'ils ne pouvaient plus étudier; à peine étaient -ils à même de lire un peu. Tous les deux ont, pour guérir, employé tous les moyens sans obtenir de résultat. Je leur donnai le simple conseil de passer la plus grande partie de la journée à se promener nu-pieds, surtout dans la rosée, à se tenir après chaque heure, si possible, dans un ruisseau pendant quelques minutes, et à se faire administrer 2 ou, par un temps chaud, 3 affusions supérieures.

Les jeunes gens suivirent mon conseil, firent même plus. Ils éprouvèrent du mieux et s'encouragèrent; à la fin des vacances ils retournèrent bien portants et heureux à leur établissement.

Comme il serait bon dans les maisons d'éducation, où l'on fait tant de gymnastique, de faire aussi de pareils exercices qui, au lieu d'échauffer et d'exciter la nature, la calmeraient au contraire I On ne peut croire quelle heureuse action exerce la promenade nu-pieds dans un pré humide ou dans la rosée !

Un homme de quarante-cinq ans vint se lamenter : c( Les médecins déclarent, dit-il, que je suis atteint d'une céphalalgie nerveuse. J'ai toujours un bandeau autour de la tête, parce que j'éprouve souvent une pression insupportable à l'occiput, tantôt à droite, tantôt à gauche. Le mal se loge-t-il dans ledos, alors j'ai de violents battements de cœur, qui durent parfois des heures entières. Quelquefois l'appétit s'en va

complètement. J'ai un tel vertige que je ne puis plus marcher seul; c'est pour cela que ma femme est obligée de m'accompagner. Mais ce qui dépasse toutes ces douleurs physiques, c'est la souffrance morale : je me trouve dans un état de tristesse désespérante, au point que maintes fois déjà j'ai souhaité la mort. »

Ce patient avait passablement d'embonpoint, son teint était jaunâtre et flétri, son corps fortement bouffi. Une cure de 13 jours remit tout en ordre, fit diminuer de beaucoup le poids du corps, enleva le mal de tête et le vertige. En même temps revinrent la bonne humeur, le sommeil tranquille et l'appétit.

Traitement. Premier jour : affusion supérieure et afîusion des genoux dans la matinée ; affusion dorsale et marche dans l'eau après-midi. Second jour : affusion dorsale dans la matinée, plus tard piétinement dans l'eau; après-midi de nouveau affusion dorsale, plus tard affusion des genoux. Troisième jour : dans la matinée affusion supérieure et affusion des genoux ; après-midi affusion totale; plus tard demi-bain.

Ainsi de suite. Le patient, étant fort et bien membre, reçut journellement 4 applications.

Deux étudiants vinrent me raconter pendant les vacances de Pâques : « Nous avons de la céphalalgie, un afflux de sang à la tête, mauvais sommeil, grande fatigue, appétit défectueux, de sorte que nous sommes incapables de continuer. Ne pourrionsnous pas employer ces vacances pour rétablir notre santé par l'hydrothérapie?»

Comme nous étions au printemps, qu'il faisait encore passablement froid et que le sol était humide,

je leur conseillai de passer ces jours de vacances, autant que possible, à l'air libre, dans la forêt, sur les prés, d'y marcher nu-pieds et, sitôt qu'ils sentiraient du froid, de se donner beaucoup de mouvement; de se tenir aussi, de temps en temps, dans un fossé plein d'eau pendant 2-3 minutes, en y piétinant. Ils durent également, 2-3 fois par jour, plonger leurs bras tout entiers dans l'eau.

Ces exercices plurent beaucoup aux deux jeunes gens : le courage et la joie revinrent. Contents et réconfortés, ils retournèrent aux études, purent très bien travailler et se réjouirent à l'avance de pouvoir de nouveau endurcir et fortifier leur corps pendant les grandes vacances d'automne.

Il faut remarquer cependant que, si on se promène dans un pré humide et froid et qu'on piétine dans l'eau, il faut toujours faire assez de mouvement, pour rétablir promptement la chaleur naturelle, ce qu'une promenade forcée opère sans retard chez les jeunes gens.

Le même cas se présenta chez un séminariste, qui vint se plaindre en ces termes : « J'ai une telle tension dans la tête, que parfois je ne sais plus où je suis, ni ce que je fais, et je souffre souvent de grands vertiges, de sorte que je suis incapable d'appliquer mon esprit. Je dus quitter le séminaire 3 mois avant la fin de mes études, au moment où j'étais près d'atteindre mon but. »

C'était au mois d'août, et notre candidat passa 10 jours dans les jardins et les forêts, depuis le matin jusqu'au soir, en se promenant beaucoup nupieds. En outre, il reçut chaque jour 2-4 affusions supérieures. Dans l'espace de 12 jours il perdit tous

les symptômes de maladie, se sentit gai et fortifié et n'eut plus besoin, pour rendre la santé parfaite, que de passer de la même façon ses vacances d'automne.

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