‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 180 sur 200 · Diarrhée · texte numérisé non relu

Diarrhée

Il y a des personnes qui sont prises de la diarrhée sans y avoir donné occasion. Cette infirmité peut se présenter régulièrement, p. ex. à certaines époques

précises, 1 ou 2 fois par an, ou bien irrégulièrement. Les personnes se portent bien avant et après. La diarrhée régulière provient de ce que la nature vigoureuse expulse le trop-plein des matériaux amassés. Comme on travaille sans inquiétude, quand la chaudière est pourvue d'une soupape de sûreté ! De même aussi on peut être tranquille, si la nature, semblable à une pareille chaudière, rejette d'ellemême ce qui est superflu et malsain.

Je n'ai absolument rien à prescrire contre cette sorte de diarrhée; ne faites rien, je vous le recommande, pour la combattre. Le plus souvent ces évacuations ont lieu en automne ou au printemps, et il nous semble que l'air et la température y contribuent pour leur part.''

Quant aux diarrhées irrégulières, accompagnées ou non de douleurs, il faut y faire attention. Ce sont des avertissements, par lesquels nous apprenons qu'il s'est rassemblé dans le corps des éléments morbides qui, s'ils ne sont pas éliminés, portent souvent préjudice. L'expérience, en effet, nous enseigne que, chez les personnes ainsi atteintes, l'un ou l'autre organe est ordinairement en souffrance et que de pareils malades meurent généralement 4© bonne heure, ou du moins n'atteignent pas un âge avancé. La diarrhée est souvent le signe avant-cou-

^ Si l'on parcourt les journaux au printemps ou en automne, à peu près à chaque saison, on verra quel rôle jouent les pilules sanguipurges, les herbes dépuratoires du printemps et de l'automne. Je ne conseillerais jamais chose pareille. Celui qui vevt absolument se droguer (il y a de ces gens-là), n'aura qu'à prendre, l'un ou l'autre jour de la semaine, pendant 5-6 heures, une cuillerée d'eau fraîche après chaque demi-heure. Cela aide la nature; le reste peut la gâter.

reur de graves maladies. Dans l'œuvre de la guérison il faut, avant tout, agir sur le bas-ventre, alternativement toutefois avec des applications sur le corps tout entier. Il n'est jamais prudent d'arrêter subitement la diarrhée ; les matières putrides doivent être éloignées peu à peu et les organes intérieurs si bien fortifiés que la nature ne donne plus naissance à des éléments morbides, ou qu'elle les élimine en temps voulu.

Pour l'usage interne il faut employer le thé d'absinthe avec de la sauge, de centaurée avec de la sauge, ou encore de mille-feuille avec du mille-pertuis, à la dose d'une ou de deux petites tasses par jour. On peut aussi prendre 6 ou 10 baies de genièvre par jour. Tous ces remèdes ont pour effet de favoriser la digestion, d'entretenir le suc gastrique, et renferment en même temps des substances nutritives.

La diarrhée est-elle forte et dure-t-elle longtemps, alors il faudra prendre, 2 fois par jour, une demicuillerée d'esprit de myrtilles dans de l'eau chaude. Comme applications hydrothérapiques, il suffit, au commencement, de prendre, par semaine, 3-4 compresses sur le ventre, où on les laisse environ une heure et demie (à cet effet on plie un linge en 4, on le trempe soit dans de l'eau vinaigrée, soit dans une décoction de branches de pin, et on l'applique sur le bas-ventre), et puis également un demi-maillot par semaine. L'on continue ce traitement pendant quinze jours. Au bout de ce temps, on peut, pour se fortifier, prendre 1 ou 2 demi-bains par semaine, avec lotion du haut du corps, de même aussi 1 ou 2 lotions entières par semaine, qu'on s*administre nuitamment, en sortant du lit. Ce trai-

tement dure 3-4 semaines. Si ensuite on se faisait une règle de ne pas laisser passer de semaine sans prendre au moins une lotion entière ou un demi-bain froid avec lotion du haut du corps, tout l'organisme en deviendrait plus fort et plus sain, et l'état anormal, dont nous venons de parler, disparaîtrait, à moins qu'il n'ait des causes plus profondes.

Un homme de quarante-huit ans vient me raconter : «Je souffre sans cesse d'un dérangement du corps. Comme j'ai voyagé, j'ai eu 7 selles aujourd'hui; à la maison, je vais jusqu'à 6 fois par jour à la garde-robe. Voilà 9 mois que ce mal dure. »

Cet homme avait l'air très bien portant, n'étant ni maigre ni trop gros, et son teint était frais. Il dut : 1) accepter une affusion supérieure chaque matin et chaque après-midi; 2) se promener chaque matin dans l'eau et recevoir une affusion de genoux l'après-midi; 3) prendre chaque jour 6 ou 8 baies de genièvre.

Au bout de 5 jours, le dérangement cessa, et les selles devinrent régulières. Quelqu'un demandera peut-être pourquoi, dans ce cas, j'ai prescrit le susdit traitement, tout à fait différent des applications usitées pour la diarrhée. C'est que, chez cet homme, fort et bien portant, aux yeux sains et clairs, la nature était encore en bon état. Si on vient en aide à une pareille nature et qu'on lui amène du calorique au moyen des applications d'eau, alors elle sera à même d'arrêter le dévoiement par ses propres forces, donnant ainsi raison au proverbe allemand : Un bon aubergiste met lui-même les soûlards à la porte.

Comme applications ultérieures, j'aimerais voir 2 ou 3 demi-bains par semaine ou bien autant d'affusions supérieures avec affusions des genoux

Un autre particulier de quarante-huit ans vint raconter ce qui suit : «Depuis de longues années, avec peu d'interruptions, j'ai un dérangement de corps. Je me suis déjà soumis à différents régimes, j'ai consulté beaucoup de médecins, j'ai employé également une quantité de remèdes domestiques, j'ai pris les eaux en plusieur? endroits — rien n'y a fait. Le dévoiement est particulièrement considérable quand je bois soit de l'eau, soit du vin ou de la bière. Les aliments bien secs me vont le mieux. Comme chez moi tout s'en va trop vite et mal digéré, je n'ai jamais de forces et, quoique je ne sois pas tout à fait maigre, mes muscles sont néanmoins bien flasques. »

Traitement. Première semaine : 1) chaque jour, 2 affusions supérieures; 2) chaque jour, marche dans l'eau et 3) affusion des genoux.

Deuxième semaine : un jour affusion supérieure et marche dans l'eau, l'autre jour demi-bain.

Après ces 2 semaines, le malade se sentait plus fort, il éprouvait un mieux considérable, mais le dévoiement persistait.

Troisième semaine : 1) application quotidienne sur le bas-ventre, pendant 1 heure et demie ou 2 heures, d'un linge plié en 4 et trempé dans l'eau mêlée de vinaigre ; 2) un jour, affusion supérieure et affusion des cuisses; 3) l'autre jour, demi-bain et affusion supérieure.

La troisième semaine amena une modification complète dans les selles.

Quatrième semaine : 1) chaque jour, demi-bain, 2) tous les 2 jours application d'un linge, comme dans la semaine précédente.

A Tavenir, pour recouvrer et conserver la santé

et les forces, il suffit d'employer, chaque semaine, 2 demi-bains et 1 ou 2 fois l'application du linge mouillé, comme ci-dessus.

Pour l'usage interne on a eu recours aux gouttes d'absinthe alternativement avec les baies de genièvre.

Vous demanderez peut-être pourquoi j'ai précisément suivi cette série d'applications. Je vous répondrai que les applications de la première semaine avaient pour but de fortifier le corps par le haut et par le bas ; celles de la seconde semaine fortifièrent le corps en général et les organes intérieurs ; celles de la troisième semaine exercèrent principalement une action corroborative sur l'estomac et les intestins.

De cette manière le corps tout entier fut amélioré. Les applications de la quatrième semaine comprirent l'organisme entier dans toutes ses parties. Cette distribution a donc été heureuse pour le cas donné. Ce qui a été pris pour l'usage interne, a servi soit à favoriser la digestion, soit à fortifier les organes.

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