II. IDEI^I-BA.I3SrS
En général, je comprends sous cette dénomination les bains localisés qui immergent le corps tout au plus jusqu'au milieu du ventre, jusqu'à l'épigastre, mais qui la plupart des fois restent à une hauteur moindre. Il me fallait un moyen terme entre le bain général et le bain de pieds, et ce moyen terme, je le désigne sous le nom de demi-bain.
Le mode opératoire est triple :
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1° Se tenir debout dans l'eau remontant au-dessus des mollets ou au-dessus des genoux ;
2** S'agenouiller dans l'eau, de manière que les jambes soient entièrement immergées ;
^^ S'asseoir dans l'eau. Ce troisième mode seul mérite proprement le nom de demi-bain : le niveau de l'eau s'élève jusqu'au milieu du corps, jusqu'à la région ombilicale.
Les trois modes d'application, qui ont toujours lieu dans l'eau froide, comptent parmi les meilleure moyens de s'endurcir. Ils conviennent par conséquent aux personnes en bon état de santé qui veulent devenir plus fortes encore, aux personnes faibles qui désirent se fortifier, aux convalescents qui cherchent à acquérir une santé parfaite et des forces. Il faut que, dans les cas de maladie, leur emploi soit spécialement et formellement prescrit; autrement on ne doit pas les essayer, puisque, dans certaines conditions, le résultat en est nuisible.
Dans chaque mode opératoire, pour les personnes bien portantes comme pour les malades, le demibain est toujours un traitement partiel, c'est-à-dire il n'a lieu qu'avec d'autres applications, et sa durée ne doit pas dépasser 1/2-3 minutes.
Les deux premiers modes (se tenir debout dans l'eau et s'agenouiller dans l'eau) m'ont toujours rendu, au commencement d'un traitement par l'eau, beaucoup de services sur les personnes qui, pour une raison ou pour une autre, avaient complètement perdu leurs forces. Je n'entre pas dans les détails, je remarque seulement qu'il y a beaucoup de personnes qui, au début, ne supportent pas la pression de l'eau dans un bain général. Ne passez pas ce point avec un dédaigneux sourire. Volontiers je vous citerais,
non pas plusieurs, mais des centaines d'exemples vivants et frappants des personnes les plus diverses d'âge et de condition. Ce sont justement ces personnes-là qui (à cause de leur débilité) m'ont donné l'idée de ces deux modes d'application; leur état exigeait ce traitement discret, modéré et plein d'égards, pendant de longues semaines, jusqu'à ce qu'elles fussent en état de supporter davantage.
On associe ordinairement à ces deux premiers modes d'application une autre opération, un moyen de s'endurcir, qui consiste à plonger les bras jusqu'aux épaules dans l'eau (cf. moyens de s'endurcir). Cela constitue un traitement entier (consistant en deux applications partielles) qui fortifie la nature et que j'emploie contre les pieds froids.
Le troisième mode d'opération, le demi-bain proprement dit, mérite toute notre attention ; je le recommande chaudement à toutes les personnes bien portantes. Les faiblesses et les infirmités qui ont leur siège dans le bas-ventre — il y en a une multitude, et leur cause remonte toujours au manque d'endurcissement et aux habitudes de mollesse — sont éteintes dans leur germe ou, quand elles existent déjà, elles disparaissent par cette application. Ces demi-bains ont une action confortante sur le basventre, conservent et augmentent les forces. Des milliers de personnes portent une, deux ou trois ceintures et autre chose encore. Est-ce que ces ceintures guérissent le mal ? Au contraire, elles l'aggravent souvent, elles amollissent et débilitent ce pauvre corps. Essayez donc, lentement, mais résolument, notre demi-bain ! Les plaintes au sujet d'hémorroïdes, de coliques gazeuses, d'hypocondrie, d'hystérie, etc , diminueraient bientôt; car ce sont
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des maux qui, dans l'abdomen malade et affaibli,, exercent une action funeste sur l'esprit et l'imagination.
Quant aux personnes bien portantes, je leur conseille de se laver le haut du corps à l'heure du lever, puis, dans l'après-midi ou au soir, de prendre notre demi-bain. N'ont-elles pas le temps de se laver le matin, eh bien ! alors, qu'elles fassent cette lotion (de la poitrine et du dos) au milieu du demi-bain même.
Quelques exemples vont éclaircir l'usage à faire de nos trois applications dans les cas de maladie.
Un jeune homme était tellement affaibli par le typhus, qu'il fut incapable de faire n'importe quel travail. Durant une certaine période, il s'agenouilla tous les deux ou trois jours dans l'eau froide, chaque fois pendant 1 minute d'abord, plus tard pendant 2-3 minutes. Il se rétablit peu à peu et devint fort comme auparavant.
Quelqu'un souffrait de violentes congestions provenant, comme c'est fréquemment le cas, du basventre. Il se lava énergiquement, le premier jour, le haut du corps, puis, le deuxième jour, il s'agenouilla dans l'eau ; il poursuivit cette opération alternative pendant un certain temps et il fut délivré de son infirmité.
Les maux d'estomac, provenant de flatulence ou de gaz retenus, disparaissent par le même moyen.
Un effet tout spécifique de notre demi-bain, c'est l'expulsion des gaz, qui, après les maladies, comptent parmi les inconvénients qui molestent le plus,.