‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 137 sur 200 · Mal de tête · texte numérisé non relu

Mal de tête

«Voilà six ou sept ans, me raconte un employé, que je souffre d'un mal de tête qui me rend les travaux de mon état très pénibles, souvent même impossibles. Je perdais parfois déjà le courage et l'envie de vivre. Je sens une pression dans la tête, c'est comme si quelque chosey flottait dans un liquide . Chaque pas ferme que je fais m'occasionne de nouvelles douleurs. Si je m'échauffe en marchant ou en travaillant, il m'arrive àpeu près ce qui doit arriver à un homme bien ivre. Déjà huit fois j'ai eu des coliques néphrétiques. Douze médecins, que j'ai consultés à des époques différentes, au sujet de mon mal de dos, n'ont pas reconnu mon infirmité. Un seul a su me procurer un peu de soulagement. J'éprouve des douleurs de reins quand je mange quelque chose d'aigre ou quand il se concentre trop de gaz; quand je .marche longtemps et que je m'échauffe un peu, quand je reste assis ou debout pendant quelque temps, immédiatement je m'en ressens.

Tantôt j'ai une chaleur ardente dans tout le corps et tantôt, un instant après, le frisson m'envahit d'outre en outre. L'été me pèse toujours plus que l'hiver. Jadis je souffrais beaucoup de somnolence. J'étais bien portant, vigoureux, gros et bien bâti. Je ne crois pas que l'on puisse être plus misérable que je l'ai été pendant vingt ans. J'ai fait aussi un séjour aux eaux de Kœnigstein , j'en éprouvai du mieux, c'est vrai, mais voilà tout. »

Je prescrivis à ce malade le traitement suivant : 1) 2 fois par jour affusion supérieure; 2) chaque jour marche dans l'eau et affusion des genoux; 3) chaque semaine 3-5 affusions dorsales, souvent bain de siège ; 4) surtout les moyens d'endurcissement (marcher dans l'herbe et sur les dalles) ; 5) enfin tisane de genièvre, de gratte-cul, de prêle, journellement 2 tasses, mais seulement par intervalles. — Dans l'espace de 4 semaines il fut guéri, et maintenant, après 6 mois, on peut dire qu'il jouit d'une santé florissante et qu'il est plein de force, au moral et au physique.

Un homme vient me dire : « J'ai trente-cinq ans, je souffre continuellement d'un mal de tête et souvent d'une telle faiblesse que je n'en puis presque plus. La plupart du temps j'ai des douleurs à la poitrine; il en est de même du dos. Ce qui me fait le plus souffrir, c'est la nuque, où je sens de continuelles contractions spasmodiques. C'est étrange comme les cheveux me tombent; si cela continue ainsi encore 6 mois, je n'aurai plus un seul cheveu sur la tête. Les pieds et les mains sont presque toujours entièrement froids. L'appétit est nul. »

Traitement : 1) Mettre une chemise trempée dans l'eau salée, 3 fois par semaine ; 2) se laver le corps

pendant la nuit, 3 fois par semaine ; 3) prendre journellement une pincée de poudre blanche.

Après 2 mois notre homme revint et me déclara qu'il se trouvait complètement remis, et qu'il ne ressentait plus de douleurs là où il en avait eu les plus violentes, tandis que le poids de son corps avait augmenté de 10 livres.

Deux musiciens de profession racontèrent ce qui suit : «Nous avons tous les deux le même mal : céphalalgie continuelle, parfois insupportable, sommeil très court et très agité. Les congestions et les vertiges nous tourmentent d'une manière désespérante. Les mains et les pieds sont tout froids. Nous ne sommes presque plus capables de remplir notre office. » Les deux avaient dépassé cinquante ans.

Les deux compagnons d'infortune employèrent pendant 12 jours les remèdes suivants : chaque jour 2 fois affusion supérieure et afïusion des genoux; un jour demi-bain, l'autre jour affusion dorsale. De plus, une fois par semaine bain de vapeur de la tête.

Au bout des 12 jours les deux étaient rétablis et purent reprendre leurs fonctions. Pour conserver la santé et pour gagner en forces, il ne leur restait qu'une application à faire chaque jour, et qu'à prendre 2 fois par semaine un demi-bain. D'après les dernières nouvelles le mieux se maintient parfaitement.

Un Hongrois vint me faire les déclarations suivantes : « Depuis plus d'un an je ne suis plus capable de rien, par suite de violents maux de tête et de vertiges ; sur tout mon corps j'ai des démangeaisons et une cuisson intense, qui me dérobent souvent le sommeil. Par suite je suis devenu parfois mélancolique et très inquiet. »

Après quelques semaines de traitement hydrothérapique, la guérison fut complète : 1) chaque jour affusion supérieure, aussitôt après marche dans l'eau; 2) chaque jour demi-?jain. — Pendant la seconde et la troisième semaine 3 fois demi-bain, journellement affusion supérieure et affusion des genoux. Plus tard, bains entiers et affusion supérieure avec marche dans l'eau.

Un homme de haut rang avait un mal de tète d'un genre tout particulier : la douleur reprenait régulièrement le matin à 7 heures, durait jusqu'au coucher du soleil et faisait tant souffrir, que le patient, loin de soigner ses écritures ordinaires, ne pouvait pas même faire de petites lectures. Dans la nuit il ne sentait aucune trace de son mal, pourvu toutefois qu'il n'eût pas astreint son esprit. La partie souffrante se trouvait au coté gauche du front, sur une surface grande comme une pièce de 5 francs. La douleur ne s'en prenait pas seulement à la tête, mais aussi au corps tout entier, au point que le malade maigrissait à vue d'œil; avec la bonne mine s'en allaient aussi les forces.

Les médecins les plus renommés furent consultés, un établissement hydrothérapique fut visité, — mais sans résultat sensible. Les médecins finirent par envoyer leur client aux eaux de Méran, pour y faire un dernier essai. Il en revint heureux et apparemment bien guéri. Sa famille le salua avec enthousiasme et se réjouit sincèrement de son rétablissement. Mais voici que le lendemain matin, à 7 heures, le vieux parasite se présenta de nouveau et occupa son ancienne position. Toute la maison en gémit, on ne savait à quel saint se vouer. Des amis parlèrent

derechef de l'eau, et finalement on se décida à faire un essai chez moi. Le patient avait la figure bien malade, et il était très amaigri. Après qu'il m'eut dépeint son infirmité, il ajouta qu'il n'était presque jamais sans catarrhe et qu'il avait fort peu de chaleur naturelle, ce qui provenait sans doute d'un accident qui lui était arrivé jadis.

Connaissant ainsi son état pathologique, je dus chercher à le guérir. La mauvaise mine, le manque de chaleur animale , l'excessive sensibilité à tout changement de température, l'amaigrissement, — tous ces symptômes étaient pour moi autant de témoins autorisés , qui n'accusaient point la partie souffrante du front, mais bien toute la nature malade, tout le corps affaibli. C'est là-dessus que je réglai mes prescriptions : il fallut agir sur l'organisme entier, sans faire attention à la souffrance localisée de la tête. Ce furent donc simplement les moyens d'endurcissement avec quelques lotions , procédés décrits dans la première partie de ce livre, qui rétablirent la santé délabrée : à savoir la transpiration égale sur la surface cutanée, la circulation régulière du sang, la bonne digestion et partant l'augmentation du calorique naturel, une meilleure mine, la guérison complète. C'est toujours la même vieille histoire, on ne saurait assez la raconter à nouveau !

Le résultat prouva combien mon jugement sur ce mal de tête était juste. Dans l'espace de 6 semaines environ tout l'organisme fut remis à merveille. La septième heure du matin ne ramenait plus du tout le mal de tête tant redouté. C'est l'eau qui, en guérissant l'ensemble du corps, a guéri aussi cette partie, ?ans pourtant y toucher directement.

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