‹ Ma cure d'eau, ou, Hygiène et médication pour la guérison des maladies et la conservation de la santéChapitre 23 sur 200 · I. Bain de vapeur de la tête · texte numérisé non relu

I. Bain de vapeur de la tête

L'administration d'un bain de vapeur à la tête exige quelques petites préparations. Il faut, en effet, un petit baquet, plus profond que large, muni de deux anses (voir fig. 6) sur lesquelles on puisse commodément appuyer les mains, et portant un couvercle qui ferme hermétiquement ; puis une grande couverture de laine, pour couvrir le patient; enfin deux

APPLICATIONS d'eau.

sièges, l'un plus élevé, pour s'asseoir, l'autre plus bas, servant de support au baquet.

Quand tous ces objets sont préparés, l'on remplit aux trois quarts d'eau bouillante le baquet placé sur le support, et l'on ferme bien avec le couvercle et un linge mouillé, afin que les vapeurs s'échappent le moins possible. Le patient s'est débarrassé de "^P ses vêtements jusqu'à la Fig. e.

ceinture, sur laquelle il enroule un linge sec, devant arrêter la sueur ruisselant du haut du corps et l'empêcher de mouiller le pantalon. Il s'assied sur le siège plus élevé et appuie les mains ouvertes sur les anses

du vase, le corps incliné sur celui-ci (voir fig. 7). Le corps et le cuveausont alors recouverts de la grande couverture de laine, de manière à ne laisser la

moindre issue à la vapeur. Alors seulement la personne qui assiste, se trouvant en face du patient, éloigne le couvercle du baquet et le linge humide, en soulevant un peu la couverture. Aussitôt la vapeur envahit, comme un torrent brûlant, la tête, la

Fîg. 7.

IDoitrine, le dos, toute la partie supérieure du corps, et commence son travail résolutif.

La personne de service doit prendre garde à ce que les patients affaiblis, qui ont l'échiné fatiguée, soient commodément assis et puissent bien appuyer le dos; mais elle ne doit pas s'inquiéter des plaintes et des lamentations, telles que : «Je n'y tiens plus, j'aurai un coup de sang! »

Au premier moment on peut bien être effrayé de la chaleur brûlante, mais l'on s'habitue bientôt à ce ôlimat tropical et l'on trouvera vite certains petits expédients. Au premier assaut de cette effluve de feu on cherchera à prendre une attitude plus droite, à relever la tête et à la tourner dans différents sens, etc.. A mesure qu'on s'habitue à l'opération et que la chaleur perd de son intensité, le corps reprendra la position inclinée, telle qu'elle est prescrite.

Il n'y a absolument rien à craindre. Je ne connais pas un seul cas où le bain de vapeur administré à la tête, exactement d'après la méthode prescrite, ait causé le moindre mal. Je l'ai administré à toutes sortes de personnes, dans les maladies les plus diverses, et j'ai toujours obtenu de bons résultats. Les bains de vapeur n'ont jamais fait de mal ; mais le mal, si parfois il y en a eu, provenait de la témérité des personnes qui, voulant être plus sages, opéraient sans ordre et sans méthode, suivant leur bon plaisir. Un bain de vapeur dure 20-24 minutes, pendant lesquelles le patient est obligé, bon gré mal gré, non seulement de pâtir de sa tête, mais encore d'ouvrir les yeux, le nez et la bouche, pour laisser pénétrer la vapeur, autant qu'il peut en supporter.

Les 20-24 minutes écoulées, on éloigne la couverture et on lave énergiquement d'eau fraîche toute

la partie supérieure du corps. Puis le patient se donne du mouvement, en hiver dans la chambre, en été à l'air libre, jusqu'à ce que la peau soit convenablement desséchée et soit revenue à la température ordinaire.

Je dois intercaler ici quelques observations importantes, qu'il ne faut pas perdre de vue.

La \apeur d'eau pure n'a pas toujours une action favorable sur certains yeux ni parfois, au moyen de l'aspiration, sur l'estomac. Voilà pourquoi je mets toujours des herbes dans l'eau chaude. Tout d'abord je recommande le fenouil, qui a fait ses preuves : une cu.Uerée de fenouil moulu suffit pour un bain. La sauge, la mille-feuille, la menthe, le sureau, le plantain, les fleurs de tilleul rendent aussi de bons services. A leur défaut, prenez une poignée d'orties ou de fleurs de fenaison, et mêlez cela à l'eau. Peutêtre fait-on peu de cas de ces herbes, elles rendent pourtart un excellent service.

Chez la plupart des hommes le bain de vapeur exerce rapidement son action : au bout de 5 minutes la sueur découlera du front, et après 8-10 minutes des filets d'eau viennent ruisseler de tous les pores. L y a des malades cependant — ce sont en général les individus anémiques et ayant peu de chaleur animale — sur lesquelles la vapeur n'a pas un effet si ripide. Pour y suppléer, on fait chauffer au feu la sixième partie d'une tuile, qu'on introduit dans le laquet après 10 minutes de bain. L'eau entrera en effervescence, et les nuages s'élèveront plus épais et plus actifs.

Immédiatement après le bain de vapeur, qui se prend toujours (en hiver) dans une chambre chauffée, de même que la réfrigération qui suit, on ne doit

jamais se permettre de sortir à l'air, avant de s'être réfrigéré avec de l'eau froide, ce qui referme les pores ouverts par la vapeur. En hiver il faut, avant de sortir, rester environ une demi-heure dans la chambre chauffée et s'y promener de long en large. Sans cette précaution l'on pourrait s'attirer non seulement un catarrhe, mais une maladie grave ou même mortelle, suivant les circonstances. La lotion froide, dont il est question, peut se prendre de diverses manières.

La manière la plus simple, et que je recommande toujours pour les malades débilités et ayant besoin d'assistance, consiste à passer rapidement sur la peau avec une serviette imbibée d'eau fraîche. Quand il existe des tumeurs, des éruptions ou des exanthèmes à la tête, un flux d'oreille, ou en général des infirmités qui exigent de fortes sécrétions à la tête, c'est ce genre de lotion qu'il faut employer après le premier et le second bain de v^apeur. Les suites d'une négligence à cet égard (p ex. un bourdonnement d'oreilles etc..) seraient, sinon dangereuses, au moins désagréables. Après les applications subséquentes, quand une fois d'abondantes sécrétions ont eu lieu à la tête, l'on peut recourir au second mode d'ablution, c'est-à-dire à l'affudon supérieure, qui consistera à répandre lentement | ou 2 arrosoirs d'eau froide sur les parties soumises aux vapeurs, à l'exception du cuir chevelu, tandis qu^ la poitrine est énergiquement lotionnée. La conduite ultérieure à tenir est la même qu'après les affusiais ; c'est-à-dire, après s'être soigneusement essuyé la figure et les cheveux, l'on s'habille à la hâte, sans chercher à essuyer le reste du corps, et l'on se met en mouvement ou au travail manuel, jusqu'à ce qiie

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le corps soit complètement desséché et ait repris le degré ordinaire de chaleur.

Si, après un bain de vapeur de la tête, vous avez l'occasion de prendre lestement un bain froid entier d'une minute, tout au plus, vous ferez également bien d'en profiter.

Les effets de ce traitement sont considérables : ils s'étendent sur toute la surface cutanée du haut du corps et en ouvrent les pores, puis sur l'intérieur du corps, en exerçant une action résolutive et éliminatrice dans les narines, dans les bronches, dans les poumons, etc. . . Le bain de vapeur de la tête rend d'excellents services dans les refroidissements provenant de l'humidité ou du changement subit de température, dans les maux de tête, dans les bourdonnements d'oreilles, dans un état rhumatismal ou spasmodique de la nuque ou des épaules, dans l'asthme, dans la fièvre muqueuse peu avancée, toutes infirmités qui forment l'escorte des divers catarrhes. Le traitement deux fois répété dans l'espace de 3 jours opère généralement une guérison complète. Les commencements de catarrhe sont ordinairement guéris par un seul bain de vapeur de la tête, n'importe où réside le mal.

Celui qui a la tête bouffie, le cou relativement trop gros, les amygdales enflées, n'a qu'à prendre chaque semaine 2-3 de ces bains de vapeur. L'on fera de même pour l'inflammation des yeux, quand elle provient du froid, du refroidissement, etc.. ; de même aussi pour les yeux chassieux. Dans ce dernier cas l'on arrive à un meilleur résultat si, dans la soirée dujouroùvous avez administré un bain de vapeur à la'tête, vous accordez à vos pieds, durant un quart d'heure, un bain chaud, animé de cendres et de sel.

Dans les congestions, même à la suite de coups d'apoplexie, j'ai employé avec grand succès le bain de vapeur de la tête. Dans ces cas pénibles et délicats on se laisse tromper et arrêter par la pensée que la vapeur attire encore plus de sangvers la tête. Cette crainte est sans fondement. Dans ma pratique j'ai l'habitude — et je la conseille à chacun dans les deux cas cités — de restreindre l'opération à la durée de 15-20 minutes et de faire suivre le bain de vapeur de la tête par un bain de vapeur des pieds, aussitôt que possible.

Comme le bain de vapeur de la tête est un fort résolutif et qu'une sueur trop abondante pourrait trop affaiblir, il ne faut pas réitérer souvent ce traitement. Règle générale, ne dépassez pas le chiffre 2 dans la semaine. Dans des cas rares, où des résolutions et éliminations toutes spéciales sont nécessaires, l'on pourrait, dans le courant d'une semaine, recourir tous les deux jours à un bain de vapeur de la tête, mais en réduisant sa durée : minimum 15 minutes, maximum 20 minutes.

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