‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 146 sur 200 · I. Irritation des nerfs · texte numérisé non relu

I. Irritation des nerfs

Lisons d'abord le rapport d'un prêtre : « A la suite d'une violente émotion et d'inquiétudes je fus, fin juillet 1884, atteint d'un mal qui, au début, se manifesta par de fréquents battements de cœur et une difficulté constante de respiration, accompagnés d'un affaiblissement général. Cet état m'inspirait des transes. Les battements de coeur cessèrent après quelques mois. Mais alors apparurent d'autres symptômes : des accès d'asthme parfois très violents et inquiétants, un fréquent serrement et une tension

douloureuse descendant jusque dans l'abdomen. Je sentais cette pression principalement dans la région costale, parfois aussi dans la moelle épinière. Bien des fois j'étais pris d'une très grande fatigue et d'abattement dans les membres avec douleurs aux articulations. A côté de cela les constipations et flatuosités me torturaient le ventre. La voix était tout affaiblie, si bien que souvent je ne pouvais même parler sans m'attirer des douleurs, de l'oppression et de l'asthme. Depuis tout ce temps je souffre aussi de la tête : vertige, lourdeur, douleurs parfois violentes, au point que de fois à autre je suis incapable de penser et d'appliquer mon esprit à quoi que ce soit. Chaque bagatelle m'excite énormément et porte au paroxysme les embarras de la poitrine et de la tête. Avec cela une mélancolie indéfinissable s'est emparée de mon esprit, elle me met quelquefois au désespoir. Les médecins prirent ma maladie pour une névralgie. Deux d'entre eux, un allopathe et un homéopathe, deux hommes célèbres, me prescrivirent des remèdes (douches , diète , bromure de potassium, Zincum oxydât., Natr. phosph., etc..) qui n'eurent aucun résultat ou qui même, l'une ou l'autre fois, me rendirent plus malade. Je crus voir, un instant, du succès dans ce que m'a ordonné un troisième médecin : bains froids entiers et mouvement assidu à l'air. Voilà 6 mois que je souffre ainsi, et maintenant je finis par chercher mon salut uniquement dans l'eau. »

Le malade s'est prononcé ; regardons-le maintenant lui-même. Son aspect est extraordinairement rougi, les bords des yeux un peu jaunes, les oreilles et les lèvres cramoisis avec taches livides. Il n'a plus que peu de cheveux, quoiqu'il ne compte qu'une

trentaine d'années. Que conclure de tous ces symptômes? Certes, à un afflux trop vif du sang à la tête et à la poitrine. La douleur au front montre la violence, avec laquelle le sang se porte vers les extrémités supérieures, où l'abondance du sang produit une dilatation des veines.

Peut-on espérer la guérison dans ce cas, et comment la produire? Attaquons l'ennemi d'abord en deux endroits principaux, tête et poitrine. Les deux sont en quelque sorte oppressés par le tropplein du sang, qu'il faut, avant tout, détourner vers les parties éloignées. Alors seulement je pourrai songer à la résolution des anomalies (engorgements, dilatation des veines, échancrures à l'intérieur, etc.) à la tête et à la poitrine, pour exercer finalement une action générale sur le corps tout entier.

Voici donc la série des applications qui seront pratiquées : Bain de vapeur des pieds, bain de vapeur de la tête, demi-maillot, manteau espagnol, marche sur les dalles, afîusions supérieures et inférieures, manteau espagnol, promenade nu -pieds (dans la neige fraîchement tombée, s'il y en a).

Dans l'espace de 3 semaines l'état de maladie s'est considérablement amélioré ; mais jusqu'à parfait rétablissement — le mal étant si avancé et si invétéré — il fallut des mois entiers.

L'expérience apprend au patient à juger l'effet des diverses applications, il saura par lui-même quelles applications exercent l'action la plus favorable, et celles-là, il les réitérera le plus souvent. Mais il se gardera soigneusement de ne faire attention qu'à telle ou telle application particulière ; car, aux applications particulières il faut toujours, pour ne pas troubler l'harmonie et le progrès rationnel dans

l'œuvre de la guérison, joindre exactement les applications générales, c'est-à-dire celles qui agissent sur tout l'organisme.

Un prêtre de Bohême fait l'exposé suivant : « Par suite d'excès de travail j'eus, il y a 8 mois, de violents battements de cœur et de l'insomnie, plus tard des éructations, un gonflement de l'abdomen et des gênes dans la respiration. De temps à autre j'éprouvais des sensations insolites, douleurs dans les mains et dans les pieds, agitation, plus tard tremblement, et avec cela une fatigue, un affaissement extrême. L'appétit finit par faire défaut aussi, ainsi que la selle.»

A son arrivée le patient semblait très épuisé, son visage était d'un jaune pâle. Après un traitement de 7 semaines il était gai et bien portant, il avait l'air frais, et le sommeil aussi revint peu à peu. Le traitement avait consisté : 1) pendant les 3 premières semaines en un demi-bain chaque nuit, en sortant du lit, puis une affusion supérieure et une marche à l'eau dans la matinée, ensuite affusion dorsale et demi-bain dans l'après-midi, enfin promenade assidue dans l'herbe mouillée (chaque jour); — ■ 2) Plus tard, affusion supérieure avec affusion des genoux , et des demi-bains , 2 fois bain de vapeur des pieds. Pour l'usage interne, chaque jour 8-10 grains de genièvre, ainsi qu'une tisane d'absinthe et de sauge.

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