Asthénie — affaissement des nerfs
Un curé vint m'annoncer un j our qu'il avait de temps en temps un mal de tête intolérable et , s'il durait, de tels embarras dans la gorge, que de fatigue et de douleur il n'était plus guère capable de prononcer
un mot. Dans le dos aussi il existait souvent un serrement douloureux et une grande lassitude. Il me remit alors le certificat de son médecin déclarant qu'il souffrait d'une asthénie des nerfs, d'un abattement bien prononcé des nerfs, et que le cerveau avec la moelle épinière allait être affecté aussi. En outre, le malade était d'une excessive sensibilité et éprouvait des sentiments d'anxiété.
Traitement. — Tous les jours une légère affusion supérieure, le matin et dans la soirée ; une promenade journalière dans l'herbe humide et sur les dalles mouillées, pendant 4 minutes. Continuer ainsi 5 jours. Alors une plus forte affusion supérieure par jour, ainsi qu'une affusion des genoux et 2 promenades dans l'eau. Entre-temps des bains de siège. Au bout de 5 autres jours il suffira de prendre chaque jour une affusion dorsale, un demi-bain et une promenade dans l'eau.
Ces applications enlevèrent toutes les douleurs et rétablirent le patient, qui, guéri et heureux, retourna à son saint ministère.
Un candidat âgé de trente-quatre ans fait le rapport suivant : « Il y a onze ans, à la suite d'une vie contemplative exagérée, de longues mortifications et d'austérités, ainsi que de terribles scrupules, ma tête commençait à souffrir de congestions, de violentes douleurs, de lourdeurs. Comme je continuais à travailler pour deux, physiquement et intellectuellement, les nerfs s'irritèrent totalement et la tête finit, il y a deux ans, par devenir incapable de tout effort intellectuel; je ne pouvais plus même dire le chapelet tout d'un trait. A Woerishofen, malgré l'emploi de l'affusion des cuisses, de l'affusion supérieure et
de l'affusion dorsale, mon état resta le même pendant les huit premiers jours. Ensuite je reçus de l'huile excrétive et dus continuer pendant 3 jours encore les applications d'eau ; mais le mal ne fit qu'empirer. Alors je fus obligé d'interrompre les applications d'eau pendant 3-4 jours; l'huile excrétive opéra, la tête se dégagea subitement, devint lucide et forte, ce qu'elle est restée jusqu'à ce jour. »
Il faut que j'ajoute à ce rapport que le patient avait déjà depuis quelque temps, par un heureux choix des applications voulues et par la stricte observation des règles prescrites dans mon livre, préparé les voies au traitement qu'il est venu alors suivre chez moi. Quand il arriva ici, il se trouvait dans un état bien misérable et désespéré, d'autant plus digne de pitié que, à cause de son extérieur favorable, seul un bon praticien pouvait diagnostiquer sa maladie. Dieu merci! il a pu se remettre à ses études avec courage et bonheur.
Un homme de qualité s'était ruiné la santé par un excès de travail et de fatigue : le délabrement était complet, le corps et l'esprit dans un état pitoyable. Il y avait lieu de craindre que l'affaissement de l'âme ne conduisît, avec les suites les plus tristes, à une fin lamentable. Pendant des mois entiers ni repos ni sommeil, souffrances et douleurs dans tout le corps; tous les remèdes restèrent sans effet. C'est l'eau qui, dans ce cas aussi, devint la planche de salut : dans l'espace de 13 semaines le malheureux fut si bien rétabli, qu'il put, avec la meilleure santé, reprendre ses occupations ordinaires.
Un pareil état de maladie ne peut être traité que par les applications les plus simples. 1^'jour : laver 2 fois le haut du corps avec de l'eau et du vinaigre ;
la lotion est suivie d'une afîusion de genoux (durant une minute). La seconde opération a lieu dans l'après-midi, la même que le matin. — 2^ jour : une affusion sur le haut du corps avec un arrosoir à moitié rempli ; immédiatement après, mouvement sur les dalles mouillées et, dans l'intervalle, un arrosoir d'eau sur les genoux ; après-midi, répétition. -— 3^ jour : lotion du haut du corps et une affusion supérieure (un arrosoir). Après-midi: affusion supérieure (un arrosoir), puis se tenir dans l'eau (pendant 3 minutes). Cette opération fut si douloureuse, que le patient en eut les yeux remplis de larmes.
On continua ainsi pendant environ une semaine. Pour la seconde semaine ce sont chaque jour des affusions supérieures avec une affusion de genoux renforcée ou alternativement, en tant que les pieds sensibles le permettent, l'immersion de ceux-ci dans l'eau. Ces affusions allèrent, pendant la semaine 5 d'un jusqu'à trois arrosoirs d'eau ; l'immersion des pieds aussi fut renforcée au point que le patient se tînt dans l'eau jusqu'aux genoux, mais seulement pendant 2-3 minutes.
Pendant la troisième semaine on renforça de plus en plus les affusions supérieures avec affusions de genoux ou immersions des pieds; on ajouta un bain de siège tous les deux jours, ordinairement dans le courant de l'après-midi.
Durant la quatrième semaine : affusion supérieure avec immersion des pieds, chaque matinée ; dans l'après-dîner un demi-bain.
Dans la cinquième semaine, chaque matin une affusion dorsale — avec immersion des pieds ou affusions des genoux ; après-midi affusion supérieure.
De cette manière on continua jusqu'à entière gué-
rison, chaque demi-Journée une application : a) affusion supérieure avec affusion de genoux, bj demi-bain, cj affusion dorsale.
Pour l'usage interne le patient prit : a) de la poudre blanche, une pincée par jour, alternativement avec des grains de genièvre, 6-8 par jour, et bj de la tisane d'absinthe et de sauge.