Le maillot inférieur
est ainsi appelé, parce qu'il est principalement employé contre les infirmités du bas-ventre et des jambes : il commence sous les aisselles et descend jusqu'au delà de la pointe des pieds. Les épaules et les bras ne sont pas soumis à l'application : ils restent libres, mais doivent, quand le patient sera au lit, être bien couverts de la chemise ou d'un vêtement plus chaud, afin que l'air n'ait pas d'accès par le haut. Voici le mode d'emploi du maillot inférieur : sur le drap de lit, qui recouvre le matelas ou la paillasse, on étend une longue et large couverture de laine. Le linge, qui va servir à l'enveloppement, doit être assez- grand pour s'enrouler au moins 2 fois, dans cer-
tains cas 3-4 fois, autour du corj^s et aller jusqu'au delà de la pointe des pieds (double, triple, quadruple enroulement). On prend ce linge, plié, si l'on veut, en deux, on le trempe dans l'eau froide, on le tord assez pour que l'eau n'en dégoutte plus, puis on le déploie en forme de rectangle sur la couverture de laine, déjà disposée. Ensuite le patient s'allonge sur cette couche humide et s'enveloppe dans le drap mouillé, dont les deux bouts, croisés sur la poitrine et le ventre, joignent bien et ne laissent libre absolument aucune partie du bas -ventre. Après cela la couverture de laine est enroulée de même autour du corps, pour le soustraire complètement à l'air. L'excédant, par le bas, du drap et de la couverture
FIg. 22.
est rabattu sur les pieds. Le tout est recouvert d'un lit de plumes, qu'on borde soigneusement. La plupart du temps les pieds exigent encore une couverture supplémentaire (voir lîg. 22).
Cette opération n'est pas aussi compliquée que cela paraît à la lecture. Elle peut être faciUtée en ce que le patient, habillé d'un caleçon et se trouvant hors du lit, s'entoure lui-même du maillot humide et se couche alors sur la couverture étendue. A ce moment, afin que tout se fasse vite et sans retard, quelqu'un peut venir à son secours, pour mettre en
ordre le maillot humide et en croiser les bouts, border exactement la couverture et ajouter le lit de plumes.
Naturellement la besogne donne certains embarras , mais il me semble qu'elle est toujours plus simple et plus facile que l'emmaillottement au moyen de longues bandes préparées exprès, dont je n'use jamais dans les enveloppements plus ou moins considérables.
Il y a façon de s'y prendre, la pratique l'enseigne. Je connais nombre de personnes qui, sans peine et en fort peu de temps (ce qui est une chose essentielle) savent se préparer et s'appliquer tous les maillots de grande dimension.
Plaçons ici une observation qui va calmer les personnes à qui la lecture de ces pages à fait venir la chair de poule.
Si vous éprouvez de l'antipathie pour l'eau froide, et que vous possédiez peu de chaleur naturelle ou des nerfs trop tendres, eh bien ! alors trempez tout simplement le maillot dans l'eau chaude.
C'est d'ailleurs cette manière de faire que j'aime le mieux, sans la prescrire absolument, pour les personnes faibles, débiles, anémiques, surtout pour les vieillards.
L'application du maillot^ inférieur dure 1 heure, ou 1 heure et 1/2, parfois 2 heures. Le froid, qui se fait sentir au commencement, fera bientôt place à une agréable chaleur.
Les pauvres, les gens simples et les paysans peuvent simplifier de beaucoup toute cette histoire. Ils prendront un vieux sac à blé, déjà usé et partant peu raide et dur; ils le tremperont dans l'eau, le tordront et s'y enfonceront jusque sous les bras, comme
s'ils mettaient le pantalon. Dans ce costume primitif on s'étend sur la couverture de laine du lit, dans laquelle on s'enveloppe, puis on se couvre chaudement. Des centaines de personnes ont essayé ce sac humide ; il vous fera du bien, à vous aussi ; ne vous gênez pas !
L'effet du maillot inférieur, qu'on associe toujours à d'autres applications , est multiple : outre qu'il réchauffe, il a une action résolutive et éliminatrice, qu'il exerce notamment sur le bas-ventre. On a ordinairement recours à cet adminicule dans les tumeurs aux pieds, dans les états de goutte et de rhumatisme, dans les affections rénales, dans les crampes, dans les flatulences, etc....
Au lieu de l'eau pure, chaude ou froide, j'emploie fréquemment une décoction de fleurs de fenaison, de foin aigre, de paille d'avoine, de branches de pin. Le foin aigre remplace les fleurs de fenaison ; mais les deux rendent service dans les affections des voies urinaires et prêtent leur concours au traitement de la pierre et de la gravelle.
La décoction de paille d'avoine a toujours fait ses preuves dans le traitement des douleurs rhumatismales, de la pierre et de la gravelle. La décoction de branches de pin sert, aux natures faibles, à éconduire les flatuosités.,et à guérir les états spasmodiques les plus divers du bas- ventre.